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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX00475

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX00475

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX00475
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantUHALDEBORDE-SALANNE GORGUET VERMOTE BERTIZBEREA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société en nom collectif (Snc)La Croix du Sud a saisi le tribunal administratif de Pau, à titre principal, d'une opposition au titre exécutoire émis à son encontre le 5 mars 2019 en vue du recouvrement de la somme de 49 939,50 euros correspondant à une redevance d'occupation du domaine public de la commune de Saint-Jean-de-Luz et a sollicité la décharge de l'obligation de payer cette somme, et à titre subsidiaire, d'une demande tendant à ce que les sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras la garantissent du paiement de cette redevance.

Par un jugement n° 1900836 du 15 décembre 2021, le tribunal administratif de Pau a annulé le titre de recettes émis le 5 mars 2019 à l'encontre de la société La Croix du Sud en vue du recouvrement de la somme de 49 939,50 euros, a déchargé la société La Croix du Sud de l'obligation de payer ladite somme et a rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 février 2022 et le 8 juillet 2024, la commune de Saint-Jean-de-Luz, représentée par son maire en exercice et par Me Logeais, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Pau du 15 décembre 2021 en tant qu'il a annulé le titre de recettes émis le 5 mars 2019 en vue du recouvrement de la somme de 49 939,50 euros et a déchargé la société La Croix du Sud de l'obligation de payer ladite somme ;

2°) de rejeter l'ensemble des demandes de la Snc La Croix du Sud ;

3°) de mettre à la charge de la Snc La Croix du Sud une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la redevance est due dès lors que la voie publique a été effectivement occupée par la société Seom pour le compte de la Snc La Croix du Sud par la mise en place de matériel de chantier ;

- la Snc ne peut se prévaloir de l'origine accidentelle de l'occupation privative de la voie publique pour obtenir la décharge de l'obligation de payer ; en vertu des dispositions de l'article L.2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques, toute occupation ou utilisation du domaine public donne lieu au paiement d'une redevance, quelle qu'en soit l'origine ; si l'article L.2125-1 alinéa 2 du code général de la propriété des personnes publiques prévoit une dérogation au principe de non-gratuité, la circonstance que l'utilisation ou l'occupation soit une condition naturelle et forcée de l'exécution des travaux est sans incidence ;

- le montant de la redevance pour le recouvrement de laquelle le titre de recettes a été émis découle des tarifs applicables aux droits de voirie pour " travaux ou déménagements " fixés par délibération du conseil municipal ;

- les autres moyens soulevés en première instance par la société La Croix du Sud sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2023, la Snc La Croix du Sud, représentée par Me Vermote, conclut :

1°) au rejet de la requête de la commune de Saint-Jean-de Luz ;

2°) à la réformation du jugement en tant qu'il a rejeté son appel en garantie et à ce que les sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras la garantissent solidairement des condamnations prononcées à son encontre ;

3°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Saint-Jean-de-Luz et des sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la requête d'appel de la commune de Saint-Jean-de-Luz, qui se borne à reprendre les mêmes arguments qu'en première instance, est irrecevable en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- aucun des moyens de la requête n'étant fondé, le jugement doit être confirmé en tant qu'il annule le titre exécutoire litigieux et qu'il la décharge de l'obligation de payer la somme de 49 939, 50 euros ;

- les sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras doivent la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre dès lors qu'en sa qualité de maitre de l'ouvrage, elle n'est responsable qu'à compter de la réception des immeubles qui est intervenue le 20 juin 2019 ; or, la redevance d'occupation du domaine public porte sur la période antérieure, courant du 30 mars 2017 au 21 février 2018, durant laquelle la société Seom Rehabilitaciones Y Obras avait la garde des matériaux entreposés au sens de l'article 1242 du code civil.

Par des mémoires enregistrés le 2 août 2023 et le 19 août 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société Seom Rehabilitaciones Y Obras, représentée par Me Dalloz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société La Croix du Sud sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-le jugement doit être confirmé dès lors que les moyens présentés par la Snc La Croix du Sud ne sont pas fondés ;

- ainsi que l'a jugé le tribunal, l'appel en garantie présenté par la Snc La Croix du Sud n'était pas recevable ; il ne saurait quoi qu'il en soit prospérer dès lors que son activité n'est pas la cause de l'occupation du domaine public.

La requête a été communiquée à la société Archibat, qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 21 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caroline Gaillard,

- les conclusions de M. Anthony Duplan, rapporteur public,

- et les observations de Me Arotçarena représentant la commune de Saint-Jean-de-Luz.

Considérant ce qui suit :

1. La société en nom collectif (Snc) La Croix du Sud, maitre d'ouvrage d'une opération de construction de deux immeubles de logements collectifs sur un terrain dont elle est propriétaire, situé 20 rue Joaquim de Haristeguy à Saint-Jean-de-Luz, a confié la maitrise d'œuvre de ce projet au cabinet d'architectes Archibat et la réalisation du gros œuvre à la société Seom Rehabilitaciones Y Obras en vertu d'un contrat conclu le 19 décembre 2016. Au cours du mois de mars 2017, de fortes pluies ont provoqué le glissement d'une partie du talus du terrain et le déchaussement du chêne qui y était implanté. Après l'enlèvement de cet arbre, le 29 mars 2017, des fissures, puis un affaissement de la voie publique bordant la parcelle, au droit des numéros 20 et 22 de la rue Joaquim de Haristeguy, ainsi qu'un endommagement des réseaux de distribution de gaz et d'adduction d'eau, ont été constatés. La compagnie d'assurance de la société La Croix du Sud a couvert les frais de remise en état des réseaux et de réfection de la voirie mais a refusé de prendre en charge la redevance d'occupation du domaine public dont la commune réclamait le paiement simultané pour un montant de 49 939,50 euros. La société La Croix du Sud a saisi le tribunal administratif de Pau d'une opposition au titre exécutoire émis à son encontre le 5 mars 2019 par la trésorerie de Saint-Jean-de-Luz en vue du recouvrement de cette somme, a sollicité la décharge de l'obligation de la payer et, à titre subsidiaire, a demandé à être garantie par le maitre d'œuvre et l'entrepreneur chargé des travaux de gros œuvre du paiement de cette somme.

2. Par un jugement du 21 décembre 2021, le tribunal administratif a annulé le titre de recettes émis le 5 mars 2019, a déchargé la société La Croix du Sud de l'obligation de payer la somme de 49 939,50 euros et a rejeté le surplus de sa demande. La commune de Saint-Jean-de-Luz relève appel de ce jugement dont elle demande l'annulation en tant qu'il a annulé le titre de recettes émis le 5 mars 2019 en vue du recouvrement de la somme de 49 939,50 euros et a déchargé la société La Croix du Sud de l'obligation de payer ladite somme. Cette dernière société conclut au rejet de la requête, sollicite la réformation du jugement en tant qu'il a rejeté l'appel en garantie dirigé contre le maitre d'œuvre et l'entrepreneur chargé des travaux de gros œuvre et, par la voie de l'appel provoqué, demande à être garantie des condamnations prononcées à son encontre solidairement par les sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras.

Sur la fin de non-recevoir opposée à la requête d'appel :

3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. (). Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ".

4. La requête d'appel de la commune de Saint-Jean-de-Luz énonce de manière suffisamment précise les moyens invoqués à l'appui des conclusions à fin d'annulation du jugement, du titre de recettes émis le 5 mars 2019 et à fin de décharge de l'obligation de payer en résultant. Elle répond ainsi aux exigences de motivation de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société La Croix du Sud doit être écartée.

Sur l'appel principal :

En ce qui concerne le moyen retenu par le tribunal :

5. D'une part, aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. ". L'article L. 2111-14 du même code dispose que : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées ". Aux termes de l'article L. 113-2 du code de la voirie routière : " En dehors des cas prévus aux articles L. 113-3 à L. 113-7 et de l'installation par l'Etat des équipements visant à améliorer la sécurité routière, l'occupation du domaine public routier n'est autorisée que si elle a fait l'objet, soit d'une permission de voirie dans le cas où elle donne lieu à emprise, soit d'un permis de stationnement dans les autres cas. Ces autorisations sont délivrées à titre précaire et révocable. ".

6. D'autre part, le premier alinéa de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques dispose que : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance sauf lorsque l'occupation ou l'utilisation concerne l'installation par l'Etat des équipements visant à améliorer la sécurité routière ou nécessaires à la liquidation et au constat des irrégularités de paiement de toute taxe perçue au titre de l'usage du domaine public routier. / Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, l'autorisation d'occupation ou d'utilisation du domaine public peut être délivrée gratuitement : / 1° Soit lorsque l'occupation ou l'utilisation est la condition naturelle et forcée de l'exécution de travaux ou de la présence d'un ouvrage, intéressant un service public qui bénéficie gratuitement à tous ; () ". Aux termes de l'article L. 2125-3 du même code : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation. ".

7. Pour annuler le titre de recettes du 5 mars 2019 et décharger la société La Croix du Sud de l'obligation de payer la somme pour le recouvrement de laquelle il a été émis, le tribunal administratif de Pau a estimé que la voie publique avait été immobilisée et son usage entravé à raison d'un désordre et non au motif que le domaine public routier avait fait l'objet d'une occupation privée qui justifierait le paiement d'une redevance. Le tribunal en a déduit que l'arrêté d'autorisation d'occuper temporairement la voirie, accordé à la société de travaux publics Seom Rehabilitaciones Y Obras France le 24 novembre 2017 pour le dépôt temporaire de divers matériaux, ne pouvait valablement fonder la redevance mise à la charge de la société La Croix du Sud.

8. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des termes du procès-verbal de police établi le 30 mars 2017, qu'après de fortes pluies, un glissement de terrain sur la parcelle dont est propriétaire la société La Croix du Sud, située 20 rue Joaquim de Haristeguy à Saint-Jean-de-Luz, a occasionné un dommage sur la chaussée qui s'est affaissée, laissant apparaître les canalisations des réseaux publics. Par deux arrêtés de police des 29 mars et 24 novembre 2017, la circulation a été interdite. Sur sa demande, l'entreprise de travaux Seom Rehabilitaciones Y Obras, mandataire de la société La Croix du Sud, s'est vu délivrer deux arrêtés de voirie portant " occupation temporaire de la voie publique " datés des 24 novembre et 1er décembre 2017 en vue d'exécuter les travaux de terrassement, purement privatifs, à la suite du glissement de terrain. En vertu de ces deux arrêtés de voirie, l'entreprise de travaux a été autorisée à clôturer le chantier et à occuper l'emprise de la rue devant la propriété. En contrepartie, le pétitionnaire était tenu, selon l'article 2 desdits arrêtés, de prendre toutes les mesures de sécurité et de protection relatives à son chantier afin notamment de protéger les usagers et les revêtements du domaine public par la mise en place de bâches sur les parties verticales de l'échafaudage. Dans ces conditions, la commune de Saint-Jean-de-Luz est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a estimé que la société La Croix du Sud, dont le mandataire a entreposé du matériel sur le domaine public pendant la durée du chantier, n'était pas redevable de la redevance mise à sa charge.

9. Il y a lieu pour la cour, dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens invoqués par la société La Croix du Sud en première instance et en appel.

En ce qui concerne les autres moyens invoqués par la société La Croix du Sud :

10. En premier lieu, la société La Croix du Sud soutient qu'elle n'est pas redevable de la redevance en litige dès lors que, selon le contrat qu'elle a conclu avec la société Seom Rehabilitaciones Y Obras le 19 décembre 2016, cette dernière se serait engagée, en tant que gardienne du chantier, à prendre à sa charge la responsabilité du matériel fourni par le maître d'ouvrage jusqu'à la livraison définitive du bâtiment, le 20 juin 2019. Toutefois, en sa qualité de gestionnaire du domaine public, la commune de Saint-Jean-de-Luz était fondée à réclamer le paiement de la redevance tant à la société Seom Rehabilitaciones Y Obras, occupant du domaine public, qu'à la société La Croix du Sud, propriétaire de la parcelle, pour le compte de laquelle les travaux de terrassement ont été réalisés à la suite des dégâts constatés en mars 2017. Par suite, le moyen tiré par la société La Croix du Sud de ce qu'elle ne serait pas la personne redevable de la redevance litigieuse doit être écarté.

11. En second lieu, il résulte de l'instruction que, pour fixer le montant de la redevance, le maire de la commune a fait application du tarif en matière d'" occupation pour travaux ", mentionné à la rubrique 3.4.2 de la délibération de la commune de Saint-Jean-de-Luz applicable pour l'entreposage de matériels de chantiers qui prévoit un tarif de de 4 euros le m2 /semaine, et a appliqué un droit fixe supplémentaire de 19,50 euros. Si la société La Croix du Sud soutient que le montant de la redevance aurait dû a minima être fixé forfaitairement à 40 euros sur toute la période d'occupation du domaine public par référence au tarif prévu à la rubrique 3.4.3 pour l'ouverture de tranchée et les travaux de raccordement en eau et gaz, il résulte de l'instruction que les travaux entrepris concernent non pas la remise en état des réseaux publics qui ont été endommagés à la suite de l'affaissement de la chaussée mais les travaux de terrassement réalisés sur la parcelle privative de l'intéressée à la suite de glissement de terrain. Compte tenu de la période d'occupation du domaine public, du 30 mars 2017 au 21 février 2018, soit 48 semaines, et de la surface d'occupation de 260 m² constatée contradictoirement sur site, le maire de la commune de Saint-Jean-de-Luz a pu fixer le montant de la redevance à la somme totale de 49 939, 50 euros sans préjudice du fait que la société La Croix du Sud a payé la remise en état des dégâts occasionnés sur la voirie et les réseaux.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Saint-Jean-de-Luz est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Pau a annulé le titre de recettes émis le 5 mars 2019 et déchargé la société La Croix du Sud de l'obligation de payer la somme en résultant. Dès lors, ce jugement doit être annulé dans cette mesure et la demande de première instance rejetée.

Sur l'appel provoqué :

13. La société La Croix du Sud réitère en appel ses conclusions tendant à ce que les sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras la garantisse du paiement de la redevance mise à sa charge par la commune de Saint-Jean-de-Luz. Ces conclusions ne sont pas dirigées contre l'appelant principal et constituent donc des conclusions d'appel provoqué. Ainsi que l'a jugé le tribunal, la somme mise à la charge de la société La Croix du Sud ne présentant pas un caractère indemnitaire, de telles conclusions ne peuvent qu'être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu de mettre à la charge de la société La Croix du Sud une somme de 1 500 euros au titre des frais de procès exposés par la commune de Saint-Jean-de-Luz. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle aux conclusions présentées au même titre par la société La Croix du Sud, partie perdante.

15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société La Croix du Sud à l'encontre des sociétés Archibat et Seom Rehabilitaciones Y Obras, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif, ni à celle présentées par ces dernières à l'encontre de la société La Croix du Sud.

DÉCIDE :

Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Pau n° 1900836 du 15 décembre 2021 est annulé.

Article 2 : La demande de la société La Croix du Sud présenté devant le tribunal administratif de Pau et ses conclusions d'appel sont rejetés.

Article 3 : La société La Croix du Sud versera à la commune de Saint-Jean-de-Luz une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à la société La Croix du Sud, à la commune de Saint-Jean-de-Luz, à la société Seom Rehabilitaciones Y Obras et à la société Archibat.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Karine Butéri, présidente,

M. Stéphane Guéguein, président-assesseur,

Mme Caroline Gaillard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 octobre 2024.

La rapporteure,

Caroline Gaillard

La présidente,

Karine Butéri

La greffière,

Catherine Jussy

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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