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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-24MA01004

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-24MA01004

lundi 13 mai 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-24MA01004
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 14 septembre 2023 par la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes au vue d'obtenir le recouvrement de la somme de 1 650 euros correspondant au montant de sept amendes forfaitaires majorées à la suite d'infractions constatées les 30 mars, 2 et 10 juin, 26 juillet, 25 août et 3 et 28 septembre 2022, ensemble la décision implicite de rejet de sa réclamation préalable du 10 octobre 2023.

Par une ordonnance n° 2401310 du 20 février 2024, la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée 19 avril 2024, Mme A, représentée par Me Barlet, doit être regardée comme demandant à la cour :

1°) d'annuler cette ordonnance du 20 février 2024 de la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Marseille ;

2°) d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 14 septembre 2023 par la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes ;

3°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa demande, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la direction générale des finances publique des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la première juge a commis une erreur de droit en jugeant que le litige ne relevait manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative dès lors qu'elle avait effectué une demande de remise gracieuse en application de l'article 530-4 du code de procédure pénale, et que la décision implicite de refus qui lui a été opposée présentait le caractère d'un acte administratif détachable de la procédure pénale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables directs du Trésor ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (). Et aux termes du dernier alinéa de ce même article : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent, par ordonnance : " (), rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 14 septembre 2023 par la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes au vue d'obtenir le recouvrement de la somme de 1 650 euros correspondant au montant de sept amendes forfaitaires majorées à la suite d'infractions constatées les 30 mars, 2 et 10 juin, 26 juillet, 25 août et 3 et 28 septembre 2022, ensemble la décision implicite de rejet de sa réclamation préalable du 10 octobre 2023. Elle relève appel de l'ordonnance du 20 février 2024 par laquelle la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

3. Aux termes de l'article 521 du code de procédure pénale : " Le tribunal de police connaît des contraventions ". Selon l'article 522 du même code : " Est compétent le tribunal de police du lieu de commission ou de constatation de la contravention ou de la résidence du prévenu () ". Aux termes de l'article 707-1 du même code : " () les poursuites pour le recouvrement des amendes et l'exécution des confiscations en valeur sont faites au nom du procureur de la République par le comptable public compétent () ". Aux termes de l'article 6-1 du décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables de la direction générale des finances publiques : " Lorsque le débiteur d'amendes ou de condamnations pécuniaires ne s'est pas acquitté spontanément de sa dette () ces amendes et condamnations peuvent également être recouvrées () par voie de saisie administrative à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales dépositaires, détentrices ou débitrices de sommes appartenant ou devant revenir au débiteur ". Et aux termes de l'article 530-4 du code de procédure pénale : " Lorsque la personne qui a fait l'objet d'une amende forfaitaire majorée ne conteste pas la réalité de la contravention mais sollicite, en raison de ses difficultés financières, des délais de paiement ou une remise gracieuse, elle adresse sa demande motivée non pas à l'officier du ministère public, mais au comptable public compétent () / S'il estime la demande justifiée, le comptable public compétent peut alors octroyer des délais ou rendre une décision de remise gracieuse partielle ou totale, le cas échéant en appliquant une diminution de 20 % des sommes dues, conformément à l'article 707-4 ".

4. Mme A soutient en appel qu'elle a présenté une demande de remise gracieuse de ses amendes forfaitaires majorées en application de l'article 530-4 du code de procédure pénale et que la décision implicite de refus qui lui a été opposée présentait le caractère d'un acte administratif détachable de la procédure pénale, de sorte que la contestation de cet acte rassortissait à la compétence de la juridiction administrative. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la réclamation préalable du 10 octobre 2023 dont elle se prévaut a pour unique objet la contestation de l'avis de saisie à tiers détenteur en date du 14 septembre 2023, et ne contient, contrairement à ce que Mme A soutient, aucun élément permettant de la regarder en outre comme une demande de remise gracieuse.Par ailleurs, il résulte des dispositions citées au point précédent que les contestations des actes émis en vue du recouvrement d'amendes forfaitaires majorées concernent la procédure pénale et les poursuites en recouvrement qui ne sont pas détachables de celles-ci. Par suite, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître de ces contestations. A supposer même qu'une remise gracieuse ait été adressée à l'autorité administrative, la créance de l'Etat, objet de la demande de remise gracieuse, trouve son fondement dans la condamnation à des amendes pénales prononcées contre lui de sorte que la contestation, le cas échéant, de la décision du comptable public compétent portant refus de remise gracieuse de ces amendes pénales, quel qu'en soit le motif, ressortit également à la compétence de la juridiction judiciaire. Ainsi, et en tout état de cause, la demande de Mme A ne relevait manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, c'est à bon droit que, par l'ordonnance attaquée, la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Marseille l'a rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétente pour en connaître.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme A, qui est manifestement dépourvue de fondement, doit être rejetée en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris des conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Marseille, le 13 mai 2024.

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