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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX04369

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX04369

vendredi 12 août 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX04369
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantKAOULA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler, d'une part, l'arrêté du 9 juillet 2021 par lequel le préfet de la Dordogne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi, et d'autre part, l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le préfet l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement no 2103973 du 12 octobre 2021 et un jugement n° 2105874 du 10 novembre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

I - Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées le 27 novembre 2021 et le 22 avril 2022 sous le n° 21BX04369, M. A, représenté par Me Kouala, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 12 octobre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2021 du préfet de la Dordogne ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Dordogne de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que l'administration n'a pas rappelé l'ensemble des démarches et demandes du requérant avant de prononcer cet arrêté et il ne justifie pas l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français ; la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée en fait ;

- cet arrêté méconnait son droit d'être entendu tel que garanti par les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter ses observations orales ou écrites sur sa situation personnelle et familiale ;

- la décision portant sur le refus de renouvellement du titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 313-11 4° du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est marié à une ressortissante française, que la communauté de vie n'a pas cessé, et que sa présence auprès de son épouse est nécessaire dans la mesure où elle est enceinte ;

- la décision portant sur l'obligation de quitter le territoire français méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il vit avec sa femme depuis plus de six mois, qu'il va être père d'un enfant français, que son épouse, mère d'autres enfants, ne peut le suivre dans son pays d'origine, et qu'il n'a jamais cessé son apprentissage de la langue française attestant ainsi de son intégration.

M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/023412 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 18 novembre 2021.

II - Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2021 sous le n° 21BX04720, M. A, représenté par Me Kouala, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 10 novembre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 du préfet de la Dordogne l'assignant à résidence ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté l'assignant à résidence est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le préfet ne justifie aucunement la mesure prise à son encontre et que cette motivation contient des formules stéréotypées ;

- il méconnait son droit d'être entendu tel que garanti par les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter ses observations orales ou écrites sur sa situation personnelle et familiale ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ses obligations de présence au domicile et de pointage au commissariat trois fois par semaine constitue une atteinte à la vie privée au familial et à l'intérêt supérieur des enfants de son épouse au motif qu'il doit accompagner ces enfants chaque jour à l'école dès lors que sa femme est enceinte ;

- elle méconnait la liberté d'aller et venir garantie par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de1789.

M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2021/025369 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 16 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B A, ressortissant marocain, né le 3 septembre 1991, est entré irrégulièrement en France au cours de l'année 2019. Le 2 février 2021, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 9 juillet 2021, le préfet de la Dordogne a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. Puis, par un arrêté du 2 novembre 2021, le préfet a assigné à résidence M. A dans le département de la Dordogne pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation d'être présent sur le lieu d'assignation tous les jours de 6h à 9h et de se présenter au commissariat de Périgueux trois fois par semaine. M. A relève appel des jugements du 12 octobre 2021 et du 10 novembre 2021 par lesquels le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes tendant à l'annulation des arrêtés précités.

Sur la jonction :

3. Les requêtes nos 21BX04369 et 21BX04720 concernent le même requérant et présentent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de les joindre afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. M. A reprend, dans des termes similaires et sans critique utile des jugements, les moyens invoqués en première instance visés ci-dessus à l'encontre tant de l'arrêté du 9 juillet 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi que de l'arrêté du 2 novembre 2021 l'assignant à résidence. Ainsi, il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. S'il produit en appel un extrait de l'acte de naissance de son enfant, né le 7 janvier 2022, cette circonstance, qui est postérieure à la date des arrêtés en litige, est sans incidence sur leur légalité. Il y a lieu, dès lors, d'écarter les moyens de l'appelant par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes n° 21BX04369 et 21BX04720 de M. A sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A. Une copie sera transmise pour information à la préfète de la Dordogne.

Fait à Bordeaux, le 12 août 2022.

Le président-assesseur de la 3ème chambre,

Frédéric FAÏCK

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 21BX04720

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