mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01089 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CALIOT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme D B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2021 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2102687 du 18 mars 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 avril et 21 juin 2022, Mme B, représentée par Me Caliot, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 18 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2021 de la préfète de la Vienne ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut, de prendre une nouvelle décision dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente dans un délai de 48 heures une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'une incompétence de son signataire en raison de l'absence de justification de la délégation de signature spéciale donnée à Mme A ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le fait que son mari l'ait trompée et qu'elle en justifie constitue au sens de cet article l'existence de violences conjugales et psychologiques particulières, que c'est dans ces circonstances qu'elle a été obligée de quitter le domicile conjugal ;
- il porte atteinte à sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'à la suite à la séparation, elle a tout mis en œuvre pour ne pas être une charge pour la société française, qu'elle a passé son permis de conduire pour être totalement indépendante et continuer à subvenir à ses besoins matériels et financiers, qu'elle fait partie d'une association, qu'elle a travaillé depuis novembre 2020 comme aide-ménagère auprès de particuliers, et qu'elle a obtenu une promesse d'embauche sur un poste d'agent d'accompagnement en service d'aide à la personne ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/005412 du 28 avril 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme B, ressortissante camerounaise, est entré en France le 8 novembre 2017 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 11 août 2018, elle s'est mariée avec un ressortissant français et s'est vu délivrer un titre de séjour en tant que conjointe de français. Elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour valable jusqu'au 11 septembre 2020. Par un arrêté du 23 septembre 2021, la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Elle relève appel du jugement du 18 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté précité.
3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient en appel Mme B, la préfète de la Vienne a joint à son mémoire produit devant le tribunal administratif, l'arrêté n° 2021-SG-DCPPAT-021 en date du 27 août 2021 par lequel elle a donné, en son article 3, délégation à Mme C A, sous-préfète, secrétaire général de la préfecture de la Vienne, à l'effet de signer tous les actes relevant des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et doit être écarté
4. En deuxième lieu, au soutien de son moyen de première instance tiré de ce que l'arrêté litigieux porterait atteinte à sa vie privée et familiale, qu'elle reprend en appel dans des termes similaires, elle produit une promesse d'embauche établie le 21 juin 2022 par l'Association intermédiaire SATE 86 pour un poste d'agent d'accompagnement au service d'aide à domicile en contrat de professionnalisation-inclusion pour une durée de 12 mois, du lundi 22 août 2022 au lundi 21 août 2023. Toutefois, ce document ne permet pas de remettre en cause l'appréciation qui a été portée sur ce moyen par les premiers juges qui ont relevé qu'âgée de quarante ans, elle résidait en France depuis moins de quatre ans à la date de l'arrêté litigieux, qu'elle est hébergée par une association, qu'elle ne démontre pas avoir, en dehors de sa relation avec son mari, développé de liens personnels stables et intenses en France alors que résident dans son pays d'origine ses deux enfants mineurs, sa mère et sa sœur. Par suite, la mesure en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
5. En troisième et dernier lieu, Mme B reprend en appel dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, ses autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 26 octobre 2022.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026