mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01272 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2018 par lequel le recteur de l'académie de Poitiers l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement pour la période du 29 au 30 novembre 2018, en tant que celui-ci tient compte d'un congé de maladie à demi-traitement pendant la période du 7 juillet au 31 août 2018.
Par un jugement n° 1900267 du 3 mars 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2022, Mme B, représentée par Me Pelgrin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Poitiers du 3 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2018 par lequel le recteur de l'académie de Poitiers l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement pour la période du 29 au 30 novembre 2018 en tant que celui-ci retient un congé de maladie à demi-traitement pour la période du 7 juillet au 31 août 2018 ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Poitiers de procéder au réexamen de sa situation administrative et à sa régularisation à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a repris ses fonctions du 9 au 13 juillet 2018 puis a bénéficié de ses congés annuels alors que l'établissement où elle est affectée était fermé du 14 juillet au 28 août 2018 ; elle n'a reçu aucune injonction de l'administration de ne pas travailler du 29 au 13 juillet, puis de ne pas prendre ses congés annuels ; les motifs de la décision sont donc erronés ;
- des droits acquis sont nés à son profit, qui ne pouvaient plus être remis en cause par l'administration à l'expiration d'un délai de quatre mois en vertu de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision méconnaît l'article 24 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir, la décision n'ayant d'autre but que de lui nuire.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 204, le recteur de l'académie de Poitiers conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 7 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 21 mars 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Laurent Pouget a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur a été, après un détachement, réintégrée à compter du 1er septembre 2003 dans l'académie de Poitiers. Elle a sollicité en vain à différentes reprises une mutation dans l'académie d'Aix-Marseille, puis a été placée alternativement en congé de maladie et en congé de maternité entre janvier 2004 et janvier 2008 avant d'être placée en disponibilité d'office, jusqu'à son affectation au lycée Jean Hyppolite de Jonzac le 25 mars 2013, en qualité de secrétaire comptable. A compter du 28 août 2017, elle a été de nouveau placée en congé de maladie ordinaire sans interruption. Elle relève appel du jugement du 3 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 3 décembre 2018 par lequel le recteur de l'académie de Poitiers l'a placée en congé de maladie à demi-traitement pour la période du 29 au 30 novembre 2018 en retenant notamment une période antérieure de congé de maladie à demi-traitement du 7 juillet au 31 août 2018.
Sur la légalité de l'arrêté du 3 décembre 2018 :
2. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État : " Le fonctionnaire en activité a droit : 1° A un congé annuel avec traitement dont la durée est fixée par décret en Conseil d'État ; 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants () ". L'article 24 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dispose que : " Sous réserve des dispositions de l'article 27 ci-dessous, en cas de maladie dûment constatée et mettant le fonctionnaire dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, celui-ci est de droit mis en congé de maladie. ". Enfin, aux termes de l'article 27 du même décret : " Lorsque, à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, un fonctionnaire est inapte à reprendre son service, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir. / Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical () ".
3. Mme B, en congé de maladie ordinaire depuis le 28 août 2017, ainsi qu'il a été dit au point 1, fait valoir sans être contredite qu'elle a repris ses fonctions le 9 juillet 2018 au lycée Jean Hyppolite de Jonzac, à l'expiration de son dernier arrêt de travail en date, et n'a sollicité un nouvel arrêt de travail qu'à compter du 31 août 2018. Elle était ainsi placée en position d'activité du 9 juillet au 31 août 2018, nonobstant la fermeture de l'établissement du 14 juillet au 26 août. L'administration n'est pas fondée à soutenir qu'elle ne pouvait reprendre son activité le 9 juillet 2018 sans que le comité médical ait émis un avis favorable, dès lors que cette procédure n'est applicable qu'à l'issue d'un congé de maladie de douze mois, ce qui n'était pas le cas de l'intéressée. La reprise de son service n'était donc pas subordonnée à une consultation du comité médical, contrairement à ce que soutient l'administration. Par suite, le recteur de l'académie de Poitiers ne pouvait légalement estimer qu'elle était en congé de maladie de façon ininterrompue depuis le 28 août 2017 ni retenir pour ce motif, par l'arrêté contesté du 3 décembre 2018, une période de congé de maladie ordinaire à demi-traitement entre le 7 juillet et le 31 août 2018.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par Mme B, que celle-ci est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 3 décembre 2018 en ce qu'il a pris en considération un placement en congé de maladie pour la période du 7 juillet au 31 août 2018
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le motif d'annulation de l'arrêté du 3 décembre 2018 retenu ci-dessus implique que la rectrice de l'académie de Poitiers réexamine la situation administrative de Mme B au titre de la période couverte par cet arrêté en tenant compte d'une reprise du service entre le 7 juillet et le 31 août 2018.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement n° 1900267 du 3 mars 2022 du tribunal administratif de Poitiers est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 3 décembre 2018 du recteur de l'académie de Poitiers est annulé en ce qu'il retient que Mme B était en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 7 juillet au 31 août 2018.
Article 3 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Poitiers de réexaminer la situation administrative de Mme B au titre de la période concernée par l'arrêté annulé.
Article 4 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B, à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à la rectrice de l'académie de Poitiers.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Laurent Pouget, président,
Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy, présidente-assesseure,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La présidente-assesseure,
Marie-Pierre Beuve Dupuy
Le président-rapporteur,
Laurent Pouget Le greffier,
Anthony Fernandez
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026