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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01233

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01233

jeudi 5 janvier 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01233
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCANADAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 29 janvier 2022 par lesquels le préfet de Lot-et-Garonne, d'une part, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et, d'autre part, l'a assigné à résidence.

Par un jugement nos 2200539, 2200540 du 3 février 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 30 avril 2022, M. B, représenté par Me Canadas, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 3 février 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2022 du préfet de Lot-et-Garonne portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat d'une somme de

" 1 500 euros T.T.C. " sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le premier juge n'ayant manifestement pas suffisamment tenu compte des moyens soulevés dans sa demande de première instance, notamment celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation, le jugement est irrégulier ;

- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de compétence de son auteur ;

- il est insuffisamment motivé dans son ensemble dès lors qu'il comporte des formules stéréotypées sans aucune énonciation précise relative à sa vie privée et familiale ;

- l'exécution de la mesure d'éloignement entraine des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle au regard du but poursuivi par ladite mesure, laquelle souffre par ailleurs d'un défaut d'examen circonstancié de sa situation ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour ce même motif ;

- le préfet a méconnu l'intérêt supérieur de son enfant en bas-âge résidant avec lui en France tel que protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire apparaît totalement disproportionné et est entaché d'une erreur d'appréciation de sa situation ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans est privée de base légale compte tenu des illégalités affectant la mesure d'éloignement, apparait totalement disproportionnée, et est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation, alors notamment que son comportement ne constitue nullement une menace pour l'ordre public.

Par une décision n° 2022/003976 du 24 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a désigné Mme Marianne Hardy, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ".

2. M. B, ressortissant kirghize né en 1984, a présenté une demande d'asile à son entrée en France en 2016, demande qui a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 29 août 2018. Par un arrêté du 17 juillet 2020, la préfète de la Gironde a refusé son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B n'a pas déféré à cette mesure d'éloignement et a été interpellé le 29 janvier 2022 lors d'un contrôle routier. Il relève appel du jugement du 3 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a notamment rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 janvier 2022 du préfet de Lot-et-Garonne lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Si M. B estime que le premier juge n'a pas suffisamment tenu compte des éléments dont il s'est prévalu devant lui, cette circonstance, dès lors qu'il n'évoque ni une omission à statuer sur des conclusions ni un défaut de réponse à un moyen, relève du bien-fondé de celui-ci et non de sa régularité. Le moyen tiré de la régularité du jugement attaqué doit, par suite, être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

4. M. B, en reprenant sans pièce nouvelle et dans des termes identiques à ceux évoqués en première instance les moyens de légalité externe et interne invoqués devant le tribunal, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a suffisamment et pertinemment répondu à l'ensemble de ces moyens. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.

Fait à Bordeaux, le 5 janvier 2023.

Marianne Hardy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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