jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00807 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'association Dental Access a demandé au tribunal administratif de Nice de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2015.
Par une ordonnance n° 2104651 du 30 janvier 2024, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif de Nice a donné acte à l'association Dental Access de son désistement.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 avril 2024 et le 20 mai 2024, l'association Dental Access, représentée par Me Parravicini, demande à la Cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2104651 du 30 janvier 2024 du président de la 3ème chambre du tribunal administratif de Nice ;
2°) de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif de Nice.
Elle soutient que :
- sa présidente n'a pas été informée de la mise à disposition du courrier du 4 décembre 2023 demandant le maintien des conclusions ;
- ce courrier lui a été adressé sans que son liquidateur judiciaire, qui n'en a pas été destinataire, n'en soit informé ;
- seul le liquidateur judiciaire avait qualité pour décider d'un désistement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il s'en remet à la sagesse de la cour en ce qui concerne la régularité de l'ordonnance ;
- en cas d'évocation, il se réfère à ses écritures de première instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Platillero,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative : " Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction, peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions ".
2. A l'occasion de la contestation en appel de l'ordonnance prenant acte du désistement d'un requérant en l'absence de réponse à l'expiration du délai qui lui a été fixé, il incombe au juge d'appel, saisi de moyens en ce sens, de vérifier que l'intéressé a reçu la demande mentionnée par les dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, que cette demande fixait un délai d'au moins un mois au requérant pour répondre et l'informait des conséquences d'un défaut de réponse dans ce délai et que le requérant s'est abstenu de répondre en temps utile et d'apprécier si le premier juge, dans les circonstances de l'affaire, a fait une juste application des dispositions de l'article R. 612-5-1.
3. Par un courrier du 4 décembre 2023, mis à disposition par la voie de l'application informatique Télérecours le même jour, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Nice a demandé à l'association Dental Access, qui n'était pas représentée par un avocat, de confirmer le maintien de ses conclusions, en précisant qu'à défaut de réception de cette confirmation dans un délai d'un mois, elle serait réputée s'être désistée de ses conclusions en application de 1'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. L'association Dental Access n'ayant pas répondu à cette demande dans le délai fixé, le président de la 3ème chambre lui a, par une ordonnance du 30 janvier 2024, donné acte de son désistement.
4. En premier lieu, si l'association Dental Access fait valoir que sa présidente n'a pas été informée de la mise à disposition du courrier du 4 décembre 2023, il ressort de l'accusé de mise à disposition que ce courrier a été effectivement mis à disposition le même jour, sans que soit allégué un quelconque dysfonctionnement de l'application informatique Télérecours. Par ailleurs, s'il ressort de l'accusé de réception que ce courrier n'a été lu que le 31 janvier 2024, l'association Dental Access est réputée avoir eu notification du courrier régulièrement notifié à l'issue du délai de deux jours ouvrés à compter de la mise à disposition, en application de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative. Le délai imparti par le courrier du 4 décembre 2023 était ainsi expiré à la date à laquelle a été prise l'ordonnance attaquée.
5. En second lieu, l'association Dental Access fait valoir qu'alors qu'un jugement de liquidation judiciaire a été prononcé le 16 septembre 2020, le courrier du 4 décembre 2023 lui a été adressé sans que son liquidateur judiciaire, qui n'en a pas été destinataire, n'en soit informé, et que seul le liquidateur judiciaire avait qualité pour décider d'un désistement. Toutefois, la demande de l'association Dental Access a été présentée par elle-même, représentée par sa présidente, qui l'a signée, et non par le liquidateur judiciaire, seulement mentionné en tant que " mis en cause ", la requête étant d'ailleurs toujours présentée par l'association représentée par sa présidente, " contre " le liquidateur judiciaire. Aucun principe ni aucune disposition, notamment pas celles de l'article L. 641-9 du code de commerce selon lesquelles " I. Le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire emporte de plein droit, à partir de sa date, dessaisissement pour le débiteur de l'administration et de la disposition de ses biens () Les droits et actions du débiteur concernant son patrimoine sont exercés pendant toute la durée de la liquidation judiciaire par le liquidateur () ", qui ne sont édictées que dans l'intérêt des créanciers, n'imposaient au tribunal d'adresser au liquidateur judiciaire le courrier du 4 décembre 2023 ni même de l'informer de l'existence de ce courrier. Par ailleurs, dès lors que la demande était présentée par l'association Dental Access, représentée par sa présidente, et non pas par le liquidateur judiciaire, celle-ci ne peut utilement soutenir que seul ce dernier qui, s'il pouvait opposer l'irrecevabilité de la demande, n'agissait pas dans l'instance, aurait eu qualité pour décider d'un désistement. Dans ces conditions, l'invitation à confirmer expressément le maintien des conclusions de la demande en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative a été régulièrement adressée à l'association Dental Access.
6. Il résulte de ce qui précède que l'association Dental Access n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif de Nice lui a donné acte de son désistement, sur le fondement de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. Sa requête doit dès lors être rejetée.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de l'association Dental Access est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à l'association Dental Access et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- M. Platillero, président assesseur,
- Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 juin 2024.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026