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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX00321

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX00321

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX00321
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMAJHAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler, d'une part, la décision implicite née du silence gardé pendant plus de quatre mois sur sa demande de titre de séjour reçue le 22 juillet 2019, et d'autre part, l'arrêté du 16 juillet 2021 par lequel la préfète de la Gironde a explicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n°2005758 du 2 novembre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 30 janvier et 4 avril 2022, M. B, représenté par Me Majhad, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 2 novembre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2021 de la préfète de la Gironde ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le tribunal a commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne répond pas aux exigences de motivation telles que prévues par les articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la motivation est laconique et stéréotypée ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis mai 2014 où il est bien intégré, et qu'il dispose d'un contrat de travail comme carreleur depuis 31 mois au jour de la décision litigieuse ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celles de la circulaire du 28 novembre 2018 dès lors qu'il justifie d'une présence en France supérieure à cinq ans et d'un travail depuis plus de 35 mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, né le 15 mars 1997 à Varto, de nationalité turque, déclare être entré en France le 7 mai 2017 à l'âge de dix-sept ans. Par un courrier du 18 juillet 2019, dont il a été accusé réception le 22 juillet 2019, il a saisi la préfète de la Gironde d'une demande d'admission au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-10, L. 313-11 7° ou L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur sa demande pendant plus de quatre mois, le 22 novembre 2019. Par un arrêté du 16 juillet 2021, la préfète de la Gironde, statuant explicitement sur sa demande, a refusé de lui délivrer un titre de séjour. M. B relève appel du jugement du 2 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 juillet 2021.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Si M B soutient que le jugement attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, ce moyen n'affecte pas la régularité du jugement mais son bien-fondé.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, M. B soutient que l'arrêté du 16 juillet 2021 portant refus d'octroi d'un titre de séjour est insuffisamment motivé. Toutefois, il ressort de la lecture de cet arrêté qu'il comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Il vise les dispositions du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement duquel la décision portant refus d'octroi de titre de séjour a été prise, ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et notamment ses articles 3 et 8. L'arrêté mentionne également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à M. B de comprendre les motifs du refus de séjour qui lui est opposée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté du 16 juillet 2021 doit être écarté.

5. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que sa situation répondrait à l'un des cas de figure énoncé dans la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, laquelle se borne à énoncer des orientations générales destinées à éclairer l'administration dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire et non des lignes directrices qui lui seraient opposables.

6. En troisième et dernier lieu, M. B reprend en appel ses moyens de première instance sans critique utile du jugement. S'il produit des bulletins de salaire, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, qui ont à juste titre considéré que l'intéressé s'était maintenu sur le territoire français en situation irrégulière, notamment en méconnaissance d'une mesure d'éloignement du 28 avril 2015, qu'il est célibataire sans charge de famille, qu'il conserve toutes ses attaches familiales dans son pays d'origine et qu'il exerce une activité professionnelle sans en avoir demandé l'autorisation. Il y a lieu ainsi d'adopter les motifs du tribunal administratif de Bordeaux pour écarter les moyens mentionnés précédemment.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 21 octobre 2022.

Luc DEREPAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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