jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX00399 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre (formation à 5) |
| Avocat requérant | SEBBAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux, d'une part, d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2019 par lequel le président du conseil départemental de la Gironde l'a placé en congé de longue durée du 19 septembre 2018 au 31 août 2019 et, d'autre part, d'enjoindre à ce même président de prolonger son congé de longue durée
du 19 septembre 2018 au 19 septembre 2019, conformément à l'avis du comité départemental de réforme.
Par un jugement n° 1905552 du 15 décembre 2020, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande de M. C.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 2 février 2021, M. C, représenté par
Me Sebban, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 15 décembre 2020 du tribunal administratif de Bordeaux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2019 par lequel le président du conseil départemental de la Gironde l'a placé en congé de longue durée du 19 septembre 2018
au 31 août 2019 ;
3°) d'enjoindre à ce même président de prolonger son congé de longue durée
du 19 septembre 2018 au 19 septembre 2019, conformément à l'avis du comité départemental de réforme et ce, à plein traitement ;
4°) de mettre à la charge du département de la Gironde la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision devait être motivée, d'autant plus qu'elle est contraire à l'avis du comité départemental de réforme, qui s'était prononcé en faveur d'une durée de congé de longue maladie d'un an expirant au 19 septembre 2019 ; or sa motivation est insuffisante, notamment en fait ;
- elle est entachée d'erreur de droit, l'administration étant tenue, faute d'éléments objectifs contraires, de suivre l'avis du comité départemental, qu'elle n'a pas contesté ;
- dans ces conditions, la sanction disciplinaire de révocation ne pouvait s'appliquer à compter du 1er septembre 2019, car il aurait dû être encore placé en congé de longue maladie pendant 6 mois à plein traitement ;
- cette décision est le signe d'une discrimination à son encontre au sens de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983, en raison de son origine, de son handicap et de son appartenance syndicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2021, le département de la Gironde, représenté par Me Fillieux, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
-les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Isoard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fillieux, représentant le département de la Gironde.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, fonctionnaire territorial titulaire depuis avril 1997,
au grade d'adjoint technique territorial, a été radié des cadres, à titre disciplinaire, par arrêté
du 25 juillet 2019 du président du conseil départemental de la Gironde, avec effet à compter
du 1er septembre 2019. Le 21 août 2019, le comité médical départemental de la Gironde a émis un avis favorable à la prolongation du congé de longue durée du requérant pour une durée de
" 6 mois + 6 mois " à compter du 19 septembre 2018. Cependant, par un arrêté
du 19 septembre 2019, le président du conseil départemental de la Gironde l'a placé en congé de longue durée du 19 septembre 2018 au 31 août 2019. M. C relève appel du jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 15 décembre 2020 qui a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. C fait valoir que l'arrêté en litige est insuffisamment motivé sur les raisons qui ont conduit le président du conseil général de la Gironde à ne pas suivre l'avis du comité médical départemental quant à la prolongation de son congé de maladie.
3. Il ressort des pièces du dossier que, le 18 septembre 2018, M. C a fait une demande de placement en congé de longue durée. Le 21 août 2019, le comité médical a rendu un avis de prolongation de ce congé " pour une durée de 6 mois + 6 mois à compter
du 19 septembre 2018 ". Cependant, par un arrêté du 25 juillet 2019, le président du conseil départemental avait pris à son encontre une sanction de révocation, avec prise d'effet au
1er septembre 2019. Par l'arrêté attaqué du 19 septembre 2019, l'intéressé a été rétroactivement placé en congé de longue durée du 19 septembre 2018 au 31 août 2019, à demi-traitement.
4. Le refus d'un congé de longue durée est au nombre des décisions qui doivent être motivées, le respect des règles relatives au secret médical ne pouvant avoir pour effet d'exonérer l'autorité territoriale de l'obligation de motiver sa décision dans des conditions de nature à permettre le contrôle par le juge de sa légalité. En l'espèce, à supposer que l'arrêté attaqué puisse être regardé comme un refus partiel d'accorder la prolongation sollicitée du congé de longue durée, cet arrêté vise les textes applicables, cite la teneur intégrale de l'avis du comité départemental, puis précise qu'il est fondé sur la radiation des cadres de M. C à compter du 1er septembre 2019. Dans ces conditions, il est suffisamment motivé quant aux raisons qui ont conduit le président du conseil départemental à ne pas suivre l'avis du comité médical.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 :
" Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par () l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : () / b) L'octroi et le renouvellement des congés de longue maladie ou de longue durée ; () ".
6. L'avis émis le 21 août 2019 par le comité médical départemental de la Gironde en faveur d'une prolongation du congé de longue durée du requérant n'étant que consultatif, il ne liait pas l'autorité territoriale. Par suite, en ne suivant pas intégralement le sens de cet avis et alors même qu'il ne l'a pas contesté, le président du conseil départemental n'a pas commis d'erreur de droit.
7. En troisième lieu, la procédure disciplinaire et la procédure de mise en congé de maladie sont des procédures distinctes et indépendantes, et la circonstance qu'un agent serait placé en congé de maladie ne fait pas obstacle à l'exercice de l'action disciplinaire à son égard ni, le cas échéant, à l'entrée en vigueur d'une décision de sanction. En outre, l'attribution d'un congé ne peut être faite qu'au profit d'un agent en activité. Il est constant que, à la date à laquelle l'administration s'est prononcée sur la demande de congé de longue durée de l'année précédente, M. C avait été radié des cadres, la saisine de la commission de discipline de recours n'ayant pas de caractère suspensif. Dans ces conditions, l'autorité compétente ne pouvait qu'accorder le congé demandé, validé par le comité médical, dans la limite de la période d'activité de l'agent, soit comme elle l'a justement déterminé, jusqu'au 31 août 2019.
M. C ne peut utilement se prévaloir d'une illégalité de la décision
du 25 juillet 2019 prononçant sa révocation en tant qu'elle a fixé sa date d'effet
au 1er septembre pour contester la décision attaquée du 19 septembre, qui n'est prise ni pour l'application de la révocation, ni sur son fondement. Au demeurant, sa requête contre cette décision du 25 juillet 2019 est rejetée par un arrêt du même jour n° 21BX00398.
8. En quatrième lieu, si M C reprend dans les mêmes termes que dans sa requête n° 21BX00398 un moyen tiré d'une discrimination liée à son état de santé, à son engagement syndical en tant qu'élu CFDT, ainsi qu'à son origine, ce qui traduirait une rupture d'égalité dans le traitement des agents, de tels arguments, qui contestent en réalité la décision de révocation, ne permettent pas de retenir une illégalité de la décision du 19 septembre 2019, qui n'a pour objet que de faire droit à sa demande de congé de longue durée dans la limite de son appartenance aux effectifs du département. Dans ces conditions, ce moyen ne peut qu'être écarté.
9. Enfin, en se bornant à affirmer qu'aucune sanction disciplinaire ne pourrait être exécutée pendant un congé de longue durée, M. C ne critique pas utilement la décision du 19 septembre 2019 en tant qu'elle a prévu qu'il serait rémunéré à demi-traitement pendant le congé accordé. Ainsi, le requérant, qui n'a pas contesté les explications du département sur l'existence d'une précédente période de congé de longue durée ayant épuisé ses droits à plein traitement, n'est en tout état de cause pas fondé à demander à la cour de juger qu'il aurait droit à " rémunération intégrale " et que la demande qui lui a été adressée tendant au remboursement d'un trop-perçu de 3 559,84 euros serait infondée.
10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent arrêt rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. C. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil départemental de la Gironde, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A C et au département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Luc Derepas, président,
Mme Catherine Girault, présidente,
Mme Anne Meyer, présidente assesseure,
Mme Florence Rey-Gabriac, première conseillère,
M. Olivier Cotte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
Florence B
Le président,
Luc DerepasLe greffier,
Fabrice Benoit
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
21BX00399
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026