mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-19BX03729 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | MAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de La Réunion, d'une part, d'annuler la décision du 19 mai 2017 par laquelle le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de l'Etang-Salé l'a relevée de ses fonctions de directrice à compter du 1er juin 2017 et l'a affectée au pôle finances-marchés-habitat en qualité de " chargée de mission habitat-logement ", d'autre part, d'annuler les arrêtés du 12 juin 2017 par lesquels le président du CCAS de l'Etang Salé lui a supprimé, à compter du 1er juin 2017, le bénéfice de l'indemnité d'exercice des missions de préfecture (IEMP), de l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires (IFTS) et de la nouvelle bonification indiciaire (NBI).
Par un jugement n° 1700719, 1700720 du 24 juin 2019, le tribunal administratif de La Réunion a annulé la décision du 19 mai 2017 ainsi que les arrêtés du 12 juin 2017.
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2019, le CCAS de l'Etang-Salé, représenté par Me Boniface, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de La Réunion du 24 juin 2019 ;
2°) de rejeter les demandes de Mme A ;
3°) de mettre à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué n'est pas signé en méconnaissance des dispositions de l'article R. 741-7 du code de justice administrative ;
- le changement d'affectation de Mme A ne constitue pas une décision lui faisant grief dès lors que son régime indemnitaire n'a été modifié qu'ultérieurement et qu'elle n'a pas subi une diminution substantielle de ses responsabilités ;
- en application des dispositions de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984, il n'était pas tenu de saisir la CAP avant de procéder à cette mutation ;
- la saisine de la CAP ne constitue pas une garantie pour le fonctionnaire concerné ;
- le président du CCAS pouvait prendre les arrêtés litigieux indépendamment de la décision de mutation ;
- ces arrêtés ne sont pas illégaux dès lors qu'ils sont justifiés par l'exercice des nouvelles fonctions exercées par Mme A ;
- l'investissement de l'intéressée a diminué entre la date à laquelle les avantages concernés lui ont été consentis et celle à laquelle ils lui ont été retirés.
Par un mémoire enregistré le 2 avril 2020, Mme A, représentée par Me Maillot, conclut au rejet de la requête et à ce que les sommes de 2 170 euros et de 13 euros soient mises à la charge du CCAS au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Le Bris, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, attachée principale territoriale, a exercé à compter de l'année 2013 les fonctions de directrice du centre communal d'action sociale (CCAS) de l'Etang-Salé. Par une lettre datée du 19 mai 2017, le président du CCAS l'a informée qu'elle serait affectée, à compter du 1er juin 2017, au pôle finances-marchés-habitat en qualité de " chargée de mission habitat-logement ". Par trois arrêtés du 12 juin 2017, le président du CCAS lui a supprimé le bénéfice de l'indemnité d'exercice des missions des préfectures (IEMP), de l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires (IFTS) et de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) à compter du 1er juin 2017. Le CCAS relève appel du jugement du 24 juin 2019 par lequel le tribunal administratif de La Réunion a annulé la décision du 19 mai 2017 ainsi que les arrêtés du 12 juin 2017.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. La minute du jugement attaqué comporte les signatures du président de la formation de jugement, du conseiller-rapporteur et de la greffière de l'audience. Par suite, le moyen tiré de ce que ce jugement n'aurait pas été est signé en méconnaissance des dispositions de l'article R. 741-7 du code de justice administrative doit être écarté comme manquant en fait.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision du 19 mai 2017 par laquelle le président du CCAS de l'Etang-Salé a déchargé Mme A de son emploi de directrice et l'a affectée sur un poste de " chargée de mission habitat-logement " au sein du pôle finances-marchés-habitat a eu pour effet de la décharger de l'essentiel des responsabilités qu'elle exerçait, notamment en matière d'encadrement et d'organisation. En outre, cette mutation a également eu pour effet de priver l'intéressée du bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire ainsi que d'autres avantages pécuniaires dont elle bénéficiait antérieurement à raison de ses fonctions. Par suite et contrairement à ce que soutient le CCAS, cette décision, qui correspond à une perte d'autonomie et de responsabilités et se traduit par la perte d'avantages pécuniaires, ne présente pas le caractère d'une simple mesure d'ordre intérieur mais constitue une décision modifiant sa situation faisant grief, susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 52 de la loi la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ; seules les mutations comportant changement de résidence ou modification de la situation des intéressés sont soumises à l'avis des commissions administratives paritaires. Dans le cas où il s'agit de remplir une vacance d'emploi compromettant le fonctionnement du service et à laquelle il n'est pas possible de pourvoir par un autre moyen, même provisoirement, la mutation peut être prononcée sous réserve d'examen ultérieur par la commission compétente ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse est intervenue sans consultation préalable de la commission administrative paritaire alors qu'elle implique une modification de la situation de l'intéressée ainsi qu'il a été dit précédemment. Par suite, le CCAS n'est pas fondé à soutenir que Mme A n'a pas été privée du bénéfice effectif de la garantie que constitue la consultation préalable de cette commission en se bornant à faire valoir que l'emploi de " chargée de mission habitat-logement " relève du même cadre d'emplois que celui de directrice.
6. Il résulte de ce qui précède que le CCAS n'est pas fondé à soutenir que s'est à tort que, par le jugement attaqué, les premiers juges ont considéré que la décision de mutation du 16 mai 2017 était intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière et en ont, par suite, prononcé l'annulation.
7. En troisième lieu, les arrêtés du 12 juin 2017 sont fondés sur la seule circonstance qu'à la suite de la mutation dont Mme A a fait l'objet le 16 mai 2017, celle-ci " ne remplit plus les conditions lui permettant de bénéficier " de l'indemnité d'exercice des missions de préfecture, de l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires et de la nouvelle bonification indiciaire. Par suite, le CCAS n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, les premiers juges ont considéré que ces arrêtés, pris consécutivement à la décision de mutation de Mme A, devait être annulés par voie de conséquence de l'annulation de cette décision et ne peut dès lors pas utilement soutenir que l'investissement de Mme A dans ses fonctions de directrice ne serait plus le même ou que le bénéfice de ces avantages pécuniaires ne correspond pas à ses fonctions de chargée de mission.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CCAS une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés pour l'instance par Mme A. En revanche, Mme A ne peut obtenir le remboursement du droit de plaidoirie et ses conclusions tendant à l'application des dispositions R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête du CCAS est rejetée.
Article 2 : Le CCAS versera à Mme A une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme A est rejeté.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A et au centre communal d'action sociale de l'Etang-Salé.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Didier Artus, président,
Mme Frédéric Faïck, président-assesseur,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
Manuel C
Le président,
Didier ArtusLe greffier,
Anthony Fernandez
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026