mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX02649 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SCP LAYDEKER SAMMARCELLI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E D a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 31 513,65 euros émis à son encontre le 24 décembre 2018 par le centre communal d'action sociale de Bordeaux et de le décharger de l'obligation de payer la somme mise à sa charge.
Par un jugement n° 1900847 du 16 juin 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé le titre exécutoire émis le 24 décembre 2018, a mis à la charge du centre communal d'action sociale de Bordeaux le versement d'une somme de 1 200 euros à M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 août 2020, M. D, représentée par Me Laydeker, demande à la cour :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée ;
2°) de réformer en ce sens le jugement du 16 juin 2020 du tribunal administratif de Bordeaux ;
3°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Bordeaux le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre exécutoire est adressé à son nom alors que le propriétaire de l'immeuble à raison duquel la somme est réclamée est la SCI Arès ; la circulaire du 18 juin 1998 impose que la désignation du débiteur soit aussi précise que possible pour éviter toute hésitation sur sa désignation ; l'instruction codificatrice du 29 juillet 2004 est également en ce sens ; en application des articles 1857 et 1858 du code civil, les créanciers ne peuvent poursuivre les associés qu'après avoir vainement poursuivi la personne morale ;
- le titre exécutoire n'est pas signé, en méconnaissance de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ; il est indiqué que le titre a été émis par M. A C en qualité d'ordonnateur délégué alors qu'il est peu probable que M. A C ait cette qualité et qu'il soit personnellement l'émetteur du titre ;
- le titre exécutoire ne précise pas les bases de la liquidation de la somme réclamée en méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 et de l'article I de la circulaire du 18 juin 1998 ; le centre communal d'action sociale ne peut se prévaloir de ce que les bases de la liquidation auraient été exposées dans un précédent courrier dès lors que ce courrier n'avait pas de caractère coercitif ; au surplus, la somme réclamée ne correspond pas à celle mentionnée dans le courrier ;
- le titre ne comporte aucune référence aux textes sur lesquels est fondée l'existence de la créance, en méconnaissance de la circulaire du 18 juin 1998 ; il importe peu que les références aient été indiquées dans des courriers précédents ;
- le titre exécutoire est entaché d'une erreur de fondement dès lors qu'il est fondé sur les articles L. 511-2 et L. 511-3 du code de la construction alors que la somme est réclamée au titre des frais de relogement temporaire des locataires de l'immeuble, situation visée par l'article L. 521-3 de ce code ;
- la somme réclamée n'est pas due, dès lors que l'immeuble a été détruit à la suite d'un cas fortuit, du fait de la communication d'un incendie provenant de l'immeuble voisin ; il n'est donc pas responsable du péril de l'immeuble ni, par suite, de la nécessité de reloger les locataires ;
- à supposer qu'il serait dans l'obligation d'assurer le relogement des locataires, il n'était pas en mesure de proposer des solutions de relogement aux 19 locataires ; la SCI, dont l'immeuble a été ravagé, a perdu son capital et plusieurs années de loyers ; il ne lui est donc pas possible de prendre en charge, de surcroit, le relogement des locataires ; il n'appartient pas au bailleur victime de la perte de son bien par l'effet de la force majeure de loger gratuitement ses anciens locataires ; aucune raison ne justifie que ces personnes soient relogés gratuitement ;
- en application de l'article 1722 du code civil, les baux ont pris fin de plein droit, de sorte qu'aucune obligation ne pèse plus sur le propriétaire ;
- certains occupants de l'immeuble étaient sans droit ni titre et de mauvaise foi ; au moins en ce qui les concerne, le propriétaire n'avait aucune obligation de prendre en charge leur relogement.
Par un mémoire en production de pièces enregistré le 20 octobre 2022, le centre communal d'action sociale de Bordeaux a produit les pièces demandées par la cour.
Par un mémoire enregistré le 21 novembre 2022, le centre communal d'action sociale de Bordeaux, représenté par Me Heymans, conclut au rejet de la requête, par la voie de l'appel incident, à l'annulation des articles 1er et 2 du jugement du 16 juin 2020, et à ce que soit mis à la charge de M. D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que le tribunal annulé le titre exécutoire contesté ; ce titre a été notifié à M. D en sa qualité de gérant de la SCI Arès, propriétaire de l'immeuble ; le titre exécutoire mentionne l'émetteur de la créance ; le signataire du titre pouvait donc être identifié sans ambiguïté ; les bases de la liquidation avaient été indiquées dans les courriers envoyés à l'intéressé avant le titre exécutoire, et notamment le courrier du 13 novembre 2018 ; la différence minime entre le montant porté sur ce courrier et celui porté sur le titre exécutoire ne suffit pas à justifier l'annulation du titre de perception ; le courrier du 13 novembre 2018 mentionnait également précisément les textes sur lesquels est fondée la créance ;
- l'arrêté de péril vise expressément les textes applicables ;
- cet arrêté de péril n'a pas été contesté par M. D ni rapporté et il demeure exécutoire ; M. D ne peut donc pas contester la créance ;
- subsidiairement, la circonstance que l'incendie s'est déclaré dans l'immeuble voisin est sans incidence ;
- la circonstance que M. D n'aurait pas été en mesure de proposer des solutions de relogement aux occupants de l'immeuble est inopérante ;
- en application des dispositions du II de l'article L. 521-2 du code de la construction et de l'habitation, les baux poursuivent leurs effets malgré la destruction de l'immeuble ;
- aucun élément ne permet de corroborer les affirmations du requérant selon lesquelles certains occupants de l'immeuble étaient sans droit ni titre.
Par une décision n° 465405 du 28 septembre 2022, le Conseil d'Etat statuant au contentieux a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question de la conformité à la Constitution des deuxième et quatrième alinéas de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F B,
- les conclusions de M. Stéphane Gueguein, rapporteur public,
- et les observations de Me Laydeker, représentant M. D, et de Me Quevarec, représentant le centre communal d'action sociale de Bordeaux.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 juillet 2018, un incendie ayant pris naissance dans un local de stationnement de véhicules situé à Bordeaux a détruit en grande partie l'immeuble voisin, comportant 21 logements d'habitation, appartenant à la société civile immobilière (SCI) Arès. Le maire de la commune de Bordeaux a pris concernant cet immeuble un arrêté de péril imminent le 30 juillet 2018, visant la SCI Arès, ordonnant l'interdiction de l'accès, de l'usage et de l'habitation de l'immeuble et précisant que le propriétaire du bien devait informer le maire des offres de relogement faites aux occupants et devait assurer l'hébergement de ceux-ci dans les conditions prévues aux articles L. 521-1 à L. 521-3-2 du code de la construction et de l'habitation. La SCI Arès n'ayant pas pris de mesures de relogement ou d'hébergement, le centre communal d'action sociale de Bordeaux, affirmant avoir dû procéder d'office à l'hébergement des occupants, a émis le 24 décembre 2018 un titre de recettes en vue du recouvrement de la somme de 31 513,65 euros présentée comme correspondant aux frais exposés à ce titre par le centre communal d'action sociale.
2. M. D, gérant de la SCI Arès et désigné comme le destinataire du titre de recettes, a saisi le tribunal administratif de Bordeaux d'une demande tendant à l'annulation de ce titre exécutoire et à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée. Par jugement du 16 juin 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a prononcé l'annulation du titre de recettes émis le 24 décembre 2018 pour méconnaissance de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, en l'absence de production du bordereau signé de titres de recettes et d'envoi au redevable d'un document comportant les mentions permettant d'identifier le signataire, et pour méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, en l'absence d'indication des bases de liquidation de la somme réclamée. Les premiers juges ont, en revanche, estimé que les moyens invoqués à l'appui des conclusions de M. D en décharge de l'obligation de payer la somme litigieuse n'étaient pas fondés. M. D fait appel du jugement en tant qu'il porte rejet de ses conclusions en décharge. Le centre communal d'action sociale de Bordeaux demande, par la voie de l'appel incident, l'annulation du jugement en tant qu'il a prononcé l'annulation du titre exécutoire contesté et mis la somme de 1 200 euros à sa charge au titre des frais liés à l'instance.
3. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation dans va version applicable à la date de l'arrêté de péril du 30 juillet 2018 : " Le maire peut prescrire la réparation ou la démolition des murs, bâtiments ou édifices quelconques lorsqu'ils menacent ruine et qu'ils pourraient, par leur effondrement, compromettre la sécurité ou lorsque, d'une façon générale, ils n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité publique, dans les conditions prévues à l'article L. 511-2. Toutefois, si leur état fait courir un péril imminent, le maire ordonne préalablement les mesures provisoires indispensables pour écarter ce péril, dans les conditions prévues à l'article L. 511-3 () ". L'article R. 511-3 du même code dispose que : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais () ".
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. / Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : () - lorsqu'un immeuble fait l'objet d'un arrêté de péril en application de l'article L. 511-1 du présent code, si l'arrêté ordonne l'évacuation du bâtiment ou s'il est assorti d'une interdiction d'habiter ou encore si les travaux nécessaires pour mettre fin au péril rendent temporairement le logement inhabitable () Cette obligation est faite sans préjudice des actions dont dispose le propriétaire ou l'exploitant à l'encontre des personnes auxquelles l'état d'insalubrité ou de péril serait en tout ou partie imputable ". L'article L. 521-3-1 du même code dispose que : " I.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que son évacuation est ordonnée en application de l'article L. 511-3, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant () / II.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction définitive d'habiter, ainsi qu'en cas d'évacuation à caractère définitif, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement des occupants. Cette obligation est satisfaite par la présentation à l'occupant de l'offre d'un logement correspondant à ses besoins et à ses possibilités. Le propriétaire ou l'exploitant est tenu de verser à l'occupant évincé une indemnité d'un montant égal à trois mois de son nouveau loyer et destinée à couvrir ses frais de réinstallation. / En cas de défaillance du propriétaire ou de l'exploitant, le relogement des occupants est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. / Le propriétaire est tenu au respect de ces obligations si le bail est résilié par le locataire en application des dispositions du dernier alinéa de l'article 1724 du code civil ou s'il expire entre la date de la notification des arrêtés portant interdiction définitive d'habiter et la date d'effet de cette interdiction ".
5. Les pouvoirs reconnus au maire par l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation ne peuvent être légalement mis en œuvre que lorsque le danger provoqué par un immeuble provient à titre prépondérant de causes qui lui sont propres.
6. En soutenant, à l'appui de ses conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme qui lui est réclamée, que le sinistre qui est à l'origine de la destruction de l'immeuble de la SCI Ares provient d'une cause extérieure et non d'une cause propre à l'immeuble, le requérant doit être regardé comme ayant entendu invoquer l'exception d'illégalité de l'arrêté de péril imminent du 30 juillet 2018 portant notamment interdiction d'occupation. En l'absence de tout élément attestant de la date à laquelle l'arrêté aurait été notifié au propriétaire, il ne peut être considéré qu'au 20 février 2019, date à laquelle le moyen a été soulevé à l'appui de la demande introductive d'instance devant le tribunal, cet arrêté serait devenu définitif.
7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise ordonnée le 22 octobre 2018 par le juge des référés du tribunal de grande instance de Bordeaux, que l'incendie qui a détruit l'immeuble de la société Arès le 8 juillet 2018 est d'origine accidentelle, qu'il a pris naissance un peu avant 18 heures au niveau du moteur d'un véhicule que sa propriétaire venait de stationner dans le garage de l'immeuble mitoyen et qu'il s'est propagé rapidement, notamment à l'immeuble de la société Arès, avant l'arrivée du service d'incendie et de secours, intervenu une quinzaine de minutes après que l'alerte ait été donnée. Aucun élément de l'instruction ne permet d'imputer tout ou partie du danger créé par l'immeuble appartenant à la SCI Arès à l'état initial de cet immeuble. Ainsi, l'état de péril de l'immeuble de la SCI Arès est la conséquence de l'incendie accidentel d'un véhicule stationné dans un immeuble voisin et ne provient pas, à titre prépondérant, de causes qui lui sont propres. Le maire de Bordeaux ne pouvait donc légalement faire usage des pouvoirs qu'il tire de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation pour prendre l'arrêté de péril contesté. Il suit de là que le propriétaire de l'immeuble ne pouvait se voir imposer, sur le fondement de cet arrêté de péril, la prise en charge de l'hébergement des occupants de l'immeuble et que le coût correspondant à cet hébergement ne peut lui être réclamé.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. D, recherché en paiement en sa qualité de représentant de la SCI Arès, est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Bordeaux, par le jugement attaqué, a rejeté ses conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 31 513,65 euros réclamée à raison de l'hébergement des occupants de l'immeuble appartenant à la SCI Arès et que le centre communal d'action sociale n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par ce même jugement, le tribunal a prononcé l'annulation du titre exécutoire émis le 24 décembre 2018.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Bordeaux le versement à M. D d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mis à la charge de M. D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement au centre communal d'action sociale de la somme que celui-ci demande à ce titre.
DECIDE :
Article 1er : M. D, en qualité de représentant de la SCI Arès, est déchargé de l'obligation de payer la somme de 31 513,65 euros mise à sa charge par le titre de recettes du 24 décembre 2018.
Article 2 : Les conclusions incidentes du centre communal d'action sociale de Bordeaux sont rejetées.
Article 3 : Le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 16 juin 2020 est réformé en ce qu'il a de contraire au présent arrêt.
Article 4 : Le centre communal d'action sociale de Bordeaux versera à M. D la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. E D, au centre communal d'action sociale de Bordeaux et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Une copie en sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
Mme Claire Chauvet, présidente-assesseure,
Mme Nathalie Gay, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La présidente assesseure,
Claire ChauvetLa présidente-rapporteure,
Elisabeth B
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chacun en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026