jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX03551 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | GANGATE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de la Réunion, d'une part, d'annuler les décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 par lesquelles le directeur général du centre hospitalier universitaire de La Réunion (CHU) a refusé d'imputer au service l'accident survenu le 21 août 2017 ainsi que ses suites, la décision implicite par laquelle le CHU a calculé ses rémunérations durant ses arrêts de travail sur la base du taux de 90 % et non de 100 %, la décision du 14 février 2018 par laquelle le CHU l'a informée qu'elle était redevable de la somme de 288,22 euros au titre de la prime de service de l'année 2017 ainsi que l'avis de sommes à payer du 25 mai 2018 lui réclamant cette somme, et la décision
du 19 août 2019 par laquelle le CHU l'a informée qu'elle était redevable de la somme
de 13 378,21 euros au titre de son placement en congé de maladie à plein traitement
du 22 novembre 2017 au 31 juillet 2019 et, d'autre part, de condamner le CHU à lui rembourser la somme de 13 378,21 euros.
Par un jugement n° 1901345 du 28 mai 2021, le tribunal administratif de la Réunion a annulé les décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont a été victime Mme B, ainsi que de ses suites, la décision du 19 août 2019 la plaçant en congé de longue durée à demi-traitement et l'avis des sommes à payer du 25 mai 2018, enjoint au CHU de faire bénéficier Mme B du régime des congés pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 21 août 2017 et rejeté le surplus des demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 28 août 2021, le centre hospitalier universitaire de la Réunion, représenté par Me Paraveman, demande à la cour :
1°) de réformer le jugement du tribunal administratif de la Réunion du 18 mai 2021 en tant qu'il a annulé les trois décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 ainsi que l'avis des sommes à payer et qu'il lui a enjoint de faire bénéficier Mme B du régime des congés pour invalidité temporaire imputable au service ;
2°) de rejeter la demande de Mme B.
Il soutient que :
- c'est à tort que le tribunal a reconnu comme accident de service l'altercation qui a eu lieu le 21 août 2017, sans tenir compte des difficultés relationnelles qui existaient entre les deux agents depuis des années, et alors que l'évènement ne présentait pas un caractère imprévisible et brutal ;
- la chute dont elle a été victime, le même jour, à la sortie du cabinet de son médecin traitant, qui ne peut bénéficier de la présomption d'imputabilité, ne peut être qualifiée d'accident de trajet dès lors qu'elle est survenue après une cessation anticipée du service, sur un trajet qui n'est pas justifié par les nécessités de la vie courante ou par les conditions normales d'exercice de l'emploi et qui a été interrompu pour un motif personnel ;
- la pathologie déclarée par Mme B ne présente pas de lien certain avec le service dès lors que l'intéressée présentait des troubles dépressifs et que l'altercation ne résulte pas de conditions de pression anormale due à une faute dans l'organisation du service, à une mauvaise organisation de celui-ci ou à des dysfonctionnements spécifiques.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 décembre 2021, Mme B, représentée par Me Gangate, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du CHU de la Réunion de la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les faits dénoncés présentent un caractère de soudaineté et de violence propres à l'accident ; aucune difficulté relationnelle préexistante ne peut être retenue ; la circonstance qu'elle a changé de service en 2020, postérieurement aux faits, ne saurait être utilement invoquée, d'autant qu'elle fait suite aux recommandations du médecin du travail et que le CHU a choisi de la déplacer elle plutôt que son agresseure ; la violence des faits est établie non seulement par ses déclarations mais aussi par le certificat médical établi par la suite ;
- la décision du 20 octobre 2017 est insuffisamment motivée en droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en déniant le caractère d'accident de service à l'altercation violente du 21 août 2017, qui s'est déroulée pendant le temps de service, établissant ainsi une présomption d'imputabilité ;
- le détour réalisé pour se rendre chez son médecin traitant ne permet pas de rompre le lien avec le service, dès lors qu'il a été rendu nécessaire par le service et les agressions verbales et menaces physiques dont elle a été victime ; ce départ du lieu de travail avait été autorisé par sa hiérarchie ; le choix de se rendre chez son médecin traitant plutôt qu'aux urgences ne saurait être discuté eu égard au libre choix du patient ; la chute dont elle a été victime en sortant du cabinet, occasionnant la perte de quatre dents, doit être regardée comme un accident de trajet ;
- l'altercation est l'illustration d'un contexte de pressions anormales ; le syndrome anxio-dépressif est en lien avec cette agression comme en attestent les certificats médicaux ; au surplus, aucune pathologie de ce type n'était préexistante ;
- la décision du 19 août 2019 de refus de reconnaître l'imputabilité de sa pathologie consécutive à l'accident est entachée d'une erreur de droit, le CHU s'étant cru en situation de compétence liée par rapport à l'avis de la commission de réforme du 13 décembre 2018 ;
- elle est également entachée d'une erreur d'appréciation pour les mêmes motifs
que ceux énoncés précédemment s'agissant de l'accident de service et l'accident de trajet ;
- les conclusions dirigées contre le jugement en tant qu'il a annulé la décision
du 19 août 2019 la plaçant en congé de longue durée sont irrecevables faute d'être assorties de moyens d'annulation ; au demeurant, cette décision doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 ;
- les conclusions dirigées contre le jugement en tant qu'il a annulé l'avis des sommes à payer du 25 mai 2018 sont irrecevables faute d'être assorties de moyens d'annulation ; au demeurant, cette décision doit être annulée dès lors qu'elle est fondée sur la décision du 20 octobre 2017.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d'attribution de primes de service aux personnels de certains établissements énumérés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Cotte,
- les conclusions de Mme Charlotte Isoard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative au centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion, a eu, le 21 août 2017, une altercation avec une de ses collègues du service " qualité de la facturation " dans lequel elle était affectée. A la sortie de son travail, elle s'est rendue chez son médecin traitant qui lui a délivré un certificat d'accident du travail. Elle a été victime d'une chute à la sortie du cabinet médical, qui a occasionné un traumatisme facial et la perte de quatre dents. Par une décision du 20 octobre 2017, le directeur général du CHU a refusé de reconnaître imputable au service l'accident qui s'est produit sur le lieu de travail et l'a maintenue en position de congé maladie ordinaire jusqu'au 31 octobre 2017. Dans un avis du 13 décembre 2018, la commission de réforme a estimé que les troubles dépressifs dont se plaint Mme B étaient sans lien avec l'accident du 21 août 2017
et non imputables au service. Par deux décisions du 19 août 2019, le directeur général du CHU a régularisé la situation de Mme B en la plaçant, à sa demande, en congé de longue durée de vingt-quatre mois, du 22 août 2017 au 21 août 2019, avec un demi-traitement à compter du 22 novembre 2017, et a confirmé le caractère non imputable au service
de l'accident du 21 août 2017. Par un courrier du même jour, le CHU a
informé Mme B qu'elle avait été placée à tort à plein traitement à compter
du 22 novembre 2017 et était dès lors redevable de la somme de 13 378,21 euros, somme qui lui a été réclamée par titre de recettes émis le 7 octobre 2019. Mme B avait déjà
été informée, par courrier du 14 février 2018, qu'elle était redevable de la somme
de 288,22 euros, qui lui a été réclamée par titre exécutoire du 25 mai 2018, pour le remboursement d'une partie de la prime de service perçue pour l'année 2017.
2. Mme B a saisi le tribunal administratif de la Réunion pour obtenir, d'une part, l'annulation des décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son accident et de sa pathologie, des décisions des 14 février 2018 et 19 août 2019 l'informant d'indus dont elle était redevable, de l'avis de sommes à payer du 25 mai 2018, ainsi que de la décision implicite par laquelle le CHU a calculé ses rémunérations durant ses arrêts de travail sur la base du taux de 90 % et non de 100 %, et, d'autre part, la condamnation du CHU à lui rembourser la somme de 13 378 euros. Par un jugement du 28 mai 2021, le tribunal administratif de la Réunion a annulé les décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son accident, la décision du 19 août 2019 la plaçant en congé de longue durée à demi-traitement et l'avis des sommes à payer du 25 mai 2018, enjoint au CHU de faire bénéficier Mme B du régime des congés pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 21 août 2017, et rejeté le surplus des demandes. Par la présente requête, le CHU de la Réunion demande la réformation du jugement, en tant qu'il a annulé les trois décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 ainsi que l'avis des sommes à payer du 25 mai 2018, et qu'il lui a enjoint de reconnaître à Mme B le bénéfice du régime des congés pour invalidité temporaire imputable au service.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne les décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident et de la pathologie qui a suivi :
3. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret
du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020.
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
5. Le droit, prévu par les dispositions du deuxième alinéa du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, d'un fonctionnaire hospitalier en congé de maladie à conserver l'intégralité de son traitement en cas de maladie provenant d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions. Constitue un accident de service, pour l'application de ces dispositions, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B a eu une vive altercation, le 21 août 2017, avec l'une de ses collègues, à propos d'une enveloppe contenant les pièces justificatives d'une dépense, dont elle ne retrouvait pas la trace. Sa collègue lui a reproché, devant sa supérieure hiérarchique, dans des termes vifs et agressifs, d'avoir mentionné son nom dans un courrier envoyé au service auteur de la dépense afin d'obtenir copie des documents transmis. Son médecin traitant, qu'elle a consulté aussitôt après être sortie du travail, a constaté un syndrome dépressif réactionnel. Survenu par le fait du service, à une date certaine, cet accident est imputable au service en application des dispositions précitées du II de l'article 41. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Mme B aurait souffert auparavant de troubles dépressifs, et si elle a évoqué, dans ses courriers tendant à obtenir la reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident, le climat délétère qui régnait dans le service et l'existence d'intimidations, ces éléments ne sont pas de nature à détacher l'accident du service. Par conséquent, en refusant, par sa décision du 20 octobre 2017, de reconnaître à l'altercation qui a eu lieu le 21 août 2017 la qualification d'accident imputable au service, le directeur général du CHU de la Réunion a méconnu les dispositions précitées. Par ailleurs, Mme B, qui n'a pas demandé la reconnaissance d'un accident de trajet, ni mentionné un tel accident dans sa déclaration relative à l'altercation, n'est pas fondée à solliciter que sa chute au sortir du cabinet de son médecin traitant soit reconnue comme un tel accident.
7. En second lieu, les troubles dépressifs qui ont justifié les arrêts de travail de Mme B postérieurs au 22 août 2017 sont en lien direct avec l'accident survenu dans l'exercice de ses fonctions. Par suite, en l'absence de tout élément permettant de remettre en cause ce lien de causalité direct, la décision du 19 août 2019, par laquelle le directeur général du CHU, suivant l'avis de la commission de réforme, a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cette pathologie, méconnaît les dispositions précitées.
En ce qui concerne la décision du 19 août 2019 plaçant l'intéressée en congé
de longue durée :
8. En premier lieu, le CHU de la Réunion conteste l'annulation, par le tribunal administratif de la Réunion, de la décision du 19 août 2019 plaçant Mme B en congé de longue durée, avec demi-traitement à compter du 22 novembre 2017, en raison de l'absence d'illégalité de la décision du même jour refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 21 août 2017 et de ses suites, sur laquelle elle est fondée. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par Mme B, tirée de l'absence de moyens d'appel au soutien des conclusions à fin d'annulation, doit être écartée.
9. En second lieu, la décision du 19 août 2019, portant refus de reconnaissance
de l'imputabilité au service de l'accident du 21 août 2017 et de ses suites, étant entachée d'illégalité, ainsi qu'il a été dit aux points précédents, la décision de placement en congé
de longue durée, qui a été prise à la demande de Mme B, est elle-même illégale
en tant seulement qu'elle a placé Mme B à demi-traitement à compter
du 22 novembre 2017. Elle doit être annulée dans cette mesure.
En ce qui concerne l'avis des sommes à payer du 25 mai 2018 :
10. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d'attribution de primes de service aux personnels de certains établissements énumérés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 : " La prime de service ne peut être attribuée au titre d'une année qu'aux agents ayant obtenu pour l'année considérée une note au moins égale
à 12,5. L'autorité investie du pouvoir de nomination fixe les conditions dans lesquelles le montant de la prime varie proportionnellement aux notes obtenues sans qu'il puisse excéder 17 p. 100 du traitement brut de l'agent au 31 décembre de l'année au titre de laquelle
la prime est attribuée. / Pour tenir compte des sujétions journalières réelles, toute journée d'absence entraîne un abattement d'un cent quarantième du montant de la prime individuelle. Toutefois, n'entraînent pas abattement les absences résultant : / () D'un congé consécutif
à un accident du travail ou à une maladie professionnelle () ".
11. Il résulte de l'instruction que le titre de recettes émis à l'encontre de Mme B le 25 mai 2018 pour un montant de 288,22 euros, avait pour objet d'obtenir le remboursement d'un indu de prime de service pour l'année 2017, compte tenu de ses absences non justifiées par un accident de service. Dans la mesure où c'est à tort, ainsi qu'il a été dit, que l'imputabilité au service de son accident et de ses suites lui a été refusée, le CHU n'avait pas à pratiquer d'abattement sur sa prime de service pour tenir compte de ses absences. Par suite, l'avis de sommes à payer adressé à Mme B, qui porte sur une créance dépourvue de fondement, est entaché d'illégalité.
En ce qui concerne l'injonction de faire bénéficier Mme B de congés pour invalidité temporaire imputable au service :
12. L'annulation des décisions des 20 octobre 2017 et 19 août 2019 refusant
de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 21 août 2017 et de ses suites impliquait nécessairement de reconnaître à Mme B, en application de l'article 41 précité de la loi du 9 janvier 1986, un droit au maintien de son plein traitement au titre des conséquences de l'accident imputable au service jusqu'à ce qu'elle soit en état de reprendre
le travail.
13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que le CHU de la Réunion est seulement fondé
à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Réunion a annulé intégralement la décision 19 août 2019 plaçant Mme B en congé de longue durée, alors que cette décision ne devait être annulée qu'en tant qu'elle prévoit un demi-traitement à compter du 22 novembre 2017.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CHU de la Réunion demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHU de la Réunion une somme de 1 500 euros à verser
à Mme B au même titre.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 19 août 2019 plaçant Mme B
en congé de longue durée est annulée en tant qu'elle prévoit un demi-traitement à compter du 22 novembre 2017.
Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de la Réunion du 18 mai 2021 est réformé en tant qu'il est contraire à l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête du CHU de la Réunion est rejeté.
Article 4 :Le CHU de la Réunion versera à Mme B la somme de 1 500 euros
en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié au centre hospitalier universitaire de la Réunion
et à Mme A B.
Délibéré après l'audience du 29 août 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Catherine Girault, présidente,
Mme Anne Meyer, présidente assesseure,
M. Olivier Cotte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 septembre 2023.
Le rapporteur,
Olivier Cotte
La présidente,
Catherine Girault
La greffière,
Virginie Guillout
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026