mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01094 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | EIZAGA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B D a demandé au tribunal administratif de Mayotte d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2021 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi.
Par une ordonnance n° 2104208 du 28 janvier 2022, le président du tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 avril 2022 et le 7 octobre 2022, M. B D, représenté par Me Eizaga, demande à la cour d'annuler cette ordonnance n° 2104208 du président du tribunal administratif de Mayotte et d'annuler l'arrêté en litige du 22 septembre 2021.
Il soutient, en ce qui concerne la régularité de l'ordonnance attaquée, que :
- la minute de l'ordonnance n'est pas signée contrairement aux dispositions de l'article R. 741-7 du code de justice administrative.
Il soutient, au fond, que :
- l'arrêté en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il a le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français dès lors que ses parents et ses frères et sœurs vivent en France en situation régulière ou possèdent la nationalité française.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2022, le préfet de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête d'appel est irrecevable dès lors que les pièces qui y étaient jointes n'ont pas été numérotées contrairement aux dispositions de l'article R. 412-2 du code de justice administrative. Il soutient, au fond, que tous les moyens de la requête doivent être écartés comme infondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 30 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant comorien né le 26 décembre 1997, est entré irrégulièrement sur le territoire français en septembre 2009 selon ses déclarations. Il a déposé une demande d'asile que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejetée par une décision du 4 avril 2017 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 11 décembre 2017. Sa demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable par l'OFPRA le 21 janvier 2021. Après quoi, le préfet de Mayotte a pris à l'encontre de M. D un arrêté du 22 septembre 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi. M. D a contesté cet arrêté devant le tribunal administratif de Mayotte et relève appel de l'ordonnance du 28 janvier 2022 par laquelle le président du tribunal a, en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, rejeté sa demande comme n'étant pas assortie des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
2. Il ressort du dossier de première instance que la minute de l'ordonnance attaquée a été signée conformément à l'article R. 741-7 du code de justice administrative. Le moyen tiré de l'irrégularité de cette ordonnance doit en conséquence être écarté.
Sur la légalité de l'arrêté du 22 septembre 2021 :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Il ressort, certes, des pièces du dossier que les parents de M. D séjournent régulièrement sur le territoire français, ainsi que son demi-frère tandis que ses trois demi-sœurs possèdent la nationalité française et vivent à Mayotte. Si M. D soutient qu'il est le dernier membre de sa famille à avoir quitté son pays d'origine pour rejoindre ses proches résidant à Mayotte, il ne produit aucun élément permettant d'apprécier la nature, l'ancienneté et l'intensité des liens qu'il pourrait entretenir avec ces derniers, la seule production d'extraits d'actes de naissance, de titres de séjour et de cartes d'identité étant insuffisante à cet égard. D'autant qu'il ressort des pièces du dossier que M. D est domicilié chez un tiers et non chez l'un de ses parents.
6. Par ailleurs, en produisant une attestation d'affiliation au régime d'assurance maladie ainsi que deux certificats d'inscription dans un centre dispensant des cours de langue et de culture générale au titre des années 2016/2017 et 2017/2018, M. D n'apporte pas d'éléments de nature à établir qu'il aurait noué sur le territoire français des liens privés tels que l'arrêté en litige aurait porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée.
7. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée à la requête d'appel, que M. D n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par l'ordonnance attaquée, le président du tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté en litige.
DECIDE
Article 1er : La requête n° 22BX01094 de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B D et au ministre de l'intérieur. Copie pour information en sera délivrée au préfet de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Florence Demurger, présidente,
M. Frédéric Faïck, président-assesseur,
Mme Caroline Gaillard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
Le rapporteur,
Frédéric A
La présidente,
Florence DemurgerLa greffière,
Catherine JussyLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026