mardi 30 août 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00128 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LE GUEDARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2103580 du 6 octobre 2021, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2022, M. A, représenté par Me Le Guédard, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 6 octobre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa demande dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation puisqu'elle ne fait aucune référence à sa situation familiale et personnelle, notamment à la présence de membres de sa famille sur le territoire français
- elle méconnait les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que son père, souffrant d'une affection de longue durée, est dépendant au quotidien et sa présence à son domicile est indispensable en raison des difficultés à trouver une aide à domicile, qu'il a ses deux frères en France avec lesquels il entretient des relations durables, intenses et anciennes, qu'il justifie de son intégration professionnelle en France par un contrat de travail qui lui a permis de travailler entre avril et septembre 2021, que son employeur atteste sa satisfaction, et qu'il maitrise la langue française tant à l'écrit qu'à l'oral ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs ;
En ce qui concerne les décisions portant sur l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de renvoi :
- ces décisions sont entachées d'illégalité dès lors que la décision qui les fonde, le refus de titre de séjour, est elle-même entachée d'illégalité ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'exerçant l'activité de pharmacien dans son pays, il était fréquemment agressé par des toxicomanes, et que la dernière agression en date, d'une extrême violence, l'a poussé à venir en France, les autorités de son pays ne le protégeant pas malgré les nombreuses plaintes déposées.
Par une décision n° 2021/025198 du 20 janvier 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant algérien, né le 26 novembre 1993, est entré en France le 30 mars 2019 et a formulé le 6 avril suivant une demande d'asile. Celle-ci a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 décembre 2020, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 11 mars 2021. Par un arrêté du 21 juin 2021, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Il relève appel du jugement du 6 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tenant à l'annulation de l'arrêté précité.
3. En premier lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour méconnaît les stipulations des articles 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui duquel il produit de nouvelles pièces. Toutefois, ces éléments, qui sont pour la plupart postérieurs à l'arrêté en litige, ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a pertinemment écarté ce moyen. En effet, si le requérant produit une attestation médicale du 5 novembre 2021 précisant que son père nécessite la présence d'une tierce personne au quotidien et un document de pôle emploi tendant à démontrer la difficulté de recrutement des aides à domicile, il n'apporte aucun élément permettant de considérer que l'un de ses frères ou que l'un des enfants de son père issus d'une union ultérieure, qui sont en situation régulière sur le territoire français, ne seraient pas en mesure apporter aide et assistance auprès de son père. Par ailleurs, s'il produit ses bulletins de salaire pour la période travaillée, dont une partie est postérieure à l'arrêté contesté, cette circonstance est insuffisante pour démontrer une intégration durable dans la société française, alors au demeurant qu'il produit des pièces établissant sa qualité de pharmacien, métier qu'il peut exercer en Algérie. Dans ces conditions, comme l'a relevé à juste titre le premier juge, le refus de séjour n'a méconnu ni les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En second lieu, M. A, en reprenant dans des termes identiques les autres moyens visés ci-dessus sans aucune critique du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui y a suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 30 août 2022.
La présidente de la 1ère chambre,
Marianne Hardy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026