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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX02781

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX02781

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX02781
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantALCYACONSEIL SOCIAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société Autoroutes du Sud de la France (ASF) a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler, d'une part, la décision du 28 mai 2018 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de la Corrèze a refusé d'autoriser le licenciement de M. A, ensemble la décision implicite du 28 octobre 2018 par laquelle la ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique, d'autre part, la décision du 27 décembre 2018 par laquelle la ministre du travail a expressément rejeté son recours hiérarchique contre la décision précitée de l'inspectrice du travail du 28 mai 2018.

Par un jugement n° 1801915, 1900121 du 20 mai 2021, le tribunal administratif de Limoges a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin et 27 septembre 2021, ce mémoire n'ayant pas été communiqué, la société Autoroutes du Sud de la France (ASF), représentée par Me Rousselin-Jaboulay, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Limoges du 20 mai 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 27 décembre 2018 par laquelle la ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique contre la décision du 28 mai 2018 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de la Corrèze a refusé d'autoriser le licenciement de M. A, ensemble cette décision ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de L. 761-1 du code de justice administrative.

La société ASF soutient que :

- le jugement attaqué est irrégulier dès lors que ni elle ni son conseil n'ont été destinataires d'une convocation à l'audience, conformément à l'article R. 711-2 du code de justice administrative, de sorte qu'ils n'ont pu y être présents ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées, en méconnaissance de l'article R. 2421-5 du code du travail et de la loi du 11 juillet 1979 ;

- elles ont été prises en méconnaissance du principe du contradictoire, l'inspectrice du travail et la ministre du travail ne l'ayant pas mise à même de prendre connaissance des arguments que M. A a fait valoir devant elles ;

- elles sont entachées d'une erreur de fait, l'inspectrice du travail et la ministre ayant estimé à tort que les faits reprochés à M. A n'étaient matériellement pas établis ;

- ces faits fautifs sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2021, M. G A, représenté par Me Niels et Me Ainé, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société ASF la somme de 2 500 euros au titre de L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par la société ASF ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2022, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.

Il s'en rapporte à ses écritures présentées en première instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de Mme Madelaigue, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société anonyme (SA) Autoroutes du Sud de la France (ASF) a, par courrier du 10 avril 2018, a demandé à l'inspectrice du travail l'autorisation de licencier pour motif disciplinaire M. A, salarié depuis le 23 octobre 2017, occupant, en dernier lieu, les fonctions d'ouvrier autoroutier qualifié 2ème catégorie sur le site de Bromont-Lamothe (Puy-de-Dôme) et exerçant en outre les mandats de membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), de délégué du personnel titulaire, de membre suppléant du comité d'établissement et de membre de la commission " emploi formation " du comité d'établissement et du comité central d'établissement. Par une décision du 28 mai 2018, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de la Corrèze a refusé d'autoriser le licenciement de l'intéressé. Par un courrier du 26 juin 2018, reçu le 28 juin suivant, la société a formé un recours hiérarchique contre cette décision, qui été implicitement rejeté par une décision née le 29 octobre 2018 du silence de l'administration pendant quatre mois, conformément à l'article R. 2422-1 du code du travail. Par décision du 27 décembre 2018, la ministre du travail a confirmé la décision de l'inspectrice du travail du 28 mai 2018. La société ASF a, par deux requêtes distinctes, demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler, d'une part, la décision de l'inspectrice du travail du 28 mai 2018 et le rejet implicite de son recours hiérarchique, d'autre part, la décision de la ministre du 27 décembre 2018. Par un jugement du 20 mai 2021 dont la société ASF relève appel, le tribunal administratif de Limoges, après avoir joint les deux requêtes, a rejeté ses demandes.

Sur la régularité du jugement :

2. Aux termes de l'article R. 711-2 du code de justice administrative : " Toute partie est avertie, par une notification faite par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par la voie administrative mentionnée à l'article R. 611-4, du jour où l'affaire sera appelée à l'audience. () ". Aux termes de l'article R. 711-2-1 de ce code : " Les parties ou leur mandataire inscrits dans l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1 peuvent être convoqués à l'audience par le moyen de cette application. () ".

3. L'absence de réception de l'avis d'audience ou le caractère erroné des mentions portées sur l'avis d'audience reçu n'est susceptible d'entraîner l'irrégularité de la procédure contentieuse que si ce défaut de réception de l'avis ou ses mentions erronées ont privé une partie des garanties que cet avis vise à mettre en œuvre. Un jugement qui mentionne que les parties ont été convoquées à l'audience doit être regardé, lorsque l'une des parties soutient que tel n'a pas été le cas en ce qui la concerne et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier soumis au juge du fond qu'elle ait été convoquée dans les conditions prévues par les dispositions des articles R. 711-2 et R. 711-2-1 du code de justice administrative, ni qu'elle ait été présente ou représentée à l'audience, comme rendu à la suite d'une procédure irrégulière.

4. Il ne ressort d'aucune des pièces des dossiers de première instance ni d'aucune mention portée dans l'application Télérecours que des avis d'audience auraient, en dépit des mentions du jugement en ce sens, été adressés, selon l'une des modalités prévues par les dispositions citées au point 2, à Me Rousselin-Jaboulay, avocat de la société ASF, ou à cette dernière, pour les avertir que les affaires seraient appelées à l'audience du 20 mai 2021. Il ne ressort pas davantage des mentions du jugement attaqué, ni d'une autre pièce de la procédure, que la société ASF ou son conseil auraient été présents à cette audience. Dans ces conditions, le tribunal a statué au terme d'une procédure irrégulière.

5. Il résulte de ce qui précède que la société ASF est fondée à demander l'annulation du jugement attaqué. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur ses demandes présentées devant le tribunal administratif de Limoges.

Sur les demandes de la société ASF :

En ce qui concerne la légalité de la décision de l'inspectrice du travail du 28 mai 2018 :

6. En premier lieu, en vertu des articles R. 2421-5 et R. 2421-12 du code du travail, la décision de l'inspecteur du travail statuant sur une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé est motivée. Cette motivation doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. A ce titre, il incombe à l'inspecteur du travail, lorsqu'il est saisi d'une demande de licenciement motivée par un comportement fautif, d'exposer les faits reprochés au salarié de manière suffisamment précise et de rechercher si ces faits sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

7. En l'espèce, la décision de l'inspectrice du travail 28 mai 2018 vise les articles

L. 2411-1, L. 2411-5, L. 2411-8, L. 2411-13, L. 2421-3 et R. 2421-8 du code du travail. Elle précise la nature des faits reprochés à M. A, à savoir notamment la formulation de remarques désobligeantes à l'encontre de Mme E ayant eu pour effet une dégradation de l'état de santé de cette dernière, et expose les raisons pour lesquelles leur matérialité n'était pas suffisamment établie, en relevant que ces faits ne reposent pas sur des éléments de preuve suffisants et ne sont pas personnellement imputables à l'intéressé. Cette décision comporte ainsi les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

8. En deuxième lieu, l'article R. 2421-11 du code du travail dispose que l'inspecteur du travail, saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, " procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat () ". Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément à ces dispositions impose à l'inspecteur du travail, saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, de mettre à même l'employeur et le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants qu'il a pu recueillir, y compris les témoignages, et qui sont de nature à établir ou non la matérialité des faits allégués à l'appui de la demande d'autorisation. Toutefois, lorsque la communication de ces éléments serait de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui les ont communiqués, l'inspecteur du travail doit se limiter à informer le salarié protégé et l'employeur, de façon suffisamment circonstanciée, de leur teneur.

9. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour estimer que les faits reprochés à M. A ne reposaient pas sur des éléments de preuve suffisants pour lui être personnellement imputables et n'étaient pas matériellement établis, l'inspectrice du travail s'est fondée, d'une part, sur le contenu du courrier d'accusation adressé par Mme E le 3 février 2018, qui avait été produit par l'employeur à l'appui de sa demande d'autorisation de licenciement et dont elle a considéré qu'il ne faisait état d'aucun propos précis. Elle a estimé, d'autre part, que les propos rapportés par l'intéressée dans le compte-rendu de l'enquête conjointe avec le CHSCT établi le 2 mars 2018 ainsi que ceux rapportés par MM. F et D, éléments dont avait connaissance l'employeur, n'étaient pas attribués précisément et nominativement à M. A. Elle a considéré enfin que le témoignage de M. C, également connu de la société requérante, était en contradiction avec celui de Mme E. Si l'inspectrice du travail a également relevé dans sa décision que M. A avait " vigoureusement contesté ", lors de l'enquête menée devant elle, avoir participé aux propos réguliers dénigrant Mme E, il ressort de l'extrait du procès-verbal de la réunion du comité d'établissement qui s'est tenue le 4 avril 2018, produit pas la société requérante et dont elle avait ainsi nécessairement eu connaissance, que M. A a toujours nié les faits et les accusations portées contre lui, tant lors de l'entretien préalable que durant le conseil de discipline. En se bornant à soutenir qu'elle n'a jamais été en mesure de prendre connaissance de l'ensemble des éléments dont a disposé l'inspectrice du travail, notamment des arguments dont M. A a fait valoir devant elle, la société ASF, qui a pu utilement, lors d'une audition tenue le 3 mai 2018, présenter des observations devant l'administration, n'apporte aucun élément précis permettant de considérer que le caractère contradictoire de l'enquête préalable n'aurait pas été respecté. A cet égard, le défaut de confrontation entre les témoins et M. A n'est pas de nature à établir l'absence d'objectivité de ladite enquête ni à entacher d'irrégularité la procédure suivie.

10. En troisième lieu, d'une part, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 1235-1 du code du travail : " En cas de litige, () le juge, à qui il appartient d'apprécier la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. () Si un doute subsiste, il profite au salarié. ". Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'un doute subsiste sur l'exactitude matérielle des griefs formulés contre un salarié, ce doute doit profiter au salarié.

12. La société ASF reproche à M. A d'être impliqué dans les faits dénoncés par l'une des salariés de l'entreprise, Mme E, superviseur péage polyvalent à la gare péage du Sancy. Dans un courrier du 3 février 2018, remis en mains propres à son employeur le 7 février suivant, cette salariée, qui a exercé son droit de retrait, indique subir " en permanence des remarques désobligeantes () portant atteinte à ses droits et à sa dignité " prononcées par ses collègues " ouvriers autoroutiers et d'atelier " du site de Pontgibaud, portant sur son travail au péage et son physique, et altérant sa santé mentale. Ce seul courrier, qui ne désigne pas nommément les salariés concernés, ne permet toutefois pas d'établir que M. A serait l'auteur de tels propos. S'il ressort du compte-rendu de l'enquête conjointe avec le CHSCT, établi le 2 mars 2018 que, lors d'entretiens qui se sont tenus les 7 et 9 février 2018 avec la responsable des ressources humaines mais sans la présence de la représentante du comité, Mme E a également déclaré avoir été victime de réflexions, reproches et remarques désobligeantes sur le site de Pontgibaud en nommant cette fois quatre salariés, parmi lesquels M. A, lesquels " n'avaient pas manqué de renchérir de plus belle ", ces seules allégations sont insuffisamment circonstanciées pour établir que M. A, qui nie en être l'auteur, aurait tenu de tels propos. La circonstance que l'époux de Mme E affirme, sans plus de précisions, que M. A aurait, lors d'un " échange plus ancien ", prononcé des paroles menaçantes à l'encontre de son épouse ne permet pas davantage de l'établir. S'il est également reproché à M. A d'avoir tenu des réflexions désagréables sur le statut et le salaire de M. F, superviseur péage sur le site du Sancy, il ressort du compte-rendu de l'enquête menée avec le CHSCT que ce dernier a déclaré, lors d'un entretien tenu le 16 février 2018, que " les salariés mis en cause ", parmi lesquels figure M. A, " ne se seraient pas permis de lui faire ce type de réflexion à lui car ils savent qu'il a du répondant ". De même, s'il est reproché à M. A de s'être moqué du poids de M. D, conducteur de travaux sur le site de Pontgibaud, il ressort des déclarations prononcées par ce dernier lors d'un entretien en date du 16 février 2018 que, s'il reconnaît que

" les salariés " se moquent parfois de son poids, il précise que cela est fait sur " le ton de la rigolade " et n'attribue pas ces propos précisément et nommément à M. A. Enfin, s'il est également reproché à l'intimé d'avoir formulé des remarques blessantes sur le physique et le statut de M. C, également superviseur péage affecté à la gare du Sancy, il ressort du compte-rendu de l'enquête précitée que ce dernier a déclaré, le 28 février 2018, subir de la part de M. A et d'un autre salarié des remarques désobligeantes, de façon plus récurrente concernant le premier, relatives à son physique et à sa condition sociale, sans toutefois attribuer avec précision des propos ou des agissements particuliers à M. A, lequel conteste les faits rapportés. Dans les circonstances de l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier l'existence d'un climat de tension et la pratique de plaisanteries parfois déplacées, et alors même que l'origine professionnelle de la pathologie de Mme E a été reconnue, il subsiste un doute sur l'exactitude matérielle des griefs formulés à l'encontre de M. A, doute qui doit, en application des dispositions de l'article L. 1235-1 du code du travail, profiter au salarié. Dans ces conditions, les faits reprochés à M. A ne peuvent être regardés comme établis. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée reposerait sur des faits matériellement inexacts. Les moyens tirés de l'erreur de fait et, en tout état de cause, de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la légalité de la décision de la ministre du travail du 27 décembre 2018 :

13. Aux termes de l'article R. 2422-1 du code du travail : " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. () ". Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur une demande d'autorisation de licenciement formée par un employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués au soutien des conclusions dirigées contre cette décision.

14. D'une part, la ministre du travail, saisie d'un recours hiérarchique par la société ASF, a, par sa décision, du 27 décembre 2018, confirmé la décision de l'inspectrice du travail du 28 mai 2018. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que la décision ministérielle serait insuffisamment motivée et aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en raison du non-respect du caractère contradictoire de l'enquête menée devant l'autorité administrative doivent être écartés comme inopérants.

15. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, la décision de la ministre du travail n'est entachée ni d'une erreur de fait ni d'une erreur d'appréciation.

16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société ASF n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 28 mai 2018 et de la décision de la ministre du travail du 27 décembre 2018.

Sur les frais d'instance :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société ASF demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par M. A dirigées contre la société ASF.

DECIDE :

Article 1er : Le jugement n° 1801915, 1900121 du tribunal administratif de Limoges du 20 mai 2021 est annulé.

Article 2 : Les demandes présentées en première instance par la société ASF sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Autoroutes du Sud de la France (ASF), à M. G A et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera adressée au préfet de la Corrèze (unité territoriale de la Corrèze de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Nouvelle-Aquitaine).

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Florence Demurger, présidente,

Mme Karine Butéri, présidente-assesseure,

M. Anthony Duplan premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 décembre 2022.

Le rapporteur,

Anthony B

La présidente,

Florence Demurger La greffière,

Catherine JussyLa République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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