lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00993 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET BERNARD DE FROMENT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à lui verser une provision de 3 588,40 euros, correspondant à la somme qu'il estime lui être due, pour la période des mois de juin 2023 à janvier 2024, au titre de l'allocation pour demandeur d'asile.
Par une ordonnance n° 2401284 du 5 avril 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024, M. A B, représenté par Me Bessis-Osty, demande à la Cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 5 avril 2024 ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui verser la provision demandée dans le délai d'une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 900 euros à verser à Me Bessis-Osty au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'absence de renouvellement de l'attestation de demandeur d'asile entre les mois de juin 2023 et janvier 2024 n'est imputable qu'à l'administration, qui a tardé à requalifier sa demande en procédure normale ;
- contrairement à ce qu'a retenu le premier juge, il ne peut lui être opposé de ne pas avoir entamé de procédure juridictionnelle afin qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer une attestation de demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, l'OFII, représenté par Me de Froment, conclut au rejet de la requête.
L'Office soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés et que M. A B n'a entamé les démarches pour le renouvellement de son attestation de demande d'asile que le 23 octobre 2023, soit près de cinq mois après l'expiration de sa dernière attestation de demande d'asile.
M. A B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à lui verser une provision de 3 588,40 euros, correspondant à la somme qu'il estime lui être due, pour la période des mois de juin 2023 à janvier 2024, au titre de l'allocation pour demandeur d'asile. Il relève appel de l'ordonnance du 5 avril 2024 par laquelle le juge des référés a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ". Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence d'une obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même code, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable (cf. CE, 7.07.2023, n° 471401).
4. Si M. A B produit différents courriels interrogeant l'OFII sur les raisons pour lesquelles il avait d'abord cessé de percevoir l'allocation pour demandeur d'asile à compter de juin 2023 puis que seul un montant mensuel de 288 euros lui a été versé à compter de mars 2024, aucun de ces courriels, au demeurant adressés non par lui-même ou son conseil mais par l'association La Cimade, ne peuvent être regardés comme constituant une demande explicite de versement de l'allocation pour demandeur d'asile qu'il estimait lui être due, susceptible de faire naître une décision implicite de rejet de nature à lier le contentieux devant le juge administratif, fût-ce par la voie d'un référé tendant au versement d'une provision, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande. Ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent dès lors qu'être rejetées par voie de conséquence.
6. L'OFII n'étant pas la partie perdante, il ne saurait être mis à sa charge une quelconque somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, à Me Bessis-Osty et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Marseille, le 15 juillet 2024ia
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026