jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX04262 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Mayotte d'annuler la décision par laquelle le vice-recteur de l'académie de Mayotte a décidé de procéder à une retenue d'1/30ème sur son traitement au mois de juin 2019.
Par un jugement n° 1901478 du 23 septembre 2021, le tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 novembre 2021 et 23 septembre 2022, M. A, représenté par la S.E.L.A.F.A. cabinet Cassel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Mayotte du 23 septembre 2021 ;
2°) d'annuler la décision du vice-recteur de l'académie de Mayotte opérant une retenue d'1/30ème sur son traitement au mois de juin 2019 ;
3°) d'enjoindre à l'État de lui verser la somme correspondant à celle retenue ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article 19 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 relative à la règle du service fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est constitutive d'une sanction déguisée.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2022, le recteur de l'Académie de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Christelle Brouard-Lucas,
- et les conclusions de M. Romain Roussel Cera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, professeur certifié d'éducation physique et sportive à la retraite depuis le 1er septembre 2019, était affecté au collège Tsingoni à Mayotte. En cette qualité, il a été convoqué pour siéger au sein du jury d'examen blanc de l'épreuve orale d'enseignements pratiques interdisciplinaires du diplôme national du brevet ayant lieu le 18 avril 2019. Par un courriel du 13 mai 2019, le vice-recteur de l'académie de Mayotte, informé par le proviseur-adjoint de ce que M. A était absent à la date indiquée, l'a invité à justifier de son absence sous peine de faire l'objet d'une retenue sur traitement. Estimant que les explications apportées par M. A ne permettaient pas de considérer qu'il avait effectué son service, le vice-recteur de l'académie de Mayotte a procédé à une retenue d'un trentième sur son traitement du mois de juin 2019. M. A relève appel du jugement du 23 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision procédant à une retenue d'1/30ème sur son traitement au mois de juin 2019.
Sur la légalité de la décision attaquée ;
2. Aux termes de l'article 64 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État : " Les fonctionnaires régis par le présent titre ont droit, après service fait, à une rémunération fixée conformément aux dispositions de l'article 20 du titre Ier du statut général ". Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 dans sa rédaction encore en vigueur : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire ". L'article 4 de la loi de finances rectificative du 29 juillet 1961, précise, dans sa rédaction alors applicable, que : " Il n'y a pas service fait : / 1° Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; / 2°) Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements. " Aux termes de l'alinéa 2 du même article : " L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. ".
3. En premier lieu, il ressort du planning de surveillance, communiqué aux enseignants par un courriel du 5 avril 2019 et affiché en salle des professeurs, que M. A était convoqué pour siéger au jury d'examen blanc de l'épreuve orale d'enseignements pratiques interdisciplinaires du diplôme national du brevet le 18 avril 2019 de 9h25 à 12h25 puis de 13h35 à 15h45. Toutefois, il est constant que l'appelant a échangé ses créneaux de surveillance avec l'un de ses collègues pour siéger au sein du jury d'examen de 12h35 à 13h35 au lieu de celui de 9h25 à 10h25 qui lui avait été attribué, sans en avoir préalablement informé la direction du collège. La circonstance que M. A aurait effectué le nombre d'heures de service prévues dans cette convocation ne lui permettait pas de quitter son poste sans autorisation. Ainsi, M. A n'ayant pas respecté les termes de la convocation du 5 avril 2019, il ne peut être regardé comme ayant effectué son service ce jour-là. À cet égard, M. A ne saurait se prévaloir de ce que la convocation ne mentionnait pas que les permutations ou la sortie de l'établissement étaient soumises à autorisation. Dès lors, en l'absence de service fait durant la matinée du 18 avril 2019 l'administration était tenue de procéder à une retenue sur le traitement de M. A. Par suite, la décision attaquée n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation.
4. En deuxième lieu, dès lors qu'il ressort de ce qui a été dit au point précédent que la situation de M. A entrait dans les prévisions de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1962 relatives à la retenue sur traitement en l'absence de service fait, la seule circonstance que l'administration n'aurait pas procédé à une telle retenue pour des collègues dans une situation comparable n'est pas de nature à la faire regarder comme une sanction déguisée. Elle ne relève dès lors pas de la procédure disciplinaire prévue par l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Ainsi, alors au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis à même de présenter ses observations avant l'intervention de cette décision, il n'est pas fondé à soutenir que la retenue opérée sur son traitement pour absence de service fait le 18 avril 2019 a été effectuée au terme d'une procédure irrégulière. Par ailleurs, M. A n'apporte aucun commencement de preuve de la situation tendue qui aurait existé avec la direction du fait de son engagement syndical.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du vice-recteur de l'académie de Mayotte opérant une retenue d'1/30ème sur son traitement au mois de juin 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée pour information au recteur de l'académie de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Claude Pauziès, président,
Mme Christelle Brouard-Lucas, présidente-assesseure,
Mme Kolia Gallier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
Christelle Brouard-Lucas
Le président,
Jean-Claude PauzièsLa greffière,
Marion Azam-Marche
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026