lundi 1 août 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX04230 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP ASTIE-BARAKE-POULET-MEYNARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B I et Mme E I ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 26 mai 2021 par lesquels la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par des jugements nos 2102815 et 2102816 du 30 août 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2021 sous le n° 21BX04230, Mme I, représentée par Me Astié, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux du 30 août 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'une incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle ne tient pas compte de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.424-3 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne vit pas en état de polygamie et ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'elle est en France avec son mari et qu'ils sont parents d'une enfant née le 3 janvier 2021 à Bordeaux, dont l'état de santé est fragile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'une incompétence de son signataire ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'ils ont dû quitter l'Albanie en raison des risques qu'ils encourraient dans leur pays d'origine ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est privée de base légale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français.
Mme I a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/021287 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 21 octobre 2021.
II- Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2021 sous le n° 21BX04231, M. I, représenté par Me Astié, conclut, pour ce qui le concerne, aux mêmes fins que la requête n° 21BX04230, par les mêmes moyens.
M. I a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/021286 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 21 octobre 2021.
Vu les autres pièces de ces deux dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. et Mme I relèvent appel des jugements du 30 août 2021 par lesquels la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation des arrêtés du 26 mai 2021 de la préfète de la Gironde refusant de leur délivrer un titre de séjour, leur faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 21BX04230 et 21BX04231 concernent les membres d'une même famille et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, au soutien de sa requête d'appel, Mme I se prévaut d'un moyen nouveau tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour serait insuffisamment motivée. Elle fait valoir qu'elle ne tient pas compte de sa situation personnelle. Cependant, il ressort de l'arrêté litigieux, qu'après avoir visé les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la préfète de la Gironde a relevé que l'intéressée a déclaré être entrée en France le 20 décembre 2020 et a formulé le 28 décembre 2020 une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 14 avril 2021 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ayant statué en procédure accélérée en application de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui lui a été notifiée le 16 avril 2021 et qu'elle ne peut ainsi se voir délivrer un titre de séjour sous couvert des dispositions des articles L.424-9 à L.424-12 ni des articles L.424-3 et L.424-4 du même code. L'autorité préfectorale a également précisé que son entrée est récente, que son conjoint fait également l'objet d'une mesure d'éloignement du même jour et que la circonstance que sa fille mineure soit présente en France ne lui confère aucun droit au séjour, qu'elle ne justifie pas être isolée dans son pays d'origine, et que rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer sans dommage en Albanie. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision de refus de séjour qui révèlerait un défaut d'examen de sa situation personnelle ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, au soutien de sa requête d'appel, M. I se prévaut d'un moyen nouveau tiré de l'incompétence du signataire de l'acte. Toutefois, par un arrêté préfectoral du 5 mai 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°33-2021-086 du même jour, et consultable sur internet, Mme F D, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique, a reçu délégation lui permettant de signer toutes décisions en matière de droit au séjour, d'éloignement et décisions accessoires prises en application des livres II, VI, V, VII et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au nom de la préfète de la Gironde en cas d'absence ou d'empêchement de M. A du Payrat, secrétaire général de la préfecture, de Mme H, sous-préfète d'Arcachon, de Mme C, directrice de cabinet de la préfète et de M. G, directeur des migrations et d'intégration et il n'est pas établi que M. A du Payrat, Mme H, Mme C et M. G n'étaient pas effectivement absents ou empêchés à la date de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, M. et Mme I reprennent en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Ils n'apportent aucun élément de droit ou de fait nouveau à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme I sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B I et à Mme E I. Une copie en sera transmise pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 1er août 2022.
Le président de la 7ème chambre,
Éric REY-BÈTHBÉDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 21BX04230, 21BX04231
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026