jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-20BX04025 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | DIROU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C D a demandé au tribunal administratif de Bordeaux de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux à lui verser la somme de 13 510,57 euros en réparation du préjudice subi du fait de sa réintégration tardive.
Par un jugement n° 1803766 du 8 octobre 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2020, M. D, représenté par Me Dirou, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 8 octobre 2020 ;
2°) de condamner le CHU de Bordeaux à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge du CHU de Bordeaux la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le centre hospitalier n'a pas anticipé son retour de formation le 14 avril 2017 malgré les démarches qu'il avait entreprises ; eu égard à la taille de cet établissement, il ne devait y avoir aucune difficulté pour lui proposer un poste ; les restrictions tenant à son état de santé n'ont jamais posé difficulté ; contrairement à ce qu'ont estimé les premiers juges, il n'a pas bénéficié de propositions d'emploi ;
- la même carence a eu lieu à l'issue de son arrêt maladie en janvier 2018, alors même que le comité médical départemental préconisait, le 1er mars 2018, une reprise à temps complet dès que possible ;
- ces deux carences successives, l'ayant laissé sans emploi pendant deux périodes de deux mois chacune, sont fautives et lui ont occasionné un préjudice moral.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2021, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par la SELARL Ripert, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il a fait preuve de diligences en recherchant une affectation dès le 28 mars 2017, mais l'état de santé et les restrictions médicales de l'intéressé qui a, en outre, refusé certains postes, ont limité les possibilités de réintégration effective ; le délai de deux mois dans l'attente d'une affectation n'est pas fautif ; aucune demande d'imputabilité au service du syndrome dépressif n'a été présentée ;
- postérieurement à l'arrêt maladie de M. D, ce n'est qu'après l'avis du comité médical que l'administration a pu envisager une reprise effective ;
- M. D n'établit pas la réalité de son préjudice moral du fait de l'absence d'affectation ;
- les arrêts maladie de l'intéressé sont sans lien avec ses fonctions ;
- en présence d'avis discordants entre le médecin traitant et le médecin agréé sur la reprise du travail en 2018, l'administration était tenue de saisir le comité médical ; durant cette période, l'intéressé a été placé en congé de maladie ordinaire à demi-traitement, ce qu'il n'a pas contesté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2008-824 du 21 août 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A,
- les conclusions de Mme Kolia Gallier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dirou, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, aide-soignant au centre hospitalier universitaire de Bordeaux depuis le 3 juin 1996, a obtenu un congé de formation professionnelle en vue de préparer, du 27 juin 2016 au 16 avril 2017, un titre professionnel d'électricien en automatisme du bâtiment. Lors de sa réintégration, il n'a reçu une affectation, sur un poste de référent logistique au sein du service de chirurgie, que le 24 avril 2018, après avoir été placé en congé de maladie du 12 juin 2017 au 8 janvier 2018. Estimant que le CHU avait manqué de diligence pour procéder à sa réintégration effective non seulement à la fin de sa formation, mais également à son retour de congé de maladie, il a sollicité l'indemnisation du préjudice subi. Par le jugement du 8 octobre 2020 dont M. D relève appel, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 6° Au congé de formation professionnelle () ". Et aux termes de l'article 36 du décret du 21 août 2008 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " L'agent qui a bénéficié d'un congé de formation professionnelle reprend dans son établissement d'origine, au terme de son congé, un emploi correspondant à son grade () ".
3. Sous réserve de dispositions statutaires particulières, tout fonctionnaire en activité tient de son statut le droit de recevoir, dans un délai raisonnable, une affectation correspondant à son grade.
4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que M. D a eu un premier entretien avec le service des ressources humaines du CHU le 22 mars 2017 afin de préparer sa réintégration prévue le 17 avril suivant. En l'absence de poste disponible dans le service de réanimation où il était affecté avant son congé de formation professionnelle, la direction des ressources humaines a sollicité d'autres services afin de trouver un poste à lui proposer et l'a à nouveau rencontré les 19 avril et 9 juin 2017. La recherche de postes, qui a été compliquée par les restrictions médicales à l'emploi de M. D, dont celle de ne pas être en contact avec les patients, et par certains refus opposés par l'intéressé, notamment pour le poste de logisticien au service de l'unité de dialyse, n'a pu aboutir avant le congé maladie de M. D qui a débuté le 12 juin 2017 pour s'achever le 8 janvier 2018.
5. Il résulte de l'instruction, d'autre part, que M. D a sollicité une reprise du travail à temps partiel pour raison médicale pour une durée de six mois à compter du 9 janvier 2018, ce qui a été refusé par le médecin agréé, consulté le 9 février 2018, qui a estimé que l'intéressé était apte à une reprise à temps plein, sous réserve d'une adaptation du poste pour ne pas avoir d'activité de soins. En raison de ces avis discordants entre médecin traitant et médecin agréé sur le temps partiel pour raison thérapeutique, le comité médical a été saisi, conformément à l'article 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, et a estimé, le 1er mars 2018, que la reprise devait se faire à temps complet dès que possible. Après que son affectation dans le service de stérilisation ou aux services techniques ait été écartée en janvier et en février 2018 en raison, pour la première, de responsabilités moindres qu'attendues et, pour la seconde, d'une inadéquation des compétences, le poste de référent logistique au sein du service de chirurgie qu'il va finalement occuper lui a été présenté lors d'un entretien le 9 avril 2018.
6. Dans ces conditions, que ce soit au retour de M. D de son congé de formation professionnelle ou lors de la fin de son congé maladie, le CHU de Bordeaux a accompli toutes les diligences pour lui trouver, dans un délai raisonnable, une affectation correspondant à son grade. Dans l'attente, l'intéressé a bénéficié de son plein traitement durant la première période et d'un demi-traitement du fait de la prolongation de son congé de maladie ordinaire à compter du 12 décembre 2017 pour la seconde période. M. D n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'en ne l'affectant sur un poste que le 24 avril 2018, le CHU de Bordeaux aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
7. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande indemnitaire.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Bordeaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. D la somme demandée par le CHU de Bordeaux au même titre.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CHU de Bordeaux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C D et au centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Catherine Girault, présidente,
Mme Anne Meyer, présidente assesseure,
M. Olivier Cotte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
Olivier A
La présidente,
Catherine Girault
La greffière,
Virginie Guillout
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026