LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX00247

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX00247

jeudi 29 février 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX00247
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation2ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantALBINA-COLLIDOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de la Guadeloupe d'annuler l'arrêté du 7 mars 2019 par lequel la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre a fixé sa prime de technicité à 22,50 % de son traitement indiciaire brut mensuel.

Par un jugement n° 1900467 du 24 novembre 2020, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé la décision du 7 mars 2019 et enjoint à la directrice du centre hospitalier de réexaminer le taux de la prime de technicité de Mme B.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2021, le centre hospitalier de la

Basse-Terre, représenté par Me Albina Collidor, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 24 novembre 2020 ;

2°) de rejeter la demande de Mme B ;

3°) de mettre à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le taux de la prime de technicité de Mme B a été réduit en raison de son comportement, du fait qu'elle ne s'inscrit pas dans un schéma de fonctionnement institutionnel, qu'elle ne tient pas compte des remarques et qu'elle n'assure pas toutes les missions attendues d'un ingénieur biomédical ; il a en effet été tenu compte du retard pris dans l'élaboration du plan d'équipement biomédical et du manque d'échange avec l'équipe ; la circonstance qu'elle est sans équipe depuis juillet 2014 ne peut justifier ces insuffisances, qui lui ont été signalées lors d'entretiens des 15 février et 7 mars 2019, d'autant qu'elle a correctement rempli ses missions jusqu'en 2018 ; elle ne rend pas compte de ses actions et de l'avancée de ses dossiers à la direction, elle ne s'implique pas totalement dans l'élaboration du plan d'équipement, elle diffuse des informations sans communication et sans validation préalable de sa hiérarchie, et la direction n'a aucune visibilité sur l'organisation de son travail ; plusieurs anomalies ont été relevées dans la planification des investissements et de la maintenance, ainsi que dans leur suivi administratif et financier ; elle ne communique que par voie électronique et souvent avec beaucoup de retard ; elle ne fait aucun retour à sa hiérarchie s'agissant de l'organisation et du suivi opérationnel des activités et des projets, et les avis qui lui sont demandés en qualité d'ingénieur biomédical ne permettent pas une prise de décision éclairée ;

- dès lors qu'elle ne remplit pas les missions qui incombent à un ingénieur hospitalier, c'est en vain qu'elle soutient être victime de harcèlement moral et d'une sanction disciplinaire déguisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2021, Mme B, représentée par Me Plumasseau, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le taux de sa prime de technicité a été réduit de moitié entre février et mars 2019 et est désormais inférieur à celui qui lui avait été attribué lors de son recrutement ; cette brutale dégradation, alors que ses notations et évaluations demeurent excellentes treize ans après son recrutement, révèlent une sanction disciplinaire déguisée ; certaines insuffisances qui lui sont reprochées portent sur des missions qui ne lui incombaient pas, du fait notamment de la division du service en deux entités autonomes, " investissement " et " atelier biomédical " ; elle ne peut se voir reprocher d'avoir accompli ses missions de manière imparfaite alors qu'elle est dépourvue d'équipe depuis juillet 2014 ;

- comme l'a jugé le tribunal, cette décision n'est pas fondée ; ses missions ont été définies, à compter de juillet 2014, à partir de la fiche métier " spécialiste en ingénierie biomédicale " et non sur celle de " responsable d'unité biomédicale " ; l'entretien du

7 février 2019, lors duquel la directrice lui a appris qu'elle devait quitter l'établissement dès lors qu'elle ne gérait pas l'atelier biomédical et que sa spécialisation dans les achats médicaux ne permettait pas de l'occuper à temps plein, ne lui a pas permis d'expliquer que le périmètre de ses missions actuelles ne relevaient pas de sa volonté mais d'une décision de la directrice précédente ; la prétendue absence de planification des activités n'est qu'un prétexte, dès lors qu'elle a toujours rendu compte de son activité, qu'elle a renforcé cette tâche au cours des réunions hebdomadaires de l'équipe de la direction adjointe après que cela lui a été demandé lors de son entretien de notation de 2018, et que la fonction d'ingénieur hospitalier suppose une certaine autonomie dans l'organisation des tâches à accomplir ; sa préférence pour la communication par courriel s'explique par la volonté de conserver une trace des échanges ; le reproche d'un suivi incomplet de l'investissement occulte le fait qu'elle n'est qu'un maillon dans une chaîne d'acteurs (médecins, sous-commission d'établissement du plan médical) et elle ne peut être désignée responsable de l'ensemble des dysfonctionnements organisationnels ; contrairement à ce qui est soutenu par le centre hospitalier, la participation de la directrice adjointe à la sous-commission d'investissement biomédical est prévue par le règlement intérieur de celle-ci ; jusqu'en février 2018, il ne lui avait jamais été demandé, au cours de sa carrière, de faire valider par sa hiérarchie ses supports de présentation des missions qu'elle exerce en propre, et la décision de l'écarter de toutes les réunions à venir sur la filière d'achat mutualisé entre tous les établissements de la Guadeloupe constitue une mise au placard ; le reproche de ne pas permettre à ses supérieurs de contrôler son travail, qui n'a plus été formulé en 2019 et 2020, est infondé, elle a toujours respecté le volume de travail réglementé, et conteste les prétendus retards fréquents qui lui sont imputés et qui révèlent une volonté de nuire ; du fait de la scission opérée en 2014, l'activité d'ingénierie médicale ne peut être assurée par aucun autre agent biomédical et inversement, elle ne peut assurer la continuité du service " atelier biomédical " ; le refus d'accueillir des stagiaires, postérieur à la décision en litige, s'explique par l'augmentation de sa charge de travail résultant de sa nouvelle mission de gestion de la maintenance, alors qu'entre 2005 et 2018, elle en a accueilli régulièrement ; on ne saurait lui reprocher d'avoir alerté sur la nécessité de renouvellement d'un scanner en fournissant une estimation actualisée de son coût d'acquisition afin de pallier un dysfonctionnement du service achat, ni de ne pas avoir préparé l'argumentaire, cette tâche relevant de la responsabilité des médecins ; elle a régulièrement transmis les éléments financiers, et ses techniques d'achat ont permis que le compte d'investissement biomédical soit excédentaire entre 2015 et 2020 ; il est faux de prétendre qu'elle refusait de communiquer autrement que par courriels, et la demande d'enregistrement des échanges ne concernait que ses entretiens avec la direction ; s'il lui arrivait de mettre du temps à répondre à un courriel, cela s'explique par sa surcharge de travail ; elle a régulièrement assuré un retour sur le suivi opérationnel, en rédigeant les comptes-rendus des réunions du service biomédical, les retours à la hiérarchie et en assurant son rôle de conseil pour les achats, ce qui a permis d'importantes économies ;

- la décision est signée par une autorité incompétente faute de délégation régulière ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de saisine préalable du comité technique d'établissement conformément à l'article R. 6144-40 du code de la santé publique ; la décision n'a pas davantage respecté le principe du contradictoire tel que garanti par les articles L. 121-2 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, puisque l'arrêté a été pris après un entretien professionnel lors duquel la prime de technicité n'a pas été évoquée ;

- elle traduit un abus de pouvoir puisque les reproches qui lui ont été faits lors des entretiens des 15 février et 7 mars 2019, où son départ a été suggéré, ne reposent sur aucun élément factuel ; elle a toujours été bien notée, et l'unité " ingénierie médicale " a atteint ses objectifs malgré une baisse des moyens alloués ; elle perçoit également depuis 2007 le montant maximum de la prime de technicité ; elle est victime de harcèlement moral depuis 2013 et l'arrivée d'une nouvelle directrice générale ; on lui a imputé un incident technique survenu en septembre 2017 et ayant entraîné la perte des données des patients, alors que cet incident était dû à l'inertie de l'atelier qui n'avait pas effectué les réparations nécessaires ; l'abaissement significatif de sa prime, le jour même où prend effet la réunion des deux entités du service sous sa direction, ce qui accroît considérablement sa charge de travail, traduit un climat pour la pousser à la faute ; elle est victime de discrimination puisqu'aucun abaissement de même ampleur de la prime de technicité des membres de l'atelier biomédical n'a eu lieu, alors qu'ils sont à l'origine des dysfonctionnements ;

- depuis cette décision, le centre hospitalier tente de ternir sa réputation et de l'évincer de la fonction publique hospitalière, comme l'illustrent sa suspension à titre conservatoire le 9 octobre 2020, suspendue par le juge des référés du tribunal administratif de la Guadeloupe, et le blâme qui lui a été infligé le 19 mars 2021, alors même que le conseil de discipline n'avait proposé qu'un avertissement ; le centre hospitalier n'a toujours pas exécuté le jugement attaqué, et depuis sa réintégration, elle n'est affectée qu'à des tâches subalternes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 90-693 du 1er août 1990 ;

- le décret n° 91-868 du 5 septembre 1991 ;

- le décret n° 91-870 du 5 septembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Olivier Cotte,

- les conclusions de Mme Charlotte Isoard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée par le centre hospitalier de la Basse-Terre en qualité d'ingénieur hospitalier subdivisionnaire le 15 avril 2005. Elle a accédé au grade d'ingénieur hospitalier principal en 2008. Par arrêté du 7 mars 2019, la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre a fixé le taux de sa prime de technicité à 22,5 % de son traitement mensuel brut indiciaire à compter du 1er mars 2019. Par un jugement du 24 novembre 2020, le tribunal administratif de la Guadeloupe, saisi par Mme B, a annulé cet arrêté et enjoint à la directrice du centre hospitalier de réexaminer le taux de la prime de technicité attribué à l'intéressée. Le centre hospitalier de la Basse-Terre relève appel de ce jugement.

2. Aux termes de l'article 2 du décret du 5 septembre 1991 portant statut particulier des ingénieurs de la fonction publique hospitalière : " I. - Les ingénieurs hospitaliers exercent leurs fonctions selon leur spécialité dans les domaines de l'ingénierie, de l'architecture, de l'appareillage biomédical, de l'informatique ou dans tout autre domaine à caractère technique et scientifique entrant dans les missions des établissements mentionnés à l'article 1er. / Dans les domaines de leur compétence, ils coordonnent les activités qui concourent à la réalisation des objectifs arrêtés par le directeur de l'établissement (). / A ce titre, ils réalisent les études préalables et mettent au point les projets, élaborent et gèrent les programmes dont ils conduisent la réalisation, participent au choix, à l'installation et à la mise en œuvre des équipements, assurent la maintenance des matériels et l'entretien des bâtiments. Ils conseillent les agents qui utilisent les matériels et équipements, y compris médicaux. / Ils dirigent les personnels placés sous leur autorité et assurent leur formation technique. / Les ingénieurs de la fonction publique hospitalière peuvent, en outre, sous réserve des nécessités de service, participer : a) A des missions pour le compte d'autres établissements mentionnés à l'article 1er ci-dessus, dans le cadre de conventions passées entre établissements ; b) A des enseignements de formation initiale ou de formation continue ; c) A des actions de recherche. () ".

3. Aux termes de l'article 1er du décret du 5 septembre 1991 relatif à l'attribution d'une prime de technicité aux ingénieurs hospitaliers : " Les ingénieurs hospitaliers titulaires ou stagiaires bénéficient d'une prime de technicité payable mensuellement à terme échu ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le montant mensuel de la prime de technicité est arrêté par l'autorité investie du pouvoir de nomination, en fonction de la valeur professionnelle du bénéficiaire. / Il est fixé dans la limite de 45 p. 100 du traitement mensuel brut indiciaire du bénéficiaire, sans toutefois que ce montant puisse être inférieur au montant mensuel de l'indemnité de sujétion spéciale arrêté dans les conditions prévues aux articles 2 et 3 du décret du 1er août 1990 susvisé. () ". Le montant mensuel de cette indemnité a été fixé, par l'article 2 du décret du 1er août 1990, aux 13/1 900 de la somme du traitement budgétaire brut annuel et de l'indemnité de résidence servis aux agents bénéficiaires. Pour l'application de ces dispositions, la valeur professionnelle d'un agent s'apprécie en tenant compte notamment de la nature des fonctions qui lui sont confiées, des sujétions qu'elles comportent et de la technicité qu'elles exigent.

4. Il ressort des pièces du dossier que la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre a décidé de réduire le montant de la prime de technicité de Mme B au motif que cette dernière n'assurait pas les missions attendues d'un ingénieur biomédical, qu'elle ne s'inscrivait pas dans un schéma de fonctionnement institutionnel et qu'elle ne tenait pas compte des remarques qui lui étaient faites. Elle lui reprochait notamment de ne pas rendre compte de ses actions et de l'avancée de ses dossiers, ni de l'organisation de son travail, de ne pas avoir mené à terme le plan d'équipement biomédical, de ne pas faire valider par sa hiérarchie les informations qu'elle diffuse et d'être défaillante dans ses missions de planification des investissements et de la maintenance et de suivi financier et administratif de ces deux domaines, dans la communication avec ses collègues et sa hiérarchie, et dans le conseil aux décideurs.

5. Les pièces produites établissent que Mme B refusait, depuis des années, de travailler avec ses collègues de l'atelier biomédical au prétexte qu'ils feraient tout pour la mettre en difficulté, ce qui a justifié la décision prise par la direction en juillet 2014 de séparer l'ingénierie biomédicale, confiée à Mme B, de l'atelier de maintenance. Toutefois, cette séparation, qui pose des difficultés organisationnelles et qui a été regardée comme l'une des causes de l'incident survenu en septembre 2017 dans le service de cardiologie, entraînant la perte de données de patients, est à l'origine de la décision de la nouvelle direction de regrouper les deux services, sous la supervision de Mme B, ce qui a été réalisé le

7 mars 2019, jour où a été pris l'arrêté en litige. Si l'intéressée a mal vécu sa mise en cause dans l'incident de septembre 2017, qu'elle estimait lié à un problème de maintenance, et a par la suite adopté une attitude défensive vis-à-vis de la direction du centre hospitalier, faisant part de son incompréhension sur les procédures et décisions adoptées, il ressort également des pièces du dossier que Mme B a toujours bénéficié d'excellentes évaluations et de notes en constante progression avec 19,50 sur 25 en 2012, 19,75 en 2013, 20 en 2014, 20,50 en 2015, 21 en 2016, 21,25 en 2017 et 21,50 en 2018, alors que la moyenne de son grade était de 20,50 en 2017. L'appréciation portée lors de sa dernière évaluation réalisée en août 2018 relève que : " Mme B exerce ses fonctions avec efficacité et fiabilité. Elle entretient de bonnes relations avec les prescripteurs qui reconnaissent sa compétence. Elle fait preuve d'une bonne réactivité et d'une grande rigueur ". S'il est également relevé, au titre des points d'amélioration, un langage très technique à rendre plus accessible aux non-techniciens (" effort de vulgarisation ") et des retours réguliers à faire auprès de sa hiérarchie pour le suivi des dossiers et, au titre des objectifs pour 2019, notamment la poursuite des efforts d'amélioration des relations avec l'atelier biomédical et du travail en équipe entre cadres de la direction des ressources matérielles (DRM), ces éléments ne sont pas suffisants pour remettre en cause l'appréciation positive portée sur la valeur professionnelle de l'agent. Dans ces conditions, et alors que les autres reproches formulés par le centre hospitalier, notamment sur le fait qu'elle ne remplirait pas ses missions d'ingénieur médical, ne sont pas sérieusement étayés par les pièces produites, la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre, en abaissant de moitié le taux de sa prime de technicité, le faisant passer de 45 %, soit le taux maximal qui était attribué à Mme B depuis mai 2007, à 22,50 %, soit un taux inférieur à celui qui lui avait été reconnu lors de son recrutement, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de la Basse-Terre n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé l'arrêté du 7 mars 2019 et lui a enjoint de réexaminer le taux de la prime de technicité de Mme B.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de la Basse-Terre demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de la Basse-Terre une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au même titre.

DECIDE :

Article 1er : La requête du centre hospitalier de la Basse-Terre est rejetée.

Article 2 : Le centre hospitalier de la Basse-Terre versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au centre hospitalier de la Basse-Terre et à Mme A B.

Délibéré après l'audience du 6 février 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Catherine Girault, présidente,

Mme Anne Meyer, présidente assesseure,

M. Olivier Cotte, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 février 2024.

Le rapporteur,

Olivier Cotte

La présidente,

Catherine Girault

La greffière,

Virginie Guillout

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions