mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX03868 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | FIDAL ANGOULEME |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé au tribunal administratif de Poitiers de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013.
Par un jugement n° 1900706 du 29 septembre 2020, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 novembre 2020 et 23 juillet 2021, M. A, représenté par Me Vêtu, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le jugement n° 1900706 du tribunal administratif de Poitiers du 29 septembre 2020 ;
2°) de prononcer la décharge, en droits, pénalités et majorations, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2013 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- contrairement à ce qu'a estimé le service, au titre de l'année d'imposition en litige, il ne disposait pas, dans les faits, de la qualité de maître de l'affaire de la société Energie Relais dont il était le dirigeant, eu égard à son état de faiblesse ;
- la somme que lui a reversé M. D s'élève à 15 000 euros et non à 9 500 euros ;
- s'agissant de la somme restante, 52 000 euros ont été utilisés pour dédommager un client de la société Energie Relais, M. E, dirigeant de la société CFCDCI en Côte d'Ivoire, qui a également été victime des agissements de M. D ; aucune somme versée par M. D n'a été utilisée pour un usage personnel mais pour les besoins de l'activité de la société ; une somme comprise entre 2 000 euros et 5 000 euros a ainsi été versée en espèces à titre de cadeau à des clients afin de faciliter la réalisation d'affaires ; d'autres sommes ont été versées à des clients afin de faciliter la réalisation d'affaires.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mai 2021 et le 7 octobre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les conclusions à fin de décharge ne sont recevables qu'en ce qu'elles concernent les impositions supplémentaires, en droits, mises à la charge de M. A et que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B F,
- les conclusions de Mme Cécile Cabanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Vêtu, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. La société Energie Relais, dont M. A était le gérant, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service a remis en cause la déduction en charge d'une facture de 99 500 euros émise, au titre de l'année 2013, par la société YLN Business et comptabilisée en " commissions ", dont le caractère professionnel n'a pas été établi. Pour l'imposition des revenus personnels de M. A, l'administration en a déduit que ce dernier, en sa qualité de maître de l'affaire, devait être regardé comme le bénéficiaire de rémunérations et d'avantages occultes au sens du c de l'article 111 du code général des impôts. M. A relève appel du jugement du 29 septembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a, en conséquence, été assujetti au titre de l'année 2013.
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes ". En cas de refus des propositions de rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. L'administration est réputée apporter la preuve que des distributions occultes ont été appréhendées par la personne qui est, dans la société dont des revenus ont été regardés comme distribués, le maître de l'affaire.
3. D'une part, il résulte de l'instruction que, lors des opérations de contrôle opérées par le service à l'endroit de la société Energie Relais, M. A a reconnu qu'au cours de l'année 2013, il avait convenu avec M. D, dirigeant de la société YLN Business, d'établir au nom de la société Energie Relais une facture fictive d'un montant de 99 500 euros dont une partie serait conservée par M. D à titre de " ticket d'entrée dans la société " et dont le solde, à hauteur de 90 000 euros, serait restitué en espèces à M. A pour pallier ses difficultés financières. Il ressort des termes d'un procès-verbal d'audition du 31 janvier 2014, versé au dossier par l'appelant, que, dans le cadre d'une plainte déposée à l'encontre de M. D, M. A a relaté ces mêmes faits devant les services de la gendarmerie nationale. Si l'intéressé, qui ne conteste pas le caractère fictif de la facture établie par la société YLN Business, soutient que la somme conservée par M. D s'élève à 15 000 euros et non à 9 500 euros, il ne produit aucun élément de nature à infirmer le montant dont il a personnellement bénéficié au titre de cette opération, tel qu'il l'a reconnu tant devant l'administration fiscale que devant l'officier de police judiciaire. Dès lors, sans qu'il soit nécessaire d'établir sa qualité de maitre de l'affaire et sans que le requérant ne puisse, par suite, utilement la contester, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que M. A a effectivement disposé de la somme en cause.
4. D'autre part, M. A soutient qu'à hauteur de 52 000 euros, il a reversé cette somme à titre de dédommagement à un client de la société Energie Relais, M. E, également victime des agissements de M. D et que le surplus a été versé en espèces à d'autres clients de la société afin de faciliter la réalisation d'affaires. Toutefois, il ressort des déclarations convergentes sur ce point de M. A et de M. D au cours de l'enquête judiciaire menée à l'encontre de ce dernier que la somme de 52 000 euros correspond au montant versé par M. E, à titre privé, pour l'acquisition d'un véhicule et est sans lien avec l'activité de la société Energie Relais. Par ailleurs, le requérant ne verse au dossier aucune pièce de nature à établir la réalité et le montant des sommes qu'il aurait versées en espèces, au nom de la société Energie Relais, à d'autres clients. Enfin, il n'est pas contesté qu'aucune des sommes prétendument versées par M. A pour les besoins de l'activité de la société qu'il dirigeait n'a été comptabilisée dans les écritures de la société. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a imposé la totalité de la somme dont s'agit dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-ouest.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Evelyne Balzamo, présidente,
Mme Bénédicte Martin, présidente-assesseure,
M. Michaël Kauffmann, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
Michaël F La présidente,
Evelyne Balzamo
Le greffier,
Christophe Pelletier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026