vendredi 2 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX02745 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | FIDAL SAINT DENIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B a demandé au tribunal administratif de Mayotte d'annuler la décision du ministre de la transition écologique et solidaire rejetant implicitement sa demande du 10 novembre 2017 tendant à la régularisation de sa situation d'agent public non titulaire de l'Etat et à l'octroi d'un rappel de primes.
Par un jugement n° 1800513 du 12 mars 2020, le tribunal administratif de Mayotte a annulé la décision du ministre de la transition écologique et solidaire refusant implicitement de régulariser la situation de Mme A en tant qu'agent contractuel de l'Etat, enjoint au ministre de la transition écologique et solidaire de réexaminer la situation de Mme A, mis à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et rejeté le surplus de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 21 août 2020, le ministre de la transition écologique et solidaire demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 12 mars 2020 du tribunal administratif de Mayotte en tant qu'il a annulé sa décision refusant implicitement de régulariser la situation de Mme A en tant qu'agent contractuel de l'Etat et lui a enjoint de réexaminer la situation de l'intéressée ;
2°) de rejeter la demande présentée par Mme A devant le tribunal administratif de Mayotte ;
Il soutient que :
- la demande de première instance était irrecevable ; Mme A avait sollicité, dès 2001, que lui soient appliquées les dispositions du décret du 17 janvier 1986 ; la décision implicite en litige revêt ainsi un caractère confirmatif ; elle a en outre refusé le 12 décembre 2014 une proposition de contrat de travail tendant à la faire bénéficier du régime juridique issu du décret du 17 janvier 1986 ;
- les dispositions du décret du 17 janvier 1986 sont applicables aux agents recrutés à Mayotte par le administrations de l'Etat dans les conditions de l'article 82 de la loi du 11 janvier 1984, laquelle est applicable à Mayotte depuis l'entrée en vigueur de la loi du 11 juillet 2011 relative à Mayotte ; les dispositions de ce décret ne sont toutefois pas applicables à la situation de Mme A puisque le règlement intérieur local du 19 mars 2017, applicable aux personnels administratifs, techniques et de travaux rémunérés sur crédits d'Etat et recrutés localement par la direction de l'équipement de Mayotte, n'a pas été abrogé ; ce règlement intérieur n'a pas été expressément abrogé malgré les indications erronées figurant dans un courrier du 20 juillet 2009 du directeur de l'équipement, de l'aménagement et du logement de Mayotte, courrier qui indique au demeurant également que ce règlement continue de régir la situation de l'intéressée ; une telle abrogation n'était pas susceptible d'intervenir en vertu de la convention du 5 avril 2000, faute d'intégration de l'ensemble des agents non titulaires de la direction de l'équipement de Mayotte dans les cadre des agents de la fonction publique de la collectivité territoriale de Mayotte ; ce règlement intérieur ne peut davantage être regardé comme ayant été implicitement abrogé par le décret du 17 janvier 1986, les conditions requises pour retenir une abrogation implicite, en particulier celle tenant à une incompatibilité entre les textes, n'étant pas réunies en l'espèce ;
- en admettant même que la situation de Mme A aurait été régie par les dispositions du décret du 17 janvier 1986, il n'est pas démontré que leur application lui aurait été plus favorable, en particulier en matière de rémunération et de régime de retraite ; s'agissant de la rémunération, l'article 1-3 du décret du 17 janvier 1986 ne lui ouvrait pas droit à une évolution automatique de sa rémunération, laquelle tient compte des fonctions occupées par l'intéressée, des qualifications requises et de son expérience et a été revalorisée à plusieurs reprises ; s'agissant du régime de retraite, l'intéressée ne pouvait prétendre au bénéfice d'un régime de retraite complémentaire.
Par des mémoires en défense enregistré les 6 avril et 1er juin 2021, Mme A conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de première instance était recevable ; malgré l'annonce qui lui avait été faite, elle n'a pas été titularisée dans un corps de la fonction publique d'Etat au 31 décembre 2010 ; sa réclamation du 10 novembre 2017 ne portait pas sur le refus de titularisation dont elle a fait l'objet mais tendait à une régularisation de sa situation par application, depuis au moins 2004, des dispositions du décret du 17 janvier 1986 ;
- l'abrogation du règlement de 1987 n'était pas conditionnée par l'intégration dans la fonction publique de l'ensemble des agents de la Direction de l'équipement à Mayotte ; l'exécution de cette convention s'est donc traduite par l'abrogation de ce règlement , et la situation des agents contractuels restant s'est nécessairement trouvée régie par le décret du 17 janvier 1986 ; ce décret et la loi et 11 janvier 1984 sont devenus applicables à Mayotte dès juillet 2003 par application du principe d'identité normative ; l'administration a elle-même admis, par plusieurs courriers, l'abrogation du règlement de 1987 ;
- la reconstitution de sa carrière implique l'application d'indices de traitement plus élevés et, par suite, un rappel de traitement ; elle aurait dû bénéficier, depuis 2004, d'une affiliation à l'IRCANTEC, ce qui implique un nouveau calcul de ses cotisations de retraite ; elle a enfin été privée du régime indemnitaire des agents non-titulaires de l'Etat, ayant seulement perçu une prime de technicité de 109, 79 euros par mois ;
- elle a refusé de signer le contrat proposé en exécution du jugement attaqué, qui ne prend pas en compte son ancienneté.
Par une ordonnance du 10 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 février 2022.
Par un courrier en date du 27 juin 2022, la ministre de la transition écologique a été invitée, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément, dans le délai de deux mois, le maintien de ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements () ". Aux termes de l'article R. 612-5-1 du même code : " Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement ou, au Conseil d'État, le président de la chambre chargée de l'instruction, peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions ".
2. Par un courrier du 27 juin 2022 adressé par la voie de l'application Télérecours, qui a été lu le 28 juin 2022, la ministre de la transition écologique a été invitée à confirmer expressément le maintien des conclusions de sa requête et informée de ce que, à défaut de confirmation dans un délai de deux mois, elle serait réputée s'être désistée de l'ensemble de ses conclusions. Aucune suite n'ayant été donnée à cette invitation, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires est réputé, en application des dispositions citées au point précédent, s'être désisté de sa requête. Il y a lieu de lui donner acte de ce désistement.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Mme B.
Fait à Bordeaux, le 2 septembre 2022.
La présidente-assesseure de la 3ème chambre,
Marie-Pierre BEUVE DUPUY
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026