mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX03322 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre bis (formation à 3) |
| Avocat requérant | AVRIL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune du Tampon a implicitement refusé de lui octroyer le bénéfice de l'indemnité d'administration et de technicité et d'enjoindre à la commune du Tampon de lui accorder l'indemnité d'administration et de technicité.
Par un jugement n°1901581 du 9 juillet 2020, le tribunal administratif de La Réunion a annulé la décision par laquelle le maire de la commune du Tampon a implicitement refusé d'octroyer à Mme A le bénéfice de l'indemnité d'administration et de technicité et a enjoint la commune de procéder au réexamen de la situation de Mme A dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2020 sous le n°20BX03322, la commune du Tampon, représentée par Me Avril, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de La Réunion du 9 juillet 2020 ;
2°) de rejeter les demandes de Mme A ;
3°) de mettre à la charge de Mme A le versement la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002, instituant l'indemnité d'administration et de technicité, ne peut plus servir de fondement au versement de cette indemnité ; en vertu du principe de parité avec la fonction publique de l'Etat, le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), institué par le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, est le seul régime indemnitaire pouvant être attribué aux agents de la commune, dès lors que la commune décide de la mise en œuvre de ce nouveau système de primes ; dans ces conditions, la délibération du conseil municipal du Tampon du 27 décembre 2010 relative à la refonte du régime indemnitaire, ne dispose plus de base légale permettant l'attribution de l'indemnité d'administration et de technicité au-delà du 1er janvier 2017 ;
- pour le corps des adjoints techniques auquel appartient Mme A, la date d'adhésion au RIFSEEP a été fixée au 1er octobre 2016, à partir de laquelle l'indemnité sollicitée par cet agent n'a plus de fondement légal ;
- le refus d'attribution de l'indemnité d'administration et de technicité n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu du niveau de responsabilité assumé par Mme A, de sa valeur professionnelle et de sa manière de servir.
Par une ordonnance du 19 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 juin 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B C,
- les conclusions de M. Axel Basset, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe technique territoriale titulaire, exerce ses fonctions au sein de la commune du Tampon. Le 7 août 2019, elle a sollicité auprès de la commune le bénéfice de l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) à compter du 1er février 2010. Le maire de la commune du Tampon a implicitement rejeté sa demande. La commune du Tampon relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de La Réunion a, à la demande de Mme A, annulé la décision implicite de rejet de la demande de versement de l'IAT à compter du 1er janvier 2013, et lui a prescrit de procéder au réexamen de la situation de l'intéressée.
Sur le bien-fondé du motif d'annulation retenu par le jugement attaqué :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe () la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. () ". L'article 1er du décret du 14 janvier 2002 relatif à l'indemnité d'administration et de technicité prévoit que : " Il est institué dans les administrations centrales de l'Etat, les services déconcentrés en dépendant et les établissements publics à caractère administratif de l'Etat une indemnité d'administration et de technicité dans les conditions et suivant les modalités fixées par le présent décret ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 27 décembre 2010, le conseil municipal du Tampon a procédé à la refonte du régime indemnitaire de ses agents, et a rendu applicable à ces derniers l'IAT, dont elle a précisé ses montants et modalités d'attribution.
4. Si le décret du 20 mai 2014, portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat (RIFSEEP), a vocation à se substituer aux dispositifs indemnitaires existants, parmi lesquels figure l'IAT, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, la commune du Tampon n'avait pas fait application des dispositions de l'article 88, précité, de la loi du 26 janvier 1984 en adoptant une délibération instaurant, pour la période au titre de laquelle Mme A a demandé l'IAT, ce nouveau régime indemnitaire au profit de ses agents. Par ailleurs, la circonstance que la circulaire ministérielle du 3 mai 2017 indique que la mise en place du RIFSEEP est prévue, dans la fonction publique territoriale, à compter du 1er janvier 2017 n'a eu, en tout état de cause, ni pour objet ni pour effet d'abroger la délibération du 27 décembre 2010 dont les premiers juges ont ainsi fait à juste titre application. Par suite, la délibération du conseil municipal du Tampon restait applicable à la demande de versement de l'IAT présentée par Mme A.
5. En second lieu, la délibération du 27 décembre 2010 du conseil municipal du Tampon prévoit que le taux moyen annuel de l'IAT est affecté d'un coefficient, variant de 0 à 8, dépendant de la valeur professionnelle de l'agent, de ses responsabilités et de sa manière de servir.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, agent de restauration, est responsable de secteur scolaire auprès de la cuisine de l'école maternelle Jules Ferry, dépendant du service municipal de la restauration scolaire. La commune du Tampon soutient que Mme A n'a jamais exercé de fonction d'encadrement ni aucune responsabilité particulière et qu'aucune progression particulière n'a été notée dans sa valeur professionnelle et sa manière de servir. Elle en conclut que Mme A ne justifiait pas que lui soit attribuée l'IAT, compte tenu notamment de ce qu'elle n'avait pas atteint l'un des objectifs fixés au titre de l'année 2018 relatif à la participation à l'évacuation d'un réfectoire.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'en 2013 et 2014, Mme A a obtenu des notes et des évaluations satisfaisantes, ses supérieurs hiérarchiques ayant souligné sa valeur professionnelle, son implication, son sérieux, sa conscience professionnelle et son bon contact avec les enfants. En 2015, elle a été notée " bon " sur tous les items d'évaluation et n'a pas fait l'objet d'appréciations littérales défavorables, son travail ayant au contraire été qualifié de " sérieux et ponctuel ". Si, en 2016, ses items d'évaluation sont un peu moins élogieux, en 2017, elle a fait l'objet de l'appréciation générale suivante : " bon travail, sérieuse et très appréciée " et progressé sur tous ses items d'évaluation. Pour l'année 2018, il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a pas rempli l'objectif " participation à l'évacuation du réfectoire " et que ses items d'évaluation sont moins favorables que ceux de l'année précédente.
8. Il ressort des éléments précités que Mme A a été, dans l'ensemble, évaluée favorablement entre 2013 et 2017, soit pendant quatre années consécutives. Dans ces conditions, et alors même que cette évaluation a été moins élogieuse en 2018, le maire du Tampon, en refusant à l'intéressée toute attribution d'IAT, alors qu'il dispose d'un pouvoir de modulation du montant de cette indemnité à laquelle il peut appliquer un coefficient allant de 0 à 8, a commis une erreur manifeste d'appréciation, comme l'ont retenu à bon droit les premiers juges.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la commune du Tampon n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de La Réunion a annulé la décision par laquelle le maire du Tampon a implicitement refusé de lui octroyer le bénéfice de l'IAT à compter du 1er janvier 2013.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune du Tampon demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête n° 20BX03322 de la commune du Tampon est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la commune du Tampon et à Mme D A.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Frédéric Faïck, président,
Mme Florence Rey-Gabriac, première conseillère,
Mme Pauline Reynaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
Pauline CLe président,
Frédéric Faïck
La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026