mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00962 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2021 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et la décision du même jour par laquelle la même autorité l'a assigné à résidence.
Par un jugement n° 2103364 du 10 janvier 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Pau a renvoyé à une formation collégiale du tribunal les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2021 en tant qu'il porte refus de titre de séjour et rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2022, M. B, représenté par Me Pather, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Pau du 10 janvier 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2021 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et la décision du même jour par laquelle la même autorité l'a assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation, ce qui révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que son droit d'être entendu a été méconnu ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis plus de cinq années avec sa famille, qu'il n'a plus aucune attache avec son pays origine, qu'il est parfaitement intégré et que ses enfants sont scolarisés ;
- elle est illégale dès lors que la décision qui la fonde, le refus d'octroi du titre de séjour sollicité, est elle-même entachée d'illégalité : elle est entachée d'un défaut de motivation ; elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale dès lors que la décision qui la fonde, l'obligation de quitter le territoire français, est elle-même entachée d'illégalité ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est illégale dès lors que la décision qui la fonde, l'obligation de quitter le territoire français, est elle-même illégale.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- cette décision est illégale dès lors que les décisions qui la fondent, l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi, sont elles-mêmes entachées d'illégalité ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, que l'ensemble de ses liens privés et familiaux se situent en France, et qu'il réside sur le territoire national depuis plus de cinq ans en n'ayant conservé aucun lien avec son pays d'origine.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- cette décision est illégale dès lors que la décision qui la fonde, l'obligation de quitter le territoire français, est elle-même entachée d'illégalité.
Par une décision n° 2022/001730 du 17 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant kosovare né le 18 juillet 1981, est entré en France le 6 septembre 2016 accompagné de son épouse et de leurs trois enfants mineurs. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 octobre 2017, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 1er juin 2018. Par un premier arrêté du 9 décembre 2019, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a refusé de délivrer à M. B le titre de séjour qu'il avait sollicité le 29 juin 2018 en qualité d'étranger malade. Par un deuxième arrêté du 16 juillet 2021, la même autorité a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé le 14 avril 2021 sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A la suite de l'interpellation de M. B par la police aux frontières le 27 décembre 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a, par un arrêté du 28 décembre 2021, refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par une décision du même jour, la même autorité l'a assigné à résidence. Ces décisions ont été contestées devant le tribunal administratif de Pau. Par un jugement du 10 janvier 2022, la magistrate désignée par la présidente de ce tribunal a renvoyé à une formation collégiale les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2021 en tant qu'il porte refus de titre de séjour et a rejeté le surplus de sa demande. M. B doit être regardé comme relevant appel de ce jugement en tant qu'il rejette le surplus de sa demande.
3. En premier lieu, M. B réitère son moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation au soutien duquel il fait nouvellement valoir que, contrairement à ce qu'a jugé la magistrate désignée du tribunal administratif, le préfet des Pyrénées-Atlantiques ne pouvait se borner à faire référence à la décision distincte de refus de séjour qui lui a été opposée le 16 juillet 2021. Il ressort toutefois de l'arrêté en litige du 28 décembre 2021 portant notamment refus de titre de séjour que, s'il mentionne la décision de refus de titre de séjour du 16 juillet 2021, le préfet n'en a pas moins procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B qu'il décrit de manière détaillée. Le moyen doit par conséquent être écarté.
4. En second lieu, M. B reprend dans des termes identiques et sans critique utile du jugement, les autres moyens soulevés en première instance visés ci-dessus. Il n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels la magistrate désignée du tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Bordeaux, le 29 mars 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026