jeudi 2 octobre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA01580 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | YVANT;SELARL MAUDUIT LOPASSO GOIRAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme B... A... ont demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l’année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
M. et Mme C... A... ont demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l’année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
Par l’article 1er du jugement n° 2106879, 2106883 du 19 avril 2024, le tribunal administratif de Marseille a constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme B... A... à hauteur du dégrèvement de 32 859 euros prononcé en cours d’instance, par son article 2 a rejeté le surplus des conclusions de la demande n° 2106879, par son article 3 a constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme C... A... à hauteur du dégrèvement de 135 302 euros prononcé en cours d’instance, et par son article 4 a rejeté le surplus des conclusions de la demande n° 2106883.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2024, M. C... A... et M. B... A..., représentés par Me Yvant, demandent à la Cour :
1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille du 19 avril 2024 en tant qu’il a rejeté le surplus des conclusions de leurs demandes ;
2°) de prononcer la décharge des impositions et des pénalités en litige à hauteur de 35 403 euros en ce qui concerne M. C... A... et de 6 949 euros en ce qui concerne M. B... A....
Ils soutiennent que :
- le tribunal administratif ne pouvait faire droit aux demandes de substitution de base légale présentées par l’administration, dès lors qu’ils ont été privés des garanties de procédure attachées au nouveau fondement légal ;
- les soultes perçues en contrepartie de l’apport des titres de la D... à la société Groupe A... ne pouvaient légalement être soumises à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et aux prélèvements sociaux sur les produits de placement ;
- les majorations pour manquement délibéré ne sont pas fondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Mastrantuono,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C... A... et M. B... A... sont associés de la société civile Groupe A.... Ils ont apporté à cette société, le 24 décembre 2014, les parts qu’ils détenaient dans le capital de la D...et ont reçu en contrepartie des nouvelles parts de la société Groupe A..., d’une valeur nominale de 100 euros, ainsi que des soultes de 246 647 euros en ce qui concerne M. C... A... et de 66 176 euros en ce qui concerne M. B... A.... Les soultes ont été inscrites au crédit des comptes courants d’associé ouverts au nom des intéressés dans les écritures de la société Groupe A.... Ces soultes étant inférieures à 10 % de la valeur nominale des titres reçus en rémunération de l’apport, M. C... A... et M. B... A... ont estimé pouvoir placer les plus-values réalisées à l’occasion de ces apports, y compris les soultes, sous le régime du report d’imposition prévu par l’article 150-0 B ter du code général des impôts. L’administration a toutefois estimé que la rémunération des apports au moyen de soultes était constitutive, en l’espèce, d’un abus de droit et a soumis les sommes en cause à l’impôt sur le revenu entre les mains des intéressés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers ainsi qu’aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine au titre de l’année 2014. Elle a assorti ces impositions supplémentaires de la majoration de 80 % pour abus de droit prévue au b de l’article 1729 du code général des impôts. M. C... A... et M. B... A... relèvent appel du jugement du 19 avril 2024 par lequel le tribunal administratif de Marseille, après avoir constaté le non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés en cours d’instance et fait droit aux demandes de substitution de base légale formulées par l’administration fiscale visant à maintenir les cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu en litige sur le fondement de l’article 150-0 A du code général des impôts, a rejeté le surplus des conclusions de leurs demandes tendant à la décharge des suppléments d’impôt auxquels ils ont ainsi été assujettis, et des pénalités correspondantes.
2. En premier lieu, l'administration est en droit, à tout moment de la procédure contentieuse suivie devant le juge de l’impôt, de justifier l'imposition en substituant une base légale à une autre, sous réserve que le contribuable ne soit pas privé des garanties de procédure qui lui sont données par la loi compte tenu de la base légale substituée.
3. Dans ses mémoires complémentaires enregistrés au greffe du tribunal administratif de Marseille le 30 octobre 2023 et le 7 novembre 2023, la directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est-Outre-Mer a demandé qu’il soit procédé à une substitution de base légale pour justifier les impositions à l’impôt sur le revenu mises à la charge respective de M. C... A... et de M. B... A.... Le tribunal administratif a communiqué, respectivement le 6 novembre 2023 et le 14 novembre 2023, ces mémoires à M. et Mme C... A... et à M. et Mme B... A..., et a aux mêmes dates décidé de clôturer l’instruction le 7 décembre 2023 en ce qui concerne M. et Mme C... A... et le 14 décembre 2023 en ce qui concerne M. et Mme B... A.... A la demande des intéressés, l’instruction des deux affaires a été rouverte le 20 décembre 2023 par des ordonnances fixant une nouvelle date de clôture de l’instruction au 22 janvier 2024. M. C... A... et M. B... A..., auxquels un délai suffisant a ainsi été imparti par le tribunal administratif, se sont abstenus de répondre aux mémoires de l’administration. Dans ces conditions, le tribunal administratif, contrairement à ce qui est soutenu, a pu faire droit aux demandes de substitution de base légale de l’administration, dès lors que ces dernières, qui faisaient expressément référence aux dispositions du code général des impôts relatives à l’imposition des plus-values de cession de valeurs mobilières, demandait leur application aux soultes initialement imposées comme revenus de capitaux mobiliers et précisait les modalités de détermination des montants imposables résultant de l’application des abattements prévus par les articles 150-0 D ter et 150-0 D quater du code, étaient suffisamment motivées et ne sauraient être regardées comme tardives.
4. En deuxième lieu, alors que les requérants ne contestent plus en appel que le versement des soultes perçues en contrepartie de l’apport des titres de la D... à la société Groupe A... était constitutif d’un abus de droit, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré de ce que ces soultes ne pouvaient légalement être soumises à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers est inopérant.
5. En troisième lieu, il résulte de l’instruction, et en particulier des termes des proposition de rectification du 27 novembre 2017, que les soultes en litige ont été soumises aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Par conséquent, les requérants ne sauraient utilement soutenir que ces soultes ne pouvaient légalement être soumises aux prélèvements sociaux sur les produits de placement.
6. En quatrième lieu, l’administration n’a pas sollicité la substitution à la majoration de 80 % pour abus de droit prévue au b de l’article 1729 du code général des impôts de celle de 40 % prévue au a du même article en cas de manquement délibéré. Par conséquent, doit être écarté comme inopérant le moyen tiré de ce que le tribunal administratif de Marseille aurait irrégulièrement fait droit aux demandes de substitution de base légale de l’administration en ce qui concerne les majorations.
7. En cinquième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré de ce que l’administration n’aurait pas été fondée à faire application de la majoration pour manquement délibéré doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C... A... et M. B... A... ne sont pas fondés à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté le surplus des conclusions de leurs demandes.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C... A... et M. B... A... est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... A... et M. B... A... et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2025, où siégeaient :
Mme Paix, présidente,
- Mme Courbon, présidente assesseure,
Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 2 octobre 2025.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026