vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00908 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | PIERSON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Toulon de condamner la commune de Toulon ou la métropole Toulon Provence Méditerranée à lui payer la somme de 69 817,70 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa chute survenue à Toulon le 18 avril 2018.
Par un jugement n° 2103132 du 21 mars 2024, le tribunal administratif de Toulon a rejeté la demande de Mme B.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, Mme B, représentée par Me Mathieu, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 21 mars 2024 du tribunal administratif de Toulon ;
2°) de condamner la commune de Toulon ou la métropole Toulon Provence Méditerranée à lui payer la somme de 69 817,70 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulon ou de la métropole Toulon Provence Méditerranée la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune de Toulon ou de la métropole Toulon Provence Méditerranée est engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public à l'origine de sa chute et de ses préjudices ;
- elle a droit à l'indemnisation de l'ensemble de ses préjudices, pour un montant total de 69 817,70 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, la commune de Toulon, représentée par la SELURL Phelip, agissant par Me Phelip, demande à la cour :
1°) de rejeter la requête ;
2°) subsidiairement, de ramener à de plus justes proportions le montant de l'indemnité susceptible d'être accordée à Mme B ;
3°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la preuve de la matérialité des faits n'est pas rapportée ;
- aucun défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ne lui est imputable ;
- Mme B a commis une faute d'inattention ;
- les sommes réclamées par la requérante doivent être réduites à de plus justes proportions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, la métropole Toulon Provence Méditerranée, représentée par Me Pierson, demande à la cour :
1°) à titre principal, de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire, de rejeter la demande d'indemnisation du préjudice d'agrément et des frais divers et de ramener à de plus justes proportions les sommes réclamées au titre des autres préjudices ;
3°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle doit être mise hors de cause ;
- le lien de causalité entre l'ouvrage public et son accident n'est pas établi ;
- la requérante a commis une faute d'imprudence ;
- les sommes réclamées par la requérante sont surévaluées.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Var qui, par une lettre enregistrée le 6 mai 2024, a indiqué qu'elle n'entendait pas intervenir à l'instance et a précisé que Mme B a été prise en charge au titre du risque maladie pour un montant de 20 542,43 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Danveau ;
- et les conclusions de M. Gautron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 13 avril 1951, a été victime d'une chute survenue le 18 avril 2018, alors qu'elle traversait la rue du jeu de Paume à Toulon. Elle impute sa chute à un trou situé sur la chaussée et à proximité d'un passage piéton. Cette chute lui a occasionné une fracture du pilon tibial de la cheville gauche. Par ordonnance n° 1900618 du 8 décembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a ordonné une expertise médicale afin d'évaluer l'étendue des préjudices subis par Mme B en lien avec sa chute. Le rapport de l'expert a été déposé le 22 février 2021. Par ordonnance n° 2101215 du 29 juillet 2021, le juge des référés du même tribunal a rejeté la demande de provision de Mme B. Mme B relève appel du jugement du 21 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la commune de Toulon ou de la métropole Toulon Provence Méditerranée à l'indemniser des préjudices causés par cet accident.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
2. Il appartient à l'usager victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve, d'une part, de la réalité de ses préjudices, et, d'autre part, de l'existence d'un lien de causalité direct entre cet ouvrage et le dommage qu'il a subi. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme B soutient avoir été victime d'une chute le 18 avril 2018, vers 9 heures du matin, qui serait due à une excavation importante située sur la chaussée de la rue du Jeu de Paume à Toulon qu'elle traversait. La requérante indique qu'elle se trouvait sur un passage protégé et que l'arrivée d'un véhicule qui s'est arrêté pour la laisser traverser lui a provoqué un " réflexe de recul " puis sa chute en raison de la présence du trou. La première attestation produite, au demeurant non datée, est établie par un tiers qui n'était pas présent lorsque l'accident s'est produit et se borne à mentionner que la jambe de Mme B se trouvait dans un " gros trou, profond d'environ 15 cm ". Le second témoignage daté du 4 septembre 2018 est établi par le conducteur du véhicule et précise que Mme B a effectué un " mouvement vers l'arrière " alors qu'il était arrêté et que celle-ci a chuté " après avoir mis son pied gauche dans un gros nid de poule, d'une dizaine de centimètres de profondeur sur une trentaine de centimètres de diamètre, présent sur la chaussée ". Ainsi, ces seuls éléments, qui demeurent imprécis quant aux circonstances exactes de la chute de la requérante, et qui ne sont accompagnés d'aucune photographie de l'excavation en cause mais uniquement d'un constat d'huissier établi plus de trois ans après les faits et qui se limite à relever la présence d'une " reprise de bitume " " d'environ 46 centimètres de diamètre " " à moins d'un mètre du passage piéton ", ne sauraient suffire à établir que l'état de l'ouvrage public serait à l'origine de la chute de l'intéressée. Au surplus, l'accident dont Mme B a été victime doit être regardé comme exclusivement imputable à son imprudence et à son inattention, dès lors, d'une part, que l'accident a eu lieu en plein jour et que l'excavation en cause, telle qu'elle est décrite, située sur la chaussée et en dehors du passage piéton, était suffisamment visible pour un usager normalement attentif traversant la voie publique et devant en tout état de cause emprunter le passage protégé, d'autre part, que la requérante, habitant à proximité du lieu de son accident, connaissait les lieux. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à engager la responsabilité de l'une quelconque des personnes morales qu'elle a attraites à l'instance, sans qu'il soit besoin pour la cour de déterminer la personne responsable de l'entretien de l'ouvrage en question.
4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Sur la déclaration d'arrêt commun :
5. La caisse primaire d'assurance maladie du Var a fait valoir devant la cour qu'elle n'entendait pas intervenir dans l'instance. Par suite, il y a lieu de lui déclarer le présent arrêt commun.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Toulon ou de la métropole Toulon Provence Méditerranée, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Toulon et non compris dans les dépens, et une somme de 1 000 euros au titre des mêmes frais exposés par la métropole Toulon Provence Méditerranée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Toulon une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Mme B versera à la métropole Toulon Provence Méditerranée une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B, à la commune de Toulon, à la métropole Toulon Provence Méditerranée et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025 à laquelle siégeaient :
- Mme Fedi, présidente de chambre,
- Mme Rigaud, présidente-assesseure,
- M. Danveau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 28 février 2025.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026