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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-20BX03697

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-20BX03697

mardi 11 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-20BX03697
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantCOULIBALY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de la Martinique de condamner l'Etat à lui verser une somme de 400 000 euros en réparation des préjudices subis du fait du harcèlement moral dont il a été victime et du refus opposé à sa demande de protection fonctionnelle.

Par un jugement n° 1900565 du 22 octobre 2020, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté la requête.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 novembre 2020 et 24 avril 2021, M. B, représenté par Me Coulibaly, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 22 octobre 2020 du tribunal administratif de la Martinique ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 400 000 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en méconnaissance de l'article L. 5 du code de justice administrative, le jugement n'a pas été rendu à l'issue d'une instruction contradictoire ; le principe du contradictoire est un principe général du droit ; lors de l'audience, le rapporteur public a conclu à charge et s'est appuyé sur des pièces qui ne lui avaient pas été communiquées ; le rapporteur public a manqué à son devoir d'impartialité ; il convient d'écarter les éléments qui n'ont pas été versés aux débats ;

- il a subi un harcèlement moral ; son désarmement, qui ne saurait être imputé à son initiative propre, est intervenu dans des conditions irrégulières, sans aucune constatation médicale d'une dangerosité pour lui-même ou pour autrui ; il n'a jamais été orienté vers un médecin statutaire ; seule son arme lui a été confisquée, alors que la procédure de désarmement prévoit le retrait de l'arme ainsi que des chargeurs ; il a été renvoyé sur la voie publique équipé uniquement d'un chargeur de cartouches, sans pistolet, au péril de sa vie et alors que les autres fonctionnaires de police ont droit à une arme chargée ; de telles conditions de travail étaient indignes et humiliantes ; il produit les attestations rédigées par deux de ses collègues confirmant son désarmement irrégulier et ses conséquences sur ses conditions de travail et sa santé ; il s'est vu opposer un refus de réarmement alors qu'il était médicalement apte à exercer ses fonctions armé ; il a été adressé à un expert médical choisi par son supérieur hiérarchique ; il a été désarmé dans des conditions irrégulières pendant plus d'un an, jusqu'à sa démission ; il a été informé le 13 mars 2017 du retrait de sa candidature au concours d'officier de la police judiciaire, sans qu'aucun motif ne lui soit indiqué ; cette exclusion arbitraire est intervenue trois jours après qu'il ait dénoncé ses conditions de travail auprès du préfet ; il lui a été impossible de se présenter à des concours qui lui auraient permis d'accéder à des emplois de la catégorie A de la fonction publique ; à l'issue d'une enquête administrative, la délégation IGPN de Fort-de-France a conclu le 20 juin 2017, dans des termes humiliants, à son inaptitude à l'exercice de la profession de gardien de la paix sans respecter la procédure correspondante ; malgré ce constat de sa prétendue inaptitude, il a été affecté dans un service procédural dédié à l'audition des témoins et des gardés à vue et à des tâches rédactionnelles, subissant ainsi une réduction de ses attributions ; le blâme dont il a fait l'objet a été prononcé longtemps après son demi-désarmement non réglementaire et ne peut donc pas en être l'origine ; ses capacités professionnelles ont été systématiquement mises en cause par sa hiérarchie et il a été " placardisé " sans mise en œuvre de la procédure adéquate de suspension conservatoire ; le directeur de l'IGPN, auprès duquel il avait fait état du caractère dégradé de ses conditions de travail, a refusé de l'entendre et d'enquêter ; il n'a pas davantage été répondu à sa réclamation indemnitaire ; la communication de son dossier médical lui a été refusée ; ces agissements, destinés à le déstabiliser psychologiquement, ont excédé les limites du pouvoir hiérarchique normal et sont à l'origine de ses arrêts maladie puis de sa démission de la police nationale ;

- la protection fonctionnelle aurait dû lui être accordée à raison du harcèlement moral dont il faisait l'objet ;

- son administration a failli à son obligation de protection de sa santé résultant de l'article L. 4121-1 du code du travail ;

- il a subi un préjudice moral, qui doit être évalué à 150 000 euros ; sa perte de revenus, liée aux arrêts maladie et la perte de chance d'évolution professionnelle, doit être fixée à 100 000 euros ; son préjudice professionnel lié à sa démission, alors qu'il était à dix ans de la retraite, doit être évalué à 150 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le jugement n'est pas irrégulier ; il n'est pas démontré que le caractère contradictoire de la procédure aurait été méconnu ou que M. B aurait été privé de la possibilité de présenter des observations après le prononcé des conclusions du rapporteur public ;

- M. B n'apporte pas d'éléments de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral ; le tribunal a, à juste titre, rejeté sa demande tendant à la réparation des préjudices subis à raison d'un prétendu harcèlement moral ;

- le refus de protection fonctionnelle opposé à M. B ne revêt pas un caractère fautif, l'intéressé n'ayant pas établi avoir fait l'objet d'un harcèlement moral.

Par une ordonnance du 20 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- l'arrêté du 6 juin 2006 portant règlement général d'emploi de la police nationale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D A,

- les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, nommé en 2008 gardien de la paix de la police nationale, a demandé au tribunal administratif de la Martinique de condamner l'Etat à lui verser une somme de 400 000 euros en réparation des préjudices subis, selon lui, du fait du harcèlement moral dont il a été victime et du refus opposé à sa demande de protection fonctionnelle. Il relève appel du jugement du 22 octobre 2020 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. Aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire () ". Par ailleurs, le rapporteur public, qui a pour mission d'exposer les questions que présente à juger le recours sur lequel il conclut et de faire connaître, en toute indépendance, son appréciation, qui doit être impartiale, sur les circonstances de fait de l'espèce et les règles de droit applicables ainsi que son opinion sur les solutions qu'appelle, suivant sa conscience, le litige soumis à la juridiction à laquelle il appartient, prononce ses conclusions après la clôture de l'instruction à laquelle il a été procédé contradictoirement. L'exercice de cette fonction n'est pas soumis au principe du caractère contradictoire de la procédure applicable à l'instruction.

3. M. B soutient que, lors du prononcé de ses conclusions devant le tribunal, le rapporteur public se serait positionné " à charge " et appuyé sur des pièces qui n'avaient pas été communiquées. Toutefois, cette affirmation n'est nullement étayée et le requérant ne précise d'ailleurs pas de quels éléments non communiqués le rapporteur public aurait fait état dans ses conclusions. Le moyen tiré de ce que le rapporteur public aurait manqué à son devoir d'impartialité doit dès lors être écarté.

4. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, le moyen tiré de la méconnaissance du caractère contradictoire de l'instruction lors du prononcé des conclusions du rapporteur public ne peut qu'être écarté comme inopérant.

5. Il résulte de ce qui précède que le jugement du tribunal administratif de la Martinique n'est pas entaché des irrégularités invoquées par l'appelant.

Au fond :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat pour manquement à son obligation de protection à raison du harcèlement moral allégué :

6. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel./ Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. () ". Aux termes de l'article 11 de la même loi : " I. - A raison de ses fonctions () le fonctionnaire () bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée () ". Des agissements de harcèlement moral sont de ceux qui peuvent permettre, à l'agent public qui en est l'objet, d'obtenir la protection fonctionnelle prévue par ces dispositions.

7. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

8. Par ailleurs, aux termes de de l'article 114-6 du règlement général d'emploi de la police nationale annexé à l'arrêté ministériel du 6 juin 2006 : " L'arme de service est retirée par l'autorité hiérarchique à tout fonctionnaire présentant un état de dangerosité pour lui-même ou pour autrui. L'éventuel réarmement de l'intéressé est soumis aux conclusions favorables d'une visite d'aptitude passée auprès du service médical de la police. () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est tenue de convoquer à une visite médicale d'aptitude le fonctionnaire de police, qui bénéficie d'un service aménagé sans port d'arme, afin de décider de la prolongation de ces conditions particulières d'exercice de ses fonctions ou du réarmement de l'intéressé. Cette décision est soumise aux conclusions favorables du service médical de la police.

9. En premier lieu, le requérant fait valoir que son arme de service lui a été retirée le 22 février 2017 dans conditions irrégulières, sans aucune constatation médicale d'une dangerosité pour lui-même ou pour autrui. Il résulte cependant de l'instruction que l'intéressé a rédigé le 17 février 2017 un rapport à l'attention du directeur départemental de la sécurité publique de la Martinique se plaignant du traitement, par sa hiérarchie et l'IGPN, d'un différend l'opposant à l'une de ses collègues, indiquant qu'il n'était pas " en état de servir ", se " sentait mal " et remettait en conséquence son arme de service au chef de poste. Son arme de service ne lui a pas été restituée lors de sa reprise de fonctions, soit le 22 février 2017. Cette mesure administrative, qui ne constituait pas une suspension provisoire de ses fonctions, était justifiée par le caractère alarmant du rapport de l'intéressé du 17 février et ne révèle aucunement une intention de lui nuire. En outre, et ainsi que l'a relevé le tribunal, cette décision d'aménagement de son service n'était pas subordonnée à un avis médical.

10. En deuxième lieu, M. B se plaint que cette mesure de retrait de son arme de service s'est prolongée, sans consultation médicale, durant une période d'une année à l'issue de laquelle il a décidé de démissionner de la police nationale. Il résulte cependant de l'instruction qu'il a été convoqué à plusieurs reprises, en mars, août et septembre 2017, à des visites médicales tendant à apprécier si le service aménagé dont il bénéficiait était encore nécessaire, convocations auxquelles il ne conteste pas ne pas avoir déféré, sans apporter aucun élément de nature à faire douter de l'impartialité des médecins chargés de l'examiner.

11. En troisième lieu, si le requérant fait valoir que seule son arme lui a été confisquée, alors que la procédure de désarmement prévoit le retrait de l'arme ainsi que des chargeurs, cette affirmation ne permet pas, en tout état de cause, de caractériser un agissement susceptible d'être caractérisé en harcèlement moral.

12. En quatrième lieu, le requérant fait valoir qu'il a dû poursuivre son service sur la voie publique alors qu'il n'était plus armé et ainsi placé, selon lui, dans une situation dangereuse. Il ne précise cependant pas quel type d'opération il aurait été amené à réaliser alors qu'il n'était plus autorisé à porter une arme, et affirme aussi, de manière contradictoire, qu'il a été affecté à un service procédural dédié à l'audition des témoins et des gardés à vue et à des tâches rédactionnelles à compter du retrait de son arme de service. Si M. B reproche aussi à sa hiérarchie cette modification de ces attributions, elle était cependant justifiée par le retrait de son arme de service.

13. En cinquième lieu, le requérant, qui avait présenté le 9 décembre 2016, dans le cadre de la formation continue, sa candidature à une formation à la qualification d'officier de police judiciaire, fait valoir que sa candidature n'a pas été retenue. Il résulte cependant des explications apportées en première instance par le préfet de la Martinique que le rejet de sa candidature était justifiée par le nombre limité de places, corrélé aux besoins recensés au niveau départemental, et le requérant n'apporte aucun élément de nature à présumer que le rejet de sa candidature aurait été décidé en représailles à ses courriers dénonçant ses conditions de travail. Puis, si M. B soutient avoir été empêché de participer à des concours de la fonction publique, il n'apporte aucun élément de nature à étayer cette allégation et ne conteste pas avoir été convoqué, en 2017, aux épreuves d'admissibilité des concours internes d'officier de police et de commissaire de police et du concours de l'Institut régional d'administration de Lille.

14. En sixième lieu, contrairement à ce que soutient M. B, le rapport de la délégation de l'IGPN de Fort-de-France du 20 juin 2017 préconisant l'infliction d'un blâme pour avoir adressé le 11 janvier 2017 à sa hiérarchie un rapport rédigé dans des termes discourtois et irrévérencieux, d'une part, ne comporte pas de termes humiliants, d'autre part, ne conclut nullement à son inaptitude à l'exercice de la profession de gardien de la paix. Il ne ressort au demeurant d'aucune pièce du dossier que l'intéressé aurait finalement fait l'objet d'une sanction.

15. Enfin, le requérant n'établit pas que l'administration aurait, comme il le prétend, refusé de lui communiquer son dossier médical.

16. Il résulte de ce qui précède que les éléments de fait soumis au juge par M. B ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. Par suite, et comme l'ont estimé les premiers juges, sa demande indemnitaire relative aux préjudices invoqués à raison d'un tel harcèlement et à un refus de protection fonctionnelle doit être rejetée.

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat à raison de la méconnaissance de l'obligation de protection et de prévention du risque psychosocial :

17. Aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail ; 2° Des actions d'information et de formation ; 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. " Aux termes de l'article L. 4121-2 du même code : " L'employeur met en œuvre les mesures prévues à l'article L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention suivants : 1° Eviter les risques ; 2° Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3° Combattre les risques à la source () ". Ces dispositions sont applicables à la fonction publique en vertu de l'article 3 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail.

18. Eu égard à ce qui a été dit, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait manqué à son obligation d'adopter les mesures nécessaires pour protéger la santé de M. B. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité de l'Etat serait engagée à raison d'une méconnaissance des dispositions précitées.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande. Ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 de code de justice administrative ne peuvent, par suite, être accueillies. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de le condamner à verser à l'Etat la somme que celui-ci demande au titre des mêmes frais.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'Etat au titre des frais d'instance sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Didier Artus, président,

Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy, présidente-assesseure,

Mme Agnès Bourjol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 octobre 2022.

La rapporteure,

Marie-Pierre Beuve A

Le président,

Didier Artus

Le greffier,

Anthony Fernandez

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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