mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01008 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HUGON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par une ordonnance n° 2104759 du 16 novembre 2021, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux a donné acte du désistement de la demande de M. A.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2022, M. A, représenté par Me Hugon, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux du 16 novembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour temporaire avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes, soit 1 800 euros TTC, à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'ordonnance attaquée est irrégulière dès lors que son avocat a déposé à l'accueil du tribunal, en raison d'une anomalie affectant l'application Télérecours, un courrier sollicitant la fixation d'une date d'audience pour sa demande d'annulation de l'arrêté en litige, ce qui induisait qu'il entendait bien maintenir ses conclusions ;
- le refus de séjour a méconnu l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le motif de remise en cause de l'authenticité des actes d'état civil qu'il a produits relève de l'instruction de la demande de titre de séjour, et non de sa recevabilité ;
- l'administration ne l'a pas informé des motifs qui l'ont conduite à mettre en œuvre la procédure de vérification des actes d'état civil en cause, et l'arrêté en litige ne fait aucune mention des éléments lui ayant permis de déclencher la vérification prévue par l'article 47 du code civil, ce qui constitue un vice de procédure en renversant la présomption réfragable de validité des actes d'état civil étrangers ;
- la préfète ne l'a pas non plus mis en mesure de présenter des observations utiles sur la remise en cause de la validité des documents précités, ce qui l'a privé d'une garantie ;
- contrairement aux allégations de la cellule des fraudes de la direction zonale de la Police aux frontières, il n'existe pas deux jugements supplétifs d'acte de naissance, mais bien un seul, rendu le 31 juillet 2019. Sa naissance n'a pas été enregistrée deux fois, dès lors que le jugement supplétif de 2015 a été annulé en 2019. On ne saurait lui reprocher, alors qu'il était mineur et isolé sur le territoire français et n'avait plus de contact avec sa famille, d'avoir produit un faux document lorsqu'il a transmis la copie intégrale de l'acte de naissance qui mentionnait un jugement supplétif de 2015. Son identité était ainsi parfaitement établie, et notamment son âge à la date de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance ;
- la préfète a entaché son refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement exemplaire souligné par les équipes éducatives ou son employeur révèle le caractère réel et sérieux du suivi d'une formation professionnelle qualifiante alors qu'il bénéficiait en 2019 d'un contrat de jeune majeur ;
- ce refus ne mentionne aucunement les éléments pourtant transmis à la préfète de la Gironde concernant sa scolarité et son insertion professionnelle en France, ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- le seul fait que l'absence de contact avec le pays d'origine ne soit pas démontrée ne saurait motiver un refus de titre de séjour d'un jeune majeur entré mineur isolé en France ;
- la préfète a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a entaché ce refus d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il réside en France depuis quatre ans où il a produit de nombreux efforts d'intégration, notamment par le travail ;
- la mesure d'éloignement est privée de base légale en raison des illégalités entachant le refus de séjour ;
- cette décision a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de ce qui précède ;
- l'illégalité des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire entraîne nécessairement celle de la décision fixant le pays de renvoi.
Par une décision n° 2021/027138 du 3 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né en 2001, relève appel de l'ordonnance du 16 novembre 2021 de la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux prenant acte, d'office, du désistement de sa demande d'annulation de l'arrêté du 25 août 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. Selon l'article R. 612-5-2 du même code : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté. "
4. La présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux, pour donner acte du désistement de M. A en application des dispositions citées ci-dessus de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, s'est fondée sur ce que, alors que la demande de suspension présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative avait été rejetée par le juge des référés de ce même tribunal, M. A n'avait pas confirmé le maintien de sa requête à fin d'annulation en temps utile.
5. Il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance n° 2104760 du 28 septembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté la demande de suspension de l'arrêté en litige présentée par M. A au motif qu'il n'était pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Le courrier de notification adressé par le greffe du tribunal administratif de Bordeaux, assorti d'un accusé de réception signé le 4 octobre 2021, produit dans la présente instance révélant que M. A a été personnellement destinataire de l'ordonnance du juge des référés, lui indique qu'en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, il sera réputé s'être désisté de sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en litige s'il ne confirme pas de manière expresse maintenir cette demande dans le délai d'un mois à compter de la notification de ce courrier. Si le conseil de l'intéressé soutient qu'elle a déposé dès le 5 octobre 2021 à l'accueil du tribunal, en raison d'une anomalie affectant l'application Télérecours, un courrier sollicitant la fixation d'une date d'audience pour la demande d'annulation de l'arrêté en litige, elle ne produit cependant pas ce courrier et ne fait état d'aucun élément établissant que le tribunal l'aurait bien reçu. Par ailleurs, le dysfonctionnement allégué de l'application Télérecours, à le supposer même établi à la date indiquée, ne faisait pas obstacle à ce que le conseil de M. A puisse faire enregistrer ce courrier au greffe dans le délai imparti, lequel expirait le 5 novembre suivant.
6. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la présidente de la 4ème chambre le tribunal administratif de Bordeaux, en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative et en l'absence de confirmation expresse du maintien de ses conclusions dans le délai imparti, a pris acte du désistement de sa demande.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel apparaît manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 26 octobre 2022.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026