mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX00858 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | CABINET GARDACH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2019 par lequel le maire de Sare a délivré à Mme A B un permis de construire en vue de l'édification d'une maison à usage d'habitation sur un terrain situé au lieu-dit Xelkor.
Par un jugement n°1902493 du 19 janvier 2021, le tribunal administratif de Pau a fait droit à sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 26 février 2021, Mme B, représentée par Me Corbineau, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Pau du 19 janvier 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les sommes de 2 000 euros et 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'agissant, respectivement, des frais de première instance et des frais d'appel.
Elle soutient que :
- le projet de construction ne méconnaît pas les articles Al et A2 du plan local d'urbanisme de la commune de Sare ; elle justifie de la nécessité de faire construire une maison d'habitation à une centaine de mètres de son exploitation dès lors que son activité d'élevage nécessite une présence de jour comme de nuit, que la distance et le trajet de son habitation à l'exploitation sont importants et qu'il est impératif qu'elle ne réside plus avec ses enfants et petits-enfants.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2022, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 19 juin 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, les héritiers de Mme B, représentés par Me Moriceau, déclarent se désister du recours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Elisabeth Jayat,
- les conclusions de M. Stéphane Gueguein, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 juillet 2019, le maire de Sare a délivré un permis de construire à Mme A B pour une maison d'habitation, qui a été déféré par le préfet des Pyrénées-Atlantiques devant le tribunal administratif de Pau. Mme B, aujourd'hui décédée, a relevé appel du jugement du 19 janvier 2021 par lequel le tribunal a annulé cet arrêté du 3 juillet 2019.
2. Aux termes de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sare : " Occupations et utilisations du sol interdites. Les constructions, à destination de : - habitation, exceptée celle définie à l'article A2 () ". Aux termes de l'article A2 du même règlement : " Occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières. () Seules les constructions citées ci-après sont autorisées dans les conditions indiquées. - Dans l'ensemble de la zone () : - Les constructions à usage d'habitation nécessaires à l'activité agricole sous réserve de la nécessité justifiée par des impératifs de fonctionnement de l'exploitation ; () ".
3. Mme B exploitait une activité d'élevage ovin, de 170 animaux. Il est constant que les contraintes propres à cette activité, plus particulièrement durant les périodes d'agnelage et de production de lait qui nécessitent des interventions quotidiennes et une surveillance accrue des animaux en raison des risques de maladie, rendent nécessaire une présence de l'exploitant sur place. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si Mme B ne peut accéder directement à son exploitation depuis sa résidence, qui en est distante de 200 mètres à vol d'oiseau, il lui est possible, pour s'y rendre, d'emprunter en voiture deux trajets de moins d'un kilomètre, d'une durée de deux minutes. Dans ces conditions, son projet de réalisation d'une maison d'habitation ne peut être regardé comme nécessaire à la conduite de son exploitation, la circonstance que Mme B ne souhaitait plus résider avec ses enfants et petits-enfants étant à cet égard sans incidence.
4. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Pau a annulé l'arrêté du maire de Sare du 3 juillet 2019. Ses conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié aux héritiers de Mme A B et à la commune de Sare.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Elisabeth Jayat, présidente,
Mme Nathalie Gay, première conseillère,
Mme Héloïse Pruche-Maurin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La première assesseure,
Nathalie Gay
La présidente-rapporteure,
Elisabeth Jayat
La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026