jeudi 2 octobre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-25MA01350 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | DE STEFANO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C... B... a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2012, ainsi que des majorations afférentes.
Par un jugement no 2000550 du 5 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille a prononcé la décharge demandée.
Procédure devant la cour avant cassation :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 février 2022 et le 2 juin 2022, le ministre de l’économie, des finances et de la relance a demandé à la cour d’annuler le jugement du 5 novembre 2021 du tribunal administratif de Marseille et de rejeter la demande présentée par M. B... en première instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2022, M. B..., représenté par Me de Stefano, demande à la cour de rejeter la requête présentée par le ministre de l’économie, des finances et de la relance et de mettre la somme de 5 000 euros à la charge de l’État en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un arrêt n° 22MA00642 du 23 novembre 2023, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel du ministre de l’économie, des finances et de la relance contre ce jugement.
Par une décision n° 491206 du 21 mai 2025, le Conseil d’Etat statuant au contentieux, saisi d’un pourvoi présenté par le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, a annulé l’arrêt précité et décidé de renvoyer l’affaire devant la cour administrative d’appel de Marseille.
Procédure devant la cour après cassation :
Par des mémoires enregistrés les 24 juin et 24 juillet 2025, la ministre chargée des comptes publiques demande à la Cour d’annuler les articles 1 et 2 du jugement du tribunal administratif et de rétablir M. C... B... au rôle de l’impôt sur le revenu au titre de l’année 2012, à raison des droits et pénalités dont la décharge a été prononcée en première instance.
Par des mémoires après cassation, enregistrés les 27 juin et 1er septembre 2025, M. C... B..., représenté par Me David de Stefano, demande à la Cour de confirmer en tout point le jugement du tribunal administratif de Marseille du 18 avril 2023, de prononcer la décharge des impositions contestées et de condamner l’Etat à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la notification de la proposition de rectification du 19 mai 2014 est irrégulière comme n’ayant pas été effectuée à sa résidence effective ;
- cette proposition de rectification est insuffisamment motivée par référence à un document qui ne lui était pas joint ;
- l’application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré est insuffisamment motivée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Duchon-Doris,
- et les conclusions de M. Guillaumont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l’issue d’un contrôle sur pièces de l’activité d’agent commercial de M. B... au titre de l’année 2012, l’administration fiscale a remis en cause l’exonération d’imposition, prévue à l’article 80 duodecies du code général des impôts, sous le bénéfice de laquelle ce dernier avait placé l’indemnité de clientèle de 250 000 euros perçue de la société B... Frères en application d’un protocole transactionnel mettant par ailleurs fin à son activité pour son compte, et réintégré cette somme, selon la procédure de rectification contradictoire, dans ses revenus imposables, sur le fondement de l’article 92 du même code, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Par un jugement du 5 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille a accordé à M. B... la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles il avait, en conséquence, été assujetti au titre de cette même année. Par un arrêt du 23 novembre 2023, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté la requête d’appel du ministre de l'économie, des finances et de la relance. Par une décision du 21 mai 2025, le Conseil d’Etat statuant au contentieux a annulé cet arrêt et renvoyé l’affaire devant la cour administrative d’appel de Marseille.
2. Aux termes de l’article L. 57 du livre des procédures fiscales : « L’administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation (…) ». Il résulte de ces dispositions que, s’il appartient en principe à l’administration fiscale de notifier la proposition de rectification à l’adresse indiquée par le contribuable, elle peut toutefois, lorsqu’elle apporte la preuve de ce que le domicile dont l’adresse lui a été indiquée présente un caractère fictif, retenir une autre adresse, sous réserve d’établir que cette adresse est celle où le contribuable réside effectivement. Pour établir le caractère fictif d’une adresse, il appartient à l’administration de justifier soit qu’elle est inexistante, soit qu’elle n’a été communiquée à l’administration fiscale que dans le but d’égarer celle-ci dans la conduite de la procédure de contrôle et de rectification de l’impôt.
3. Il ressort des pièces du dossier que, pour informer M. B..., en application de ces dispositions, des rectifications envisagées en conséquence de la remise en cause du bénéfice de l’exonération mentionnée au point 1, l’administration a adressé à ce dernier, à deux reprises, les 12 et 15 mars 2014, une première proposition de rectification à l’adresse située à Paris, indiquée par le contribuable sur les déclarations qu’il avait souscrites au titre de ses revenus de l’année 2012. Les accusés de réception de ces deux courriers sont revenus à l’administration avec la mention « destinataire inconnu à l’adresse ». L’administration ayant eu connaissance, par la consultation du fichier informatisé des comptes bancaires, de ce que M. B... avait déclaré, dans le cadre de la gestion de trois comptes bancaires ouverts à la BRED, résider au 22 mars 2014 à Bourges, une nouvelle proposition de rectification lui a été envoyée à cette adresse le 19 mai 2014, qui est revenue au service avec la mention « pli avisé non réclamé ».
4. Il résulte des mentions des accusés de réception des courriers par lesquels l’administration a adressé, par deux fois, la première proposition de rectification à l’adresse, située à Paris et indiquée par le contribuable, que M. B... n’habitait plus à Paris en 2014 et qu’il était matériellement impossible qu’il y réside si bien que cette adresse pouvait être regardée comme inexistante.
5. Pour soutenir qu’elle était en droit de notifier la nouvelle proposition de rectification du 20 mai 2014 à l’adresse de Bourges dès lors que celle-ci pouvait être regardée comme la résidence effective du contribuable, l’administration fiscale fait valoir que la consultation du fichier informatisé des comptes bancaires a révélé que le contribuable, dans le cadre de la gestion de trois comptes bancaires ouverts à la BRED, a indiqué cette adresse au 22 mars 2014. Toutefois, alors que M. B... produit des témoignages, notamment du propriétaire de l’appartement de Bourges, de sa fille et de la colocataire de celle-ci et des documents, notamment des factures d’achat de billets d’avion en date du 19 mars 2014, un chèque émis le 30 avril 2014, une facture de livraison d’un véhicule en février 2014 et des pièces d’une procédure judiciaire, attestant, d’une part, qu’au cours de l’année 2014 et jusqu’au mois de septembre, il résidait à Douala au Cameroun et, d’autre part, que l’adresse de Bourges correspond au domicile que sa fille A... partage avec une colocataire, cette seule domiciliation bancaire était insuffisante pour justifier de la résidence effective du contribuable à Bourges. Les documents produits par l’administration après usage de son droit de communication le 20 juin 2025 auprès de la BRED faisant état de ce que, dans un acte de vente et la déclaration de plus-value immobilière correspondante en date du 18 juillet 2014, le contribuable indique comme adresse « Bourges (1800) chez Mademoiselle B... A... 56 rue Edouard Vaillant », ne sont pas davantage de nature à apporter cette preuve a posteriori.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que le tribunal administratif de Marseille a prononcé la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles M. B... a été assujetti au titre de l’année 2012, ainsi que des majorations afférentes.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de la ministre chargée des comptes publiques est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la ministre chargée des comptes publiques et à M. C... B....
Délibéré après l’audience du 18 septembre 2025, où siégeaient :
- M. Duchon-Doris, président de la cour,
- Mme Courbon, présidente assesseure,
- Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 octobre 2025.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026