mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX00177 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | MAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler la décision implicite par laquelle le centre communal d'action sociale de l'Etang-Salé (CCAS) aurait rejeté sa déclaration d'accident de service du 2 février 2018.
Par une ordonnance n° 1800605 du 9 octobre 2019, le président de la deuxième chambre du tribunal administratif de La Réunion a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2020 Mme A, représentée par Me Maillot demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du président de la deuxième chambre du tribunal administratif de La Réunion du 9 octobre 2019 ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le centre communal d'action sociale de l'Etang-Salé aurait rejeté sa déclaration d'accident de service du 2 février 2018 ;
3°) de mettre à la charge du CCAS les sommes de 2 170 et de 13 euros au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ordonnance attaquée a été irrégulièrement rendue dès lors que sa demande n'était pas manifestement irrecevable et relevait d'une formation collégiale ;
- le tribunal ayant annoncé une date d'audience, l'affaire ne pouvait pas faire l'objet d'une ordonnance ;
- sa déclaration d'accident de service a été implicitement rejetée dès lors que le CCAS n'a pas diligenté d'expertise en lien avec cet accident et n'a pas saisi la commission de réforme.
Par un mémoire enregistré le 24 novembre 2021, le CCAS, représenté par Me Boniface, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des frais exposés pour l'instance.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Le Bris, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, attachée principal territoriale, a exercé les fonctions de directrice du CCAS de l'Etang-Salé puis, à l'issue d'un congé de longue maladie, de chargée de mission habitat-logement jusqu'à son recrutement par la commune de Saint-Louis à compter du 1er juin 2018. Par une lettre datée du 12 février 2018, elle a déclaré avoir subi un malaise le 2 février 2018 et a demandé au CCAS de reconnaitre l'imputabilité au service de cet accident. Elle relève appel de l'ordonnance du 9 octobre 2019 par laquelle le président de la deuxième chambre du tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande tendant à l'annulation du rejet implicite de cette demande.
2. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : " Les () présidents des formations de jugement des tribunaux administratifs () peuvent () par ordonnance, () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables. "
3. En premier lieu, et contrairement à ce que soutient Mme A, la seule circonstance que l'affaire ait fait l'objet de deux avis d'audience successifs avant son renvoi à une audience ultérieure non fixée n'impliquait pas que le tribunal statue sur sa demande en formation collégiale et ne faisait pas obstacle, par elle-même, à ce que le président de la deuxième chambre du tribunal administratif de La Réunion rejette sa demande par ordonnance sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
4. En second lieu, aux termes de l'article 16 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 dans sa version alors applicable : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 modifié relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Le dossier qui lui est soumis doit comprendre un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive compétent à l'égard du fonctionnaire concerné. Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. / La commission de réforme n'est pas consultée lorsque l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident est reconnue par l'administration. La commission de réforme peut, en tant que de besoin, demander à l'administration de lui communiquer les décisions reconnaissant l'imputabilité. " Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'administration peut, avant de se prononcer sur l'imputabilité au service d'un accident, consulter un médecin expert, d'autre part, que l'administration ne peut prendre une décision de rejet de l'imputabilité au service d'un accident avant d'avoir consulté la commission de réforme.
5. En l'occurrence, il ressort des pièces du dossier qu'informée des arrêts de travail pour accident de service déclarés par Mme A, la commune a sollicité, dès le 7 février 2018, une expertise médicale aux fins de déterminer si cet accident devait être regardé comme imputable au service puis, sans réponse du premier médecin-expert sollicité, en a sollicité un second le 28 février suivant. Ce second expert a examiné Mme A le 28 mars 2018. Deux mois après la réception par la commune de sa demande de reconnaissance d'imputabilité de son malaise, Mme A a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet qu'aurait opposée la commune à cette demande. Par lettre du 7 mai 2018, la commune de l'Etang-Salé a informé le conseil de l'appelante qu'elle n'avait été destinataire ni des conclusions médicales ni des conclusions administratives de cet expert, parti en congé jusqu'au 3 juillet 2018, et qu'elle envisageait de saisir la commission de réforme pour avis.
6. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le CCAS, qui demeurait dans l'attente d'un avis médical et de celui de la commission de réforme, aurait implicitement rejeté sa demande d'imputabilité au service à compter du 15 avril 2018 ou, à tout le moins, antérieurement à sa mutation au sein de la commune de Saint-Louis intervenue le 1er juin 20l8.
7. Par suite, aucune décision implicite ou explicite n'étant intervenue, l'appelante n'est pas davantage fondée à soutenir que c'est à tort que le président de la deuxième chambre du tribunal administratif de La Réunion a considéré que sa demande tendant à l'annulation d'une décision inexistante était manifestement irrecevable ni, par voie de conséquence, qu'il aurait commis une erreur de droit en la rejetant par ordonnance conformément aux dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que celles tendant au remboursement du droit de plaidoirie.
9. En application des mêmes dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés pour l'instance par le CCAS.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme B A versera au centre communal d'action sociale de l'Etang-Salé une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A et au centre communal d'action sociale de l'Etang-Salé.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Didier Artus, président,
Mme Frédéric Faïck, président-assesseur,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
Manuel C
Le président,
Didier Artus
Le greffier,
Anthony Fernandez
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
4
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026