LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-24MA03239

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-24MA03239

mardi 2 décembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-24MA03239
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre-formation à 3
Avocat requérantBISSANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C... A... a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler l’arrêté du 7 mai 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d’admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée à l’issue de ce délai, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2407601 du 19 novembre 2024, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de Mme A....

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 décembre 2024 et 3 mars 2025, Mme A..., représentée par Me Bissane, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler le jugement n° 2407601 du 19 novembre 2024 du tribunal administratif de Marseille, ainsi que l’arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 7 mai 2024 ;

2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et, à titre subsidiaire, d’instruire à nouveau sa demande et de prendre une décision dans les quatre mois de la notification de la décision à intervenir, et passé ce délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, cette astreinte courant pendant un délai de trois mois après lequel elle pourra être liquidée et une nouvelle astreinte fixée ;


3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les articles 6-1 et 6-5 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors qu’elle établit résider en France de manière continue depuis le 19 septembre 2013 et que l’ensemble de sa famille réside en France, pays où elle est très bien intégrée sur le plan social et professionnel ;
- en s’abstenant de soumettre sa situation à la commission du titre de séjour mentionnée à l’article L. 432-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le préfet a commis une erreur de droit ;
- le préfet a méconnu l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant au regard de la situation de son fils, scolarisé en France depuis neuf ans et qui ne s’exprime qu’en français ;
- le préfet aurait dû lui accorder un délai de départ volontaire plus important ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans est disproportionnée au regard de sa situation.

La requête a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 1er septembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 16 septembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu, au cours de l’audience publique, le rapport de M. B....


Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante algérienne née le 3 février 1991, a sollicité le 12 décembre 2023 son admission au séjour. Par un arrêté du 7 mai 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande d’admission au séjour de Mme A..., lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée à l’issue de ce délai, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans. Par un jugement du 19 novembre 2024, dont Mme A... relève appel, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.


Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

2. Aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : « (…) Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans (…) ».

3. Pour rejeter la demande présentée par Mme A..., le préfet des Bouches-du-Rhône a considéré, sans préciser les périodes pour lesquelles les justificatifs produits par l’intéressée seraient selon lui insuffisants, que cette dernière n’établissait pas, par la production de documents peu nombreux, peu diversifiés et peu probants, le caractère habituel et ininterrompu de sa résidence en France depuis dix ans au sens des stipulations de l’article 6 alinéa 1-1 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Toutefois, les pièces versées au dossier, constituées notamment de cartes d’admission à l’aide médicale d’Etat, de documents de nature médicale, de courriers, de factures, de quittances de loyers et relevés de compte, d’attestations indiquant la participation de Mme A... à différentes activités associatives, d’un contrat à durée indéterminée conclu le 1er juillet 2023, mais également des certificats de scolarité couvrant l’intégralité de la scolarité de son premier enfant né en France le 10 février 2014, sont suffisamment nombreuses et diversifiées pour établir la résidence de l’appelante en France depuis plus de dix ans à la date de l’arrêté en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que Mme A... est fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du préfet des Bouches‑du‑Rhône du 7 mai 2024.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

5. Aux termes de l’article L. 911‑1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu’une personne morale de droit public (…) prenne une mesure d’exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d’un délai d’exécution. (…) ». Selon l’article L. 911‑3 du même code : « La juridiction peut assortir, dans la même décision, l’injonction prescrite en application des articles L. 911‑1 et L. 911‑2 d’une astreinte qu’elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d’effet. ».

6. Eu égard au motif d’annulation retenu par la cour, et sous réserve de l’absence de changement dans les circonstances de droit et de fait, il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme A... un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale », valable un an, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt. En revanche, dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros à Mme A..., en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais qu’elle a exposés et non compris dans les dépens.


D É C I D E :

Article 1er : Le jugement n° 2407601 du tribunal administratif de Marseille du 19 novembre 2024 et l’arrêté du 7 mai 2024 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande d’admission au séjour de Mme A..., lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée à l’issue de ce délai, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans, sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône, sous réserve de l’absence de changement dans les circonstances de droit et de fait, de délivrer à Mme A..., dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent arrêt, un certificat de résidence algérien d’un an portant la mention « vie privée et familiale ».

Article 3 : L’Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme A... en application de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille.

Délibéré après l’audience du 18 novembre 2025, où siégeaient :

- Mme Karine Jorda-Lecroq, présidente,
- M. Michaël Revert, président assesseur,
- M. Stéphen Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2025.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions