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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-20BX02700

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-20BX02700

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-20BX02700
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantCABINET COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Poitiers, d'une part, d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2018 par lequel le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Châteauneuf-sur-Charente a rejeté sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie et, d'autre part, d'enjoindre audit président de procéder à cette reconnaissance à compter du 15 mars 2016 jusqu'au 1er octobre 2018 et à la reconstitution de sa carrière jusqu'à la date de sa mutation.

Par un jugement n° 1800742 du 5 février 2020, le tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 18 janvier 2018 du président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente et a enjoint à ce dernier, d'une part, de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A pour la période du 15 mars 2016 au 1er octobre 2018 et, d'autre part, d'en tirer toutes les conséquences en ce qui concerne la situation administrative de l'intéressée, notamment sur le plan financier.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 août 2020 et le 6 décembre 2022, le CCAS de Châteauneuf-sur-Charente, représenté par le cabinet d'avocats Coudray, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 5 février 2020 ;

2°) de mettre à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal, l'absence de rapport écrit du médecin de prévention à la réunion de la commission de réforme n'a pas privé Mme A d'une garantie dès lors que ce médecin était présent lors de la séance du 11 janvier 2018 au cours de laquelle a été examinée la situation de l'intéressée ; ne disposant pas d'un médecin de prévention dans ses services, il se trouvait dans l'impossibilité de faire établir un rapport écrit ;

- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal, l'état de santé de Mme A ne présente pas de lien direct avec ses conditions de travail lesquelles ne lui faisaient courir aucun risque anormal pour sa santé ; l'intéressée ne remplit aucun des critères posés par l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ; les conditions de travail de l'intéressée ne sont pas pathogènes, un accompagnement de sa hiérarchie ayant notamment été mis en place pour l'aider à surmonter certaines difficultés notamment managériales ; aucun accident de service n'est survenu ; la situation de conflit au travail est imputable à Mme A dont la fragilité psychique a permis le développement de sa pathologie étrangère au service ;

- aucun des autres moyens soulevés par Mme A devant le tribunal n'était fondé : les règles de quorum de la commission de réforme ont été respectées ; la saisine parallèle de la commission de réforme et du comité médical départemental ne constitue pas un détournement de procédure ; la décision en litige est suffisamment motivée.

Par un mémoire enregistré le 27 octobre 2022, Mme A, représentée par Me Mazza, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit enjoint au CCAS de la placer en " accident de service " et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la commune de Châteauneuf-sur-Charente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que la décision de première instance n'a jamais été exécutée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D C,

- les conclusions de Mme Florence Madelaigue, rapporteure publique,

- et les observations de Me Sanchez se substituant à Me Mazza représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, attachée territoriale, a exercé à partir du mois d'avril 2007 les fonctions de directrice de la résidence " Félix Gaillard ", foyer logement pour personnes âgées relevant du centre communal d'action sociale (CCAS) de Châteauneuf-sur-Charente (Charente). Après plusieurs périodes d'arrêts de travail discontinues en 2015 et en 2016, elle a été placée en congé de maladie ordinaire pour la période du 15 mars 2016 au 14 mars 2017 en raison d'un syndrome anxio-dépressif. Mise en disponibilité d'office pour " maladie " à compter du 15 mars 2017 par un arrêté en date du 27 février 2018, Mme A avait sollicité, le 31 mai 2017, la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident. Saisie par l'employeur de l'intéressée d'une demande requalifiée comme tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie, la commission de réforme a émis un avis défavorable le 11 janvier 2018. Par un arrêté du 18 janvier 2018, le président du CCAS a rejeté la demande de Mme A de " reconnaissance d'une maladie contractée en service ". Par un jugement du 5 février 2020, le tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 18 janvier 2018 du président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente et a enjoint à ce dernier, d'une part, de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A pour la période du 15 mars 2016 au 1er octobre 2018 et, d'autre part, d'en tirer toutes les conséquences en ce qui concerne la situation administrative de l'intéressée, notamment sur le plan financier. Le CCAS de Châteauneuf-sur-Charente relève appel de ce jugement.

Sur les moyens retenus par le tribunal :

2. Pour annuler l'arrêté du 18 janvier 2018 par lequel le président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente a rejeté la demande de Mme A de reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie, le tribunal a, en premier lieu, accueilli le moyen tiré de ce que le médecin du service de médecine préventive n'avait pas remis à la commission de réforme le rapport écrit prévu par les dispositions du décret du 30 juillet 1987, ce qui avait privé l'intéressée d'une garantie.

3. Aux termes de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version alors applicable : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 16 () ci-dessous () ". Aux termes de l'article 16, alors en vigueur, de ce décret : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 modifié relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Le dossier qui lui est soumis doit comprendre un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive compétent à l'égard du fonctionnaire concerné. / Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. () ". L'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière prévoit que la commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis et qu'elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires.

4. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.

5. Il est constant que le dossier soumis à la commission de réforme qui s'est prononcée sur le cas de Mme A le 11 janvier 2018 ne comportait pas de rapport écrit du médecin du service de médecine préventive. La seule circonstance, qui ressort du procès-verbal dressé à l'issue de la séance de cette commission, que le médecin de prévention était présent n'est pas de nature à suppléer l'absence de rapport écrit. Si le président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente soutient qu'en l'absence de médecin de prévention rattaché au centre, il se trouvait dans l'impossibilité d'obtenir la rédaction d'un rapport, il ressort des pièces du dossier, notamment d'un échange de courriel entre le médecin de prévention du SISTAC de Cognac et la secrétaire du centre communal appelant, qu'il s'est borné à solliciter le 4 janvier 2018 un praticien de médecine professionnelle qui lui a fait savoir que, faute d'avoir reçu Mme A en consultation depuis 2016, il n'était pas en mesure de rédiger un rapport sur son état de santé. Le président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente n'établit ainsi pas avoir accompli les diligences nécessaires à l'obtention d'un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive dont il savait la structure dépourvue. Dans ces conditions, l'obligation de transmettre à la commission de réforme un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive n'avait pas le caractère d'une formalité impossible. Ainsi que l'a jugé le tribunal administratif, l'absence d'un tel rapport a privé Mme A d'une garantie. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges ont estimé que la décision en litige est intervenue au terme d'une procédure irrégulière de nature à entraîner son annulation.

6. En second lieu, le tribunal administratif a également accueilli le moyen tiré de l'erreur d'appréciation après avoir considéré que la pathologie de Mme A devait être regardée comme imputable au service dès lors qu'elle présentait un lien direct avec l'exercice de ses fonctions et avec ses conditions de travail, alors qu'aucun fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière ne conduisait à détacher du service la survenance de la maladie.

7. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 issus de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail dans la fonction publique : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. () IV. Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. () ".

8. Comme l'ont relevé à juste titre les premiers juges, il ressort des pièces du dossier que la pathologie dépressive de Mme A a été constatée au cours de l'année 2016 soit avant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983 issues de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Dans ces conditions, Mme A n'est pas régie par les dispositions de cet article 21 bis, que le CCAS de Châteauneuf-sur-Charente ne peut par suite utilement invoquer, mais par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable, aux termes desquelles : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".

9. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

10. Il ressort des pièces du dossier, notamment des éléments médicaux produits parmi lesquels deux certificats établis les 11 décembre 2016 et 4 juillet 2017 par un médecin psychiatre, que Mme A présente un état dépressif majeur lié à la dégradation significative de ses conditions de travail au cours de l'année 2016, dont l'origine réside notamment dans les relations conflictuelles entretenues par l'intéressée avec le président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente ainsi qu'avec une partie des agents de la résidence " Félix Gaillard ". Il ressort à cet égard du certificat médical établi par un praticien de médecine générale le 29 novembre 2016 qu'elle est suivie pour un syndrome dépressif en partie lié à un " conflit de travail ". Si le médecin psychiatre agréé qui l'a examinée le 5 décembre 2017 a estimé de manière isolée qu'elle ne présentait pas de troubles dépressifs ou anxieux avant de conclure que son état clinique était compatible avec l'exercice d'une activité professionnelle, il ressort du rapport d'expertise établi le 14 décembre 2017 par un troisième médecin psychiatre qu'elle présente une inaptitude à l'exercice de ses fonctions du fait d'un état dépressif majeur notamment caractérisé par une " disqualification intense " nécessitant un éloignement professionnel géographique. Il n'est relevé à aucun moment d'état dépressif antérieur.

11. Le CCAS soutient que la pathologie dépressive de Mme A trouve son origine dans les conflits provoqués par ses méthodes de management et plus largement par son comportement qui aurait ainsi été la cause déterminante de la dégradation des conditions d'exercice professionnel de l'intéressée, susceptible de constituer un fait personnel de nature à détacher la survenance de la maladie du service. L'appelant invoque à cet égard l'accompagnement constant assurée par la hiérarchie de l'intéressée confrontée à d'importantes difficultés dans ses relations de travail et fait état de ce que, dans une volonté d'apaisement, il n'a pas mis en œuvre le pouvoir disciplinaire que les manquements de Mme A justifiaient. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, dans un contexte particulièrement conflictuel, les vives tensions qui se sont manifestées au sein de l'établissement trouvent leur origine dans un conflit majeur entre un agent et Mme A, laquelle a été par la suite victime d'agissements répréhensibles de la part de certains agents dont le comportement inapproprié a été porté à la connaissance du président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente par une partie du personnel de la résidence " Félix Gaillard " dès le 9 octobre 2015. Il ne ressort pas des pièces du dossier, même si l'agent avec lequel Mme A est entré en conflit a été sanctionné, que le président du CCAS ait mis en œuvre les mesures que la situation au sein de l'établissement imposait pour remédier au climat délétère résultant notamment d'une organisation devenue " clanique " fragilisant la position de supérieur hiérarchique qu'occupait Mme A.

12. Dans ces conditions, aucun fait personnel de l'agent ni aucune circonstance particulière ne conduit à détacher du service la survenance de la maladie, qui présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec les conditions de travail de Mme A. Par suite, et alors même que la commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de l'intéressée, c'est à bon droit que les premiers juges ont estimé que la décision en litige était entachée d'erreur d'appréciation.

13. Il résulte de tout ce qui précède que le CCAS de Châteauneuf-sur-Charente n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 18 janvier 2018 du président de ce centre communal et a enjoint à ce dernier, d'une part, de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A pour la période du 15 mars 2016 au 1er octobre 2018 et, d'autre part, d'en tirer toutes les conséquences en ce qui concerne la situation administrative de l'intéressée, notamment sur le plan financier.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Mme A demande à la cour d'enjoindre au CCAS de Châteauneuf-sur-Charente " de la placer en accident de service ". La confirmation, par le présent arrêt, du jugement attaqué, qui a notamment enjoint au président de ce centre communal de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A pour la période du 15 mars 2016 au 1er octobre 2018, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de Mme A ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement au CCAS de Châteauneuf-sur-Charente d'une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens que ce dernier a exposés. Si Mme A sollicite la mise à la charge de la commune de Châteauneuf-sur-Charente d'une somme à lui verser sur le fondement de ces dispositions, ces conclusions qui sont mal dirigées ne peuvent qu'être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de Mme A, y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au président du CCAS de Châteauneuf-sur-Charente et à Mme B A.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Florence Demurger, présidente,

Mme Karine Butéri, présidente-assesseure,

M. Anthony Duplan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 décembre 2022.

La rapporteure,

Karine C

La présidente,

Florence Demurger

La greffière,

Catherine Jussy

La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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