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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX04695

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX04695

mardi 30 août 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX04695
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDONZEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B et Mme C B ont demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler les arrêtés du 16 novembre 2020 par lesquels le préfet des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par des jugements no 2100989 et no 2101359 des 16 juillet et 23 septembre 2021, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

I- Par une requête, enregistrée le 25 décembre 2021 sous le n°21BX04695, M. B, représenté par Me Donzel, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 16 juillet 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2021 du préfet des Deux-Sèvres pris à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet des Deux-Sèvres de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de l'intensité de son intégration en France et des liens personnels et familiaux qu'il y entretient ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour qui la fonde.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2021/021009 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 18 novembre 2021.

II- Par une requête, enregistrée le 25 décembre 2021 sous le n°21BX04696, Mme B, représentée par Me Donzel, demande à la cour, en reprenant les mêmes moyens :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 23 septembre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2021 du préfet des Deux-Sèvres pris à son encontre ;

3°) d'enjoindre au préfet des Deux-Sèvres de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soulève les mêmes moyens que ceux invoqués dans la requête n°21BX04695.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2021/024433 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 18 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. et Mme B, ressortissants albanais, sont entrés irrégulièrement en France en août 2017, selon leurs déclarations, accompagnés de leurs trois enfants mineurs. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 31 octobre 2017, confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) des 17 juillet et 3 août 2018. Le 15 février 2018, Mme B a demandé la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé et M. B en qualité d'accompagnant d'une personne malade. Par deux arrêtés du 6 décembre 2018, le préfet des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour et leur a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Les recours formés devant le tribunal administratif de Poitiers à l'encontre de ces décisions ont été rejetés par un jugement du 20 mai 2019, confirmé par des arrêts du 19 mai 2020 de la cour. Le 20 juillet 2020, M. et Mme B ont demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou au titre d'une admission exceptionnelle au séjour. Par des arrêtés du 16 novembre 2020, le préfet des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Les intéressés relèvent appel des jugements des 16 juillet et 23 septembre 2021 par lesquels le tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

3. Les requêtes nos 21BX04695 et 21BX04696 concernent les membres d'une même famille et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.

4. En premier lieu, M. et Mme B reprennent les moyens invoqués en première instance tirés de ce que les décisions de refus de titre de séjour méconnaissent les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, compte tenu de ce que les époux n'étaient, à la date des arrêtés contestés, présents en France que depuis un peu plus de trois ans, alors qu'ils ont vécu la majorité de leur vie dans leur pays d'origine, de ce qu'ils font l'objet de décisions portant obligation de quitter le territoire français concomitantes et de ce que la cellule familiale, qui ne fait pas preuve d'une intégration d'une intensité particulière sur le territoire français malgré les activités de bénévolat effectuées par le requérant, peut se reconstituer dans leur pays d'origine où leurs jeunes enfants pourront être scolarisés, les décisions de refus de titre de séjour ne portent pas au droit au respect de la vie privée et familiale de M. et Mme B une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus qui leur a été opposé. Dès lors, les moyens précités doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, les décisions contestées ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant refus de titre de séjour ne sont pas entachées des illégalités alléguées. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire seraient dépourvues de base légale doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d'appel de M. et Mme B sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fins d'injonction, d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme B sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et Mme C B.

Une copie sera adressée pour information au préfet des Deux-Sèvres.

Fait à Bordeaux, le 30 août 2022.

La présidente de la 1ère chambre,

Marianne Hardy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 21BX04695, 21BX04696

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