LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX03785

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX03785

mardi 6 février 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX03785
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantCABINET REMY LE BONNOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de la Réunion d'annuler " l'avis de la commission de réforme du 13 avril 2021 " sur la base duquel le préfet de La Réunion a, par arrêté du 20 avril 2021, rejeté sa demande tendant à ce que sa pathologie apparue le 31 juillet 2020 soit reconnue imputable à l'accident de service survenu le 4 juillet 2016.

Par une ordonnance n° 2100965 du 3 août 2021, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2021, Mme A, représentée par Me Le Bonnois, demande à la cour :

1°) d'annuler cette ordonnance du 3 août 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de La Réunion du 20 avril 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'ordonnance est irrégulière ; sa demande de première instance devait être regardée comme dirigée contre l'arrêté du préfet de la Réunion du 20 avril 2021, qui était joint à sa requête, et n'était donc pas manifestement irrecevable ;

- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;

- il résulte de l'expertise médicale du Docteur C que les lésions qu'elle présente à l'épaule droite sont en lien avec sa blessure à la main droite résultant de son accident de service d'octobre 2016.

Par un mémoire enregistré le 24 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 26 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 4 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy ;

- et les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, gardien de la paix affectée à la direction départementale de la sécurité publique de La Réunion, a été victime le 4 juillet 2016, sur son lieu de travail, d'une blessure à la main droite causée par la fermeture brusque d'une porte. Par un arrêté du 12 septembre 2016, le préfet de La Réunion a reconnu l'imputabilité au service de cet accident. La date de consolidation a été fixée au 5 juillet 2017. Le 7 août 2020, Mme A a demandé au préfet de La Réunion de reconnaître l'imputabilité à cet accident de service de douleurs au niveau de l'épaule droite. Par un arrêté du 21 avril 2021, le préfet de La Réunion a rejeté cette demande. Mme A relève appel de l'ordonnance du 3 août 2021 par laquelle le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de La Réunion a rejeté comme manifestement irrecevable sa requête tendant à l'annulation de " l'avis de la commission de réforme du 13 avril 2021 " sur la base duquel le préfet de La Réunion a édicté l'arrêté du 20 avril 2021.

Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

3. Pour rejeter comme manifestement irrecevable la requête de première instance de Mme A, le premier juge a relevé que l'intéressée se bornait à attaquer l'avis défavorable émis le 13 avril 2021 par la commission de réforme, qui n'est pas une décision faisant grief. Il ressort toutefois des pièces du dossier de première instance que, si la requête de Mme A, présentée sans avocat, mentionnait comme objet " contestation d'une décision de commission de réforme ", elle comportait une argumentation relative à l'imputabilité à son accident de service des douleurs ressenties au niveau de son épaule droite. De plus, l'intéressée a produit, à l'appui de cette requête, non pas l'avis de la commission de réforme du 13 avril 2021, mais l'arrêté pris le 21 avril 2021 par le préfet de La Réunion à la suite de cet avis. Cette requête devait ainsi être regardée comme tendant à l'annulation dudit arrêté.

4. Par suite, c'est à tort que le premier juge a, par l'ordonnance attaquée, rejeté comme manifestement irrecevable la demande dont le tribunal était saisi. Cette ordonnance doit dès lors être annulée.

5. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par Mme A devant le tribunal administratif de La Réunion.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. Aux termes du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ". Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice de ces dispositions est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de la pathologie du fonctionnaire, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec l'accident de service.

7. Il ressort des pièces du dossier que, lors de l'accident de service du 4 juillet 2016, Mme A a vu sa main droite écrasée par la fermeture brusque d'une porte. Cet accident lui a occasionné une entorse grave du pouce et du médius droit, avec rupture tendineuse au niveau du pouce et du médius et syndrome de croisement des rayons. Mme A a bénéficié d'un traitement par plâtre du pouce durant six semaines et subi le 14 juillet 2016 une intervention chirurgicale de réparation de la bande sagittale, puis suivi des séances de rééducation. Elle a toutefois présenté des douleurs persistantes au niveau de la main droite, irradiant jusqu'à l'épaule à partir de 2018. En avril 2018, un diagnostic de capsule rétractile a été posé par le service d'orthopédie et de traumatologie de l'hôpital Saint-Antoine. Depuis 2020, elle présente des douleurs localisées au niveau tant de la main droite que de l'épaule droite.

8. Le rapport médical établi 27 février 2021 par un médecin agréé ne retient pas de lien direct entre l'accident de service et les douleurs de l'épaule droite en relevant, sans autre précision, l'absence d'élément en faveur d'un syndrome douloureux régional complexe. Toutefois, la seconde expertise médicale diligentée par l'administration, confiée à un chirurgien orthopédiste, explique que Mme A a d'abord présenté une capsule rétractile, causée notamment par un traumatisme local et une immobilisation par plâtre, et développé une algodystrophie, en lien avec les douleurs à la main droite et la longue immobilisation de son membre droit. Il explique que les douleurs ressenties à l'épaule droite sont liées à ces deux syndromes, et en déduit qu'elles sont en lien avec le traumatisme de la main droite subi lors de l'accident de service. Dans ces conditions, le syndrome douloureux au niveau de l'épaule droite de la requérante doit être regardé comme présentant un lien direct et certain avec l'accident de service survenu le 4 juillet 2016. Par suite, en refusant de reconnaître l'imputabilité de ladite pathologie à cet accident de service, le préfet de La Réunion s'est livré à une inexacte appréciation de sa situation.

9. Il résulte de ce qui ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur ses autres moyens, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de La Réunion du 21 avril 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. L'exécution du présent arrêt implique, ainsi que le demande Mme A, que le préfet de La Réunion réexamine sa demande tendant à ce que sa pathologie apparue le 31 juillet 2020 soit reconnue imputable à l'accident de service survenu le 4 juillet 2016. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : L'ordonnance n° 2100965 du 3 août 2021 du président de la 2ème chambre du tribunal administratif de La Réunion est annulée.

Article 2 : L'arrêté du préfet de La Réunion du 20 avril 2021 est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de procéder à nouvel examen de la demande de Mme A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.

Article 4 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024 à laquelle siégeaient :

M. Laurent Pouget, président,

Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy, présidente-assesseure,

M. Manuel Bourgeois, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

La rapporteure,

Marie-Pierre Beuve Dupuy

Le président,

Laurent Pouget La greffière,

Chirine Michallet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions