mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00213 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LE GUEDARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 11 juin 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2103209 du 21 octobre 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2022, M. B, représenté par
Me Le Guédard, demande à la cour :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 21 octobre 2021 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2021 de la préfète de la Gironde ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans ce même délai et sous la même astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé en l'absence d'une prise en compte complète de sa situation, notamment de son intégration professionnelle au regard de la promesse d'embauche dont il se prévaut, ce qui révèle un défaut d'examen circonstancié de sa situation ;
- son droit à être entendu consacré par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de même que les droits à la défense, ont été méconnus dès lors que le refus de séjour fait immédiatement suite à la décision de rejet de sa demande d'asile par la cour nationale du droit d'asile sans qu'il ait pu présenter ses observations sur sa situation actuelle, notamment au plan professionnel ;
- l'arrêté en litige a méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il vit en France depuis deux ans où il démontre un projet professionnel, alors qu'il n'a plus d'attaches au Sénégal ;
- l'illégalité du refus de séjour prive la mesure d'éloignement et la décision fixant le pays de renvoi de base légale ;
- cette dernière décision a méconnu les articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il démontre les risques de traitement inhumains et dégradants qu'il pourrait subir en cas de retour dans son pays d'origine, compte tenu des menaces intrafamiliales dont il fait l'objet et alors que l'administration s'est bornée à constater le rejet de sa demande d'asile par les organismes compétents sans porter sa propre appréciation.
Par une décision n° 2021/025518 du 16 décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. M. B, ressortissant sénégalais né en 1989, relève appel du jugement du 21 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juin 2021 de la préfète de la Gironde portant refus de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire :
3. M. B ayant obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 16 décembre 2021, ses conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire, ont perdu leur objet.
Sur les autres conclusions :
4. En premier lieu, les nouvelles pièces produites en appel par M. B à l'appui de ses moyens tirés de ce que le refus de séjour et la décision fixant le pays de renvoi seraient entachés d'une manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, à savoir des attestations de ses proches et une promesse d'embauche, sont toutes postérieures à l'arrêté en litige et n'apparaissent pas de nature à remettre en cause l'appréciation de la première juge qui a écarté ce moyen en relevant d'une part, qu'il est entré récemment en France pour y solliciter l'asile, qu'il ne démontre pas y disposer du moindre lien personnel et familial et n'établit pas être dépourvu de tout lien dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans alors que ses cinq enfants mineurs y résident, et que la seule circonstance qu'il dispose d'une promesse d'embauche pour un poste de manœuvre maçon ne suffit pas à établir que le centre de ses intérêts privés se trouverait désormais en France, et d'autre part, qu'il ne produit devant le tribunal aucun élément permettant d'établir, de manière plausible, qu'il encourrait un risque réel, actuel et personnel d'être exposé à de tels traitements en cas de retour dans son pays d'origine et que sa demande d'asile a par ailleurs a été rejetée par les instances nationales compétentes. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En second lieu, le requérant invoque en appel les mêmes autres moyens qu'en première instance, dans des termes similaires, sans critique utile du jugement ni pièce nouvelle. Il n'apporte ainsi en appel aucun élément nouveau de nature à remettre en cause l'appréciations du tribunal sur ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, les autres moyens susvisés peuvent être écartés par adoption des motifs pertinents et suffisants retenus par la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions de
M. B aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées, par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera transmise pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 2022.
Le président-assesseur de la 4ème chambre,
Dominique FERRARI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026