mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01136 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SADEK |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler la décision du 23 juin 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ainsi que l'arrêté du 23 juin 2021 prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans à compter de l'exécution de la décision en date du 29 septembre 2020.
Par une ordonnance du 18 octobre 2021, le vice-président du tribunal administratif de Limoges a, d'une part, renvoyé les conclusions tendant à l'annulation du refus de séjour devant une formation collégiale, et d'autre part, rejeté les conclusions tendant à l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français en raison de leur tardiveté.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, M. B, représenté par Me Sadek, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du tribunal administratif de Limoges du 18 octobre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2021 du préfet de la Haute-Vienne portant interdiction de retour sur le territoire français ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dont distraction à son conseil.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de séjour et interdiction de retour sur le territoire français ont été notifiées au guichet de la préfecture en l'absence d'un interprète ; la décision d'interdiction de retour procède du refus de séjour et aurait ainsi dû voir s'appliquer un délai de recours contentieux de deux mois ;
- l'absence d'uniformisation des délais de recours contentieux porte atteinte à la sécurité juridique dès lors que l'administration décide d'édicter deux décisions différentes à la même date avec des voies de recours différentes ;
- la décision en litige est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation au regard des exigences de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle se contente de formules impersonnelles et stéréotypées ;
- elle est disproportionnée.
Par une décision n° 2021/025225 du 24 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant algérien, est entré en France pour la première fois le 19 novembre 2011 sous couvert d'un visa de type C valable du 17 octobre 2011 au 13 avril 2012. Après s'être vu autorisé à séjourner en France, l'intéressé a fait l'objet de deux mesures d'éloignement les 17 juillet 2017 et 21 janvier 2018. Par la suite, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 29 septembre 2020, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Limoges du 21 janvier 2021. Il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire au-delà des trente jours qui lui étaient fixés. Par une décision du 23 juin 2021, le préfet de la Haute-Vienne lui a de nouveau refusé la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du même jour, le même préfet a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans à compter de l'exécution de la décision en date du 29 septembre 2020. Il relève appel de l'ordonnance du 18 octobre 2021 en tant que le tribunal administratif de Limoges a rejeté pour tardiveté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. () ". Et aux termes de l'article L. 614-5 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. / L'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-7, notifiée postérieurement à la décision portant obligation de quitter le territoire français, peut être contestée dans les mêmes conditions. () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 776-3 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les interdictions de retour sur le territoire français prises en application de l'article L. 612-7 de ce code à l'encontre d'étrangers s'étant maintenus sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire peuvent faire l'objet d'un recours contentieux dans les quinze jours de leur notification. () ". En vertu de l'article R. 776-5 du même code, le délai de quarante-huit heures ou de quinze jours ne sont susceptibles d'aucune prorogation. Et aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
5. Aux termes de l'ordonnance attaquée, le vice-président du tribunal administratif de Limoges a rejeté comme tardives les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français au motif que la requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 6 septembre 2021, soit après l'expiration du délai de recours contentieux.
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 23 juin 2021 portant interdiction de retour sur le territoire français a été prononcée au motif que M. B s'était maintenu en situation irrégulière sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire de trente jours qui lui avait été prescrit pour exécuter une précédente mesure d'éloignement du 29 septembre 2020. Ainsi, en application des dispositions précitées, l'intéressé disposait d'un délai de quinze jours pour former un recours devant le tribunal administratif. La décision d'interdiction de retour, dont la notification comportait la mention des voies et délais de recours, lui a été notifiée le 16 juillet 2021 par voie administrative, de sorte que la requête formée le 6 septembre 2021 était tardive. M. B soutient en appel que sa requête de première instance est recevable dès lors que l'interdiction de retour lui a été notifiée sans interprète, que cette décision procède du refus de séjour qui lui a été notifié le même jour et que le délai de recours contentieux de deux mois aurait dû s'appliquer à la décision en litige. Toutefois, comme indiqué précédemment, l'interdiction de retour sur le territoire français ne procédait pas du refus de titre de séjour mais a été prise sur le fondement de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que M. B n'avait pas exécuté une mesure d'éloignement dans le délai qui lui était imparti. Par ailleurs, le requérant a indiqué lors de la notification de la décision en litige comprendre la langue française. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le vice-président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande en raison de sa tardiveté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Fait à Bordeaux, le 26 octobre 2022.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026