lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00417 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | OUDIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C et Mme E B ont demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler les arrêtés du 15 octobre 2021 par lesquels le préfet des Hautes-Pyrénées, d'une part, a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et, d'autre part, les a assignés à résidence, à compter de cette date, pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2102776, 2102777 du 22 octobre 2021, la présidente du tribunal administratif de Pau a, d'une part, renvoyé en formation collégiale les conclusions tendant à l'annulation des décisions de refus de séjour et, d'autre part, rejeté les conclusions tendant à l'annulation des autres décisions en litige.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 7 février 2022 sous le n° 22BX00417, M. C, représenté par Me Oudin, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Pau du 22 octobre 2021 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 15 octobre 2021 du préfet des Hautes-Pyrénées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le tribunal administratif a entaché son jugement d'une irrégularité en ne répondant pas au moyen tiré de l'erreur de droit ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'apparaît pas qu'elle fasse suite au rejet d'une demande d'asile mais à une demande d'admission exceptionnelle au séjour, et que le préfet ne justifie pas le trouble à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est présent sur le territoire français depuis six ans, qu'il justifie d'une promesse d'embauche, que ses deux enfants sont scolarisés, que la condamnation mentionnée par le préfet ne permet pas de justifier d'un trouble à l'ordre public, et que la famille a su nouer des liens importants et s'est investie auprès d'associations ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire méconnait les disposions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il vit en France avec son épouse et ses enfants ;
- la décision portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours présente un caractère disproportionné dès lors qu'elle impose des contraintes manifestement exagérées et sans commune mesure avec le but recherché, la rendant manifestement punitive pour sa famille.
M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2021/026329 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 27 janvier 2022.
II- Par une requête, enregistrée le 7 février 2022 sous le n° 22BX00418, Mme B, représentée par Me Oudin, conclut, pour ce qui la concerne, aux mêmes fins que la requête n°22BX00417 en reprenant les mêmes moyens.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/026330 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 27 janvier 2022.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Marianne Hardy, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. C et Mme B, ressortissants kosovars, sont entrés irrégulièrement en France le 2 mars 2015, accompagnés de leurs deux filles mineures. Ils ont présenté des demandes d'asile qui ont été définitivement rejetées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 2 mai 2016. Leurs demandes de réexamen ont également été définitivement rejetées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 21 novembre 2016. Mme B a sollicité, le 9 mai 2017, son admission au séjour en tant qu'étranger malade. Par un arrêté du 21 septembre 2017, la préfète des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Le recours formé par l'intéressée à l'encontre de cet arrêté a été rejeté par un jugement du 18 janvier 2018. Par un arrêté du même jour, la préfète des Hautes-Pyrénées a rejeté la demande d'admission au séjour présentée par M. C en qualité d'accompagnant de sa concubine, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Le recours formé par l'intéressé à l'encontre de cet arrêté a également été rejeté par un jugement du 18 janvier 2018. M. C et Mme B se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire et ont sollicité le 20 novembre 2019, puis le 3 mars 2020, des demandes d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par deux arrêtés du 15 octobre 2021, le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté leurs demandes, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Par deux arrêtés distincts du même jour, cette autorité les a assignés à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes enregistrées sous les numéros 22BX00417 et 22BX00418, M. C et Mme B relèvent appel du jugement du 22 octobre 2021 par lequel la présidente du tribunal administratif de Pau a renvoyé à une formation collégiale leurs conclusions dirigées contre les refus de séjour contenus dans ces arrêtés et a rejeté le surplus de leurs demandes tendant à l'annulation desdits arrêtés. Ces deux requêtes étant dirigées contre un même jugement et présentant des questions semblables, il y a lieu de les joindre pour statuer par une même décision.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort de leurs écritures de première instance qu'ils n'ont pas soulevé le moyen tiré de l'erreur de droit dont la mesure d'éloignement serait selon eux entachée quant à l'application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais qu'ils se sont bornés, à l'appui de leur moyen de légalité externe tiré du défaut de motivation de cette décision, à indiquer qu'elle était mal motivée. Or le premier juge a répondu à ce moyen au point 5 du jugement attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de ce jugement sur ce point doit être écarté.
Sur les autres conclusions :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
5. Il résulte des termes même des décisions contestées que le préfet des Hautes-Pyrénées a fondé les obligations de quitter le territoire français prononcées à l'encontre de M. C et de Mme B sur les seules dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En effet, après avoir rappelé l'existence de précédentes mesures faisant suite au rejet de leurs demandes d'asile, le préfet a précisé qu'ils avaient sollicité, le 20 novembre 2019 puis le 3 mars 2020, une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de leur vie privée et familiale. Le préfet a ensuite examiné leur situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a constaté que M. C et de Mme B n'entraient dans aucun des cas d'attribution de plein droit d'un titre de séjour et que les décisions qui leur étaient opposées ne contrevenaient pas aux stipulations de ces articles. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi soulevé par les requérants doit être écarté.
6. En second lieu, M. C et Mme B reprennent, sans critique utile du jugement, l'ensemble des moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Ils n'apportent aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Pau.
7. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de Mme B et de M. C sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Mme E B.
Une copie sera adressée pour information au préfet des Hautes-Pyrénées.
Fait à Bordeaux, le 9 janvier 2023.
Marianne Hardy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 22BX00417, 22BX00418
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026