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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX00564

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX00564

vendredi 2 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX00564
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAUTEF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2101639 du 30 juin 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2022, M. A, représenté par Me Autef, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 30 juin 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 de la préfète de Gironde ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an, ou à défaut, de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de l'instruction de son dossier dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1999 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :

- le tribunal n'a pas suffisamment motivé sa réponse au moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa demande en qualité de salarié ;

- il n'a pas pris en compte les difficultés qu'il a rencontrées dans son cursus universitaire pour analyser le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

- il n'a pas tenu compte de la réalité de sa vie privée laquelle ne saurait être limitée à la seule dimension familiale ;

En ce qui concerne la décision portant refus du titre de séjour :

- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que la préfète n'a pas transmis sa demande d'autorisation de travail à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète a examiné sa demande sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur celui de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié qui a vocation à s'appliquer au sens de l'article L. 110-1 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que l'article L. 313-10 1° ne subordonne pas la délivrance d'un titre de séjour salariée à l'adéquation entre l'emploi proposé et les études ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa demande d'autorisation de travail dès lors que la préfète ne justifie pas de l'incomplétude de sa demande et n'a jamais sollicité la production des pièces manquantes, en méconnaissance de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tenant au caractère réel et sérieux des études poursuivies dès lors que n'ont pas été prises en compte les difficultés rencontrées lors de son parcours universitaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle dès lors qu'il justifie avoir des liens familiaux intenses, durables et stables avec sa famille en France, ainsi qu'une vie privée et sociale alléguée par de nombreuses attestations ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'illégalité dès lors que le refus de séjour est lui-même illégal ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est parfaitement intégré sur le territoire français, qu'il est arrivé en février 2015, et qu'il a développé des liens forts avec son entourage.

Par une décision n° 2021/018710 du 16 septembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant sénégalais né en 1991, est entré en France le 6 février 2015 sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant ". Il a obtenu la délivrance de plusieurs titres de séjour " étudiant ", le dernier étant valable jusqu'au 15 septembre 2019. Par un arrêté du 19 juin 2020, la préfète de la Gironde a refusé de renouveler son titre de séjour et a pris à son encontre une mesure d'éloignement. Toutefois, cette décision n'a pas pu être notifiée régulièrement à l'intéressé, les services postaux ayant retourné le pli avec la mention " défaut d'accès ou d'adressage ". Courant 2020, M. A a transmis à la préfecture une demande d'autorisation de travail présentée par la société " Actual Pessac " à son bénéfice. Par un arrêté du 22 décembre 2020, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Il relève appel du jugement du 30 juin 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tenant à l'annulation de l'arrêté précité.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. D'une part, M. A soutient que tribunal n'a pas suffisamment motivé sa réponse au moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa demande en qualité de salarié. Toutefois, il ressort de la lecture du considérant 5 du jugement attaqué que les premiers juges, qui n'étaient pas tenu de répondre à tous les arguments exposés par les parties, ont suffisamment répondu à ce moyen.

4. D'autre part, l'appelant soutient que le jugement attaqué serait irrégulier dès lors qu'il n'a pas pris en compte les difficultés qu'il a rencontrées dans son cursus universitaire pour analyser le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, et qu'il n'a pas tenu compte de la réalité de sa vie privée, laquelle ne saurait être limitée à la seule dimension familiale. Toutefois, ces circonstances, dès lors que l'intéressé n'évoque ni une omission à statuer sur des conclusions ni un défaut de réponse à un moyen, relèvent du bien-fondé du jugement attaqué et non de sa régularité.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

5. En premier lieu, M. A reprend en appel les moyens tirés de ce que la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui desquels il produit de nouvelles pièces. Toutefois, quand bien même il allègue de la poursuite de ses études au titre de l'année 2020/2021, cela ne démontre en rien le caractère réel et sérieux de ses études, le certificat de scolarité fourni ne se bornant qu'à démontrer son inscription sans faire état de sa réussite aux examens. Par ailleurs, les nouvelles attestations de ces proches, au demeurant postérieures à l'arrêté en litige, ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont pertinemment écarté ces moyens par des motifs qu'il convient d'adopter. Enfin, M. A ne peut utilement se prévaloir devant le juge de l'excès de pouvoir, pour contester la décision lui refusant un titre de séjour portant la mention " salarié ", d'un autre contrat de travail que celui pour lequel il a sollicité une autorisation de travail.

6. En second lieu, M. A, en reprenant dans des termes identiques les autres moyens susvisés sans aucune critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 2 septembre 2022.

Luc DEREPAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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