mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX03775 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre bis (formation à 3) |
| Avocat requérant | PIGEANNE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision du 30 juillet 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire de Bordeaux a refusé de lui verser l'indemnité d'engagement de service public exclusif et d'enjoindre au centre hospitalier de lui verser l'indemnité à compter du 1er novembre 2016.
Par un jugement n° 1903927 du 5 novembre 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande de Mme A.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2020, Mme A, représentée par Me Pigeanne, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 5 novembre 2020 du tribunal administratif de Bordeaux;
2°) d'annuler la décision du 30 juillet 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire de Bordeaux a refusé de lui verser l'indemnité d'engagement de service public exclusif ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Bordeaux de lui verser l'indemnité en cause à compter du 1er novembre 2016, dans un délai de quatre mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'interprétation de l'expression " en établissement public de santé " employée par les articles R. 6152-514 et R. 6152-514-1 du code de la santé publique ne doit pas être littérale et géographique, mais organique, conformément à l'objectif poursuivi par les textes applicables qui visent à récompenser les médecins fonctionnaires ayant renoncé à exercer dans le secteur privé ;
- si elle travaille également au sein de l'Institut Bergonié, celui-ci n'a aucun pouvoir hiérarchique sur elle, seul le centre hospitalier universitaire de Bordeaux pouvant l'exercer ; elle n'a aucun lien contractuel ni aucun engagement avec l'Institut ; elle est rémunérée exclusivement par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux ; elle n'exerce dans l'Institut Bergonié que pour le compte du centre hospitalier universitaire de Bordeaux en application d'un contrat d'engagement de service public que ce dernier a conclu avec un auxiliaire privé ; l'effet relatif de cette convention ne saurait avoir des conséquences juridiques à l'égard d'un tiers comme elle ;
- elle poursuit l'activité de service public et les missions d'intérêt général que lui a confiées le centre hospitalier, peu important le lieu d'exécution de celles-ci ; elle doit donc être considérée comme exerçant à temps plein pour le compte d'un établissement public, la circonstance que celui-ci ait décidé de la mettre partiellement à disposition d'un établissement privé étant inopérante pour contester le lien organique et fonctionnel qu'elle a avec l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2021, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par Me Bernadou, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B D,
- les conclusions de M. Axel Basset, rapporteur public,
- et les observations de Me Franceries pour le centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat signé le 31 octobre 2016, Mme A a été recrutée, à compter du 1er novembre 2016, par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux en qualité d'assistante spécialiste des hôpitaux afin d'occuper des fonctions de médecin anesthésiste au sein du pôle d'anesthésie-réanimation. Mme A relève appel du jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 5 novembre 2020 qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 30 juillet 2019 par laquelle le directeur du CHU de Bordeaux a refusé de lui accorder l'indemnité d'engagement de service public exclusif.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 6134-1 du code de la santé publique : " Dans le cadre des missions qui leur sont imparties et dans les conditions définies par voie réglementaire, les établissements de santé publics () peuvent participer à des actions de coopération, y compris internationales, avec des personnes de droit public et privé ". Aux termes de l'article R. 6152-501 du même code : " Les médecins () peuvent être recrutés en qualité d'assistant des hôpitaux dans les conditions définies par la présente section : / 1° Dans les établissements publics de santé () Ils peuvent exercer leur activité dans plusieurs établissements, () pour favoriser les actions de coopération mentionnées à l'article L. 6134-1. Dans ce cas, une convention passée entre les établissements, avec l'accord du praticien concerné () détermine les modalités de répartition de l'activité de l'assistant et la fraction des émoluments, indemnités () supportées par chacun des établissements. () ".
3. En application de ces dispositions, le CHU de Bordeaux a, le 6 octobre 2016, signé avec l'Institut Bergonié, établissement privé de santé, une " convention d'activité partagée ". Cette convention prévoit la mise à disposition du Dr A auprès du département d'anesthésie-réanimation de l'Institut Bergonié pour une durée de deux ans, à compter du 2 novembre 2016, et à hauteur de cinq demi-journées par semaine.
4. Aux termes de l'article R. 6152-514 du code de la santé publique : " Les assistants perçoivent après service fait : / () / 2° Des indemnités et allocations dont l'objet et le régime sont fixés par décret ". Aux termes de l'article D. 6152-514-1 du même code : " Les indemnités et allocations mentionnées au 2° de l'article R. 6152-514 sont : () / 4° Une indemnité d'engagement de service public exclusif versée aux assistants des hôpitaux qui s'engagent, pendant la durée de leurs fonctions en qualité d'assistant des hôpitaux, à exercer à temps plein en établissement public de santé ou en établissement public pour personnes âgées dépendantes. () ".
5. Il résulte clairement de ces dispositions que, pour pouvoir prétendre au versement de l'indemnité d'engagement de service public exclusif, l'agent doit accomplir la totalité de son temps de travail dans un établissement public de santé ou bien dans un établissement public pour personnes âgées dépendantes.
6. Il est constant que Mme A a exercé une partie de ses fonctions au sein de l'Institut Bergonié pendant deux ans à compter de novembre 2016 et à raison de cinq demi-journées par semaine. Eu égard au statut juridique de l'Institut Bergonié, qui est un établissement de santé soumis au droit privé, Mme A ne remplit pas la condition, prévue au 4° précité de l'article R. 6152-514-1 du code de la santé publique, relative à l'exercice des fonctions à temps plein dans un établissement public de santé ou un établissement public pour personnes âgées dépendantes. Il importe peu, à cet égard, que l'Institut Bergonié, en tant qu'il participe à la lutte contre le cancer, assume à ce titre une mission de service public.
7. Par ailleurs, si Mme A a exercé ses fonctions au sein de l'Institut Bergonié sur le fondement d'une convention de mise à disposition conclue entre cet établissement et le CHU de Bordeaux à laquelle elle n'était pas partie, cette circonstance est, par elle-même, sans incidence sur le fait qu'elle n'exerce pas à temps plein dans un établissement public de santé et qu'elle ne peut ainsi prétendre au versement de l'indemnité en litige. Au demeurant, les dispositions de l'article R. 6152-501 du code de la santé publique, citées au point 2 ci-dessus, prévoient que la convention de mise à disposition ne peut être conclue sans l'accord du médecin concerné.
8. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges ont considéré que le directeur du CHU de Bordeaux avait pu légalement refuser à Mme A le bénéfice de l'indemnité d'engagement de service public exclusif.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A étant rejetées, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent être accueillies.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du CHU de Bordeaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme A sur ce fondement. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de cette dernière la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le CHU de Bordeaux et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête n° 20BX03775 de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera au CHU de Bordeaux la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A et au centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Frédéric Faïck, président,
Mme Florence Rey-Gabriac, première conseillère,
Mme Pauline Reynaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
Florence D
Le président,
Frédéric Faïck
La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au ministre de la transformation et de la fonction publiques en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890
La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.
01/07/2026