jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01596 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SARL LE PRADO - GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E B a demandé au tribunal administratif de Pau de condamner le centre hospitalier de Pau ou l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux,
des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser une indemnité
de 161 632,53 euros en réparation des préjudices en lien avec une perte d'acuité visuelle imputée à une goniopuncture au laser réalisée le 1er octobre 2015.
Par un jugement n° 1901517 du 14 avril 2022, le tribunal a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 13 juin 2022, M. B, représenté par Me Dana, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de condamner l'ONIAM à lui verser une indemnité de 161 632,53euros
et d'ordonner une expertise afin d'évaluer ses pertes de revenus futures ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 2 500 euros au titre de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- la goniopuncture réalisée le 1er octobre 2015, destinée à remédier à une hypertonie oculaire, a eu pour conséquence une atonie de l'œil gauche, ce qui est un accident médical et ne peut être regardé comme un échec thérapeutique ; cet accident n'est pas fautif dès lors que selon l'expert, l'intervention a été réalisée selon les règles de l'art ; en l'absence d'intervention, la dégradation de l'acuité visuelle aurait été beaucoup plus lente, et la complication présentait une probabilité faible de 2 % ; l'état antérieur qui a nécessité l'acte litigieux est sans incidence sur son droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale ; c'est ainsi à tort que le tribunal a rejeté sa demande ;
- il sollicite les sommes de 2 979,28 euros au titre de l'assistance temporaire par une tierce personne, de 37 290,75 euros au titre de ses pertes de revenus des années 2015 à 2017, de 4 362,50 euros au titre des périodes de déficit fonctionnel temporaire retenues par l'expert, de 8 000 euros au titre des souffrances endurées, de 108 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent et de 1 000 euros au titre du préjudice esthétique ;
- il sollicite une expertise afin d'évaluer ses pertes de revenus à compter
du 1er avril 2018, date de sa mise en invalidité.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 août 2022, l'ONIAM, représenté par
la SELARL Birot, Ravaut et Associés, conclut à titre principal au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à l'organisation d'une expertise médicale.
Il fait valoir que :
- si l'expert indique que l'hypotonie de l'œil gauche survenue dans les suites de la goniopuncture au laser constitue un aléa thérapeutique, il n'explique ni le mécanisme de cette complication, ni en quoi le dommage serait en lien avec l'acte médical ; il ne peut donc être déduit de l'expertise que l'hypotonie à l'origine de la baisse de l'acuité visuelle résulterait de l'intervention réalisée le 1er octobre 2015 ;
- M. B, qui présentait initialement une forte myopie, a subi des interventions de la cataracte à l'œil droit le 29 novembre 2012, puis à l'œil gauche le 21 novembre 2013 ; il a ensuite présenté une hypertension des deux yeux qui s'est compliquée d'un glaucome résistant aux traitements et s'est accompagnée d'un affaiblissement de l'acuité visuelle ; selon l'expert, l'évolution du glaucome pouvait conduire à la cécité ; ainsi, contrairement à ce qu'a retenu le tribunal, l'hypotonie et la baisse de l'acuité visuelle ne trouvent pas leur origine dans l'acte médical pratiqué le 1er octobre 2015, mais relèvent d'un mauvais résultat de la thérapeutique, laquelle n'a pas permis d'amélioration ;
- si la cour estimait que le dommage résulte d'un accident médical, la condition d'anormalité n'est pas remplie dès lors, d'une part, que la tension oculaire ne cessait d'augmenter malgré les traitements, ce qui aurait conduit de façon suffisamment probable à la cécité, et d'autre part, que le risque d'hypotonie de 2 % retenu par l'expert ne tient pas compte de l'état antérieur de M. B, qui l'exposait particulièrement à ce risque ;
- à titre subsidiaire, la cour pourrait ordonner une expertise médicale portant sur l'évolution de l'état de santé de M. B en l'absence d'intervention et sur le risque de survenue du dommage auquel il était personnellement exposé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Isoard, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui présentait une hypertension oculaire bilatérale et avait subi
des interventions de la cataracte à l'œil gauche le 29 novembre 2012 et à l'œil droit
le 21 novembre 2013 dans un établissement privé, a été adressé en décembre 2014 au centre hospitalier de Pau, pour avis sur une aggravation de la tension oculaire résistante aux traitements par collyre et comprimés. Après avoir modifié le traitement à deux reprises, le 30 janvier puis le 2 mars 2015, le médecin de cet établissement a proposé au patient une sclérectomie profonde sur l'œil gauche afin de réduire la tension oculaire. L'intervention, réalisée le 7 avril 2015, a permis une amélioration provisoire. Le 3 septembre 2015, M. B a été adressé au centre hospitalier de Pau après un épisode de pression intraoculaire à 60 mmHg à l'œil droit, et une très importante cataracte secondaire a été constatée sur l'œil gauche. Le 1er octobre 2015, une goniopuncture au laser a été réalisée sur l'œil gauche en raison d'une adhérence de la racine de l'iris au niveau du site de sclérectomie profonde. Le 9 octobre 2015, au constat d'une pression intraoculaire nulle à l'œil gauche, une injection intravitréenne d'hexafluorure de soufre a été réalisée sous anesthésie locale. De nouvelles interventions, au centre hospitalier de Pau puis au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, ont permis d'équilibrer la tension oculaire, mais l'œil gauche a conservé une forte baisse de l'acuité visuelle.
2. M. B a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI), laquelle a ordonné une expertise dont le rapport, déposé le 3 octobre 2016, a conclu que les soins, notamment l'intervention au laser du 1er octobre 2015, avaient été conformes aux règles de l'art, et que l'hypotonie de l'œil gauche qui avait entraîné l'importante baisse de l'acuité visuelle était un aléa thérapeutique connu du laser, avec une fréquence de 2 %. Toutefois, par un avis
du 23 novembre 2016, la CCI a rejeté la demande d'indemnisation de M. B aux motifs que le dommage était la conséquence de l'évolution de sa pathologie, et qu'en tout état de cause, l'état antérieur avait joué un rôle déterminant dans la survenue de la complication, laquelle ne
pouvait être regardée comme anormale au sens de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. M. B a alors saisi le tribunal administratif de Pau d'une demande de condamnation du centre hospitalier de Pau ou de l'ONIAM à lui verser une indemnité de 161 632,53 euros en réparation de ses préjudices. Il relève appel du jugement du 14 avril 2022 en tant que le tribunal a rejeté sa demande dirigée contre l'ONIAM aux motifs que les conditions d'anormalité et de gravité ouvrant droit à une indemnisation au titre de la solidarité nationale n'étaient pas remplies.
3. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. " Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / (). "
4. Au sens des dispositions citées au point précédent, la condition d'anormalité du dommage doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Il en va ainsi des troubles, entraînés par un acte médical, survenus chez un patient de manière prématurée, alors même que l'intéressé aurait été exposé à long terme à des troubles identiques par l'évolution prévisible de sa pathologie. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage. Une probabilité de survenance du dommage inférieure ou égale à 5 % présente le caractère d'une probabilité faible, de nature à justifier la mise en œuvre de la solidarité nationale.
5. Selon l'expertise, la forte myopie de M. B s'est compliquée d'une hypertension oculaire, elle-même compliquée d'un glaucome résistant aux traitements, l'intervention chirurgicale réalisée le 7 avril 2015 pour diminuer la tension de l'œil gauche a été efficace dans un premier temps, mais après l'épisode de décompensation très importante survenue sur l'œil droit avec une pression à 60 mmHg, la tension s'est à nouveau élevée sur l'œil gauche et a nécessité le 1er octobre 2015 un " complément de laser " (goniopuncture), dans les suites duquel s'est produite une hypotension majeure. L'expert conclut que l'hypotonie de l'œil gauche, à l'origine de la baisse d'acuité visuelle, est un aléa thérapeutique de la goniopuncture au laser, laquelle a été réalisée dans les règles de l'art. Il précise que la fréquence de cette complication est de 2 %, et que si l'évolution d'un glaucome peut conduire à une dégradation de la vue et même à la cécité, la rapidité de la dégradation de la vision de l'œil gauche de M. B ne relève pas d'une évolution classique de la maladie. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'ONIAM, l'expertise, qui fait référence à deux études relatives à la goniopuncture au laser, suffit à démontrer le lien de causalité entre l'intervention du 1er octobre 2015 et la perte de vision prématurée de l'œil gauche, laquelle ne peut être regardée comme imputable à l'évolution de la pathologie.
6. Toutefois, l'expert cite des courriers du médecin du centre hospitalier de Pau faisant apparaître que l'hypertension oculaire était particulièrement grave au regard des enjeux sur la fonction visuelle, et précise que l'acuité visuelle de l'œil droit était à 8 sur 10 après correction le 21 décembre 2015 et à 2 sur 10 le jour de l'expertise, le 26 septembre 2016, ce qui démontre une aggravation rapide pour l'œil non affecté par l'accident médical. En outre, l'évaluation du taux de déficit fonctionnel permanent imputable à cet accident ne tient pas compte de ce qu'aurait été l'évolution de l'acuité visuelle de l'œil gauche du seul fait de l'évolution de la pathologie préexistante. Ainsi, le dossier ne permet pas d'apprécier dans quel délai M. B aurait été exposé à la même perte d'acuité visuelle en l'absence de l'intervention, de sorte que la cour n'est pas en mesure de se prononcer sur la condition d'anormalité du dommage définie au point 4. Par suite, il y a lieu d'ordonner une nouvelle expertise aux fins indiquées ci-après.
DÉCIDE :
Article 1er : Avant de statuer sur la demande indemnitaire de M. B, il sera procédé à une expertise médicale contradictoire par un spécialiste en ophtalmologie, en présence de M. B et de l'ONIAM.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
1°) prendre connaissance du dossier médical de M. B et de l'expertise du docteur C, et examiner M. B ; demander le cas échéant la réalisation des examens complémentaires qui paraîtraient utiles à la réponse aux questions posées ;
2°) présenter la pathologie ophtalmologique bilatérale complexe (forte myopie, cataracte, glaucome et hypertension) dont M. B était atteint ; préciser notamment à quelle date le glaucome a été diagnostiqué et quelles ont été, pour chaque œil, sa gravité initiale et son évolution ; expliciter la " forte myopie " mentionnée p. 42 de l'expertise du docteur C, alors qu'il est indiqué p. 6 que l'acuité visuelle était à 8 sur 10 pour l'œil droit et 10 sur 10 pour l'œil gauche en janvier 2008 ; indiquer, chaque fois qu'il sera fait référence à l'acuité visuelle, si elle se rapporte à une mesure avant ou après correction ;
3°) expliciter les risques de l'hypertension oculaire, dont la gravité a été soulignée par le docteur D lors des consultations des 2 mars et 9 octobre 2015, sur l'évolution de l'acuité visuelle ; indiquer dans quel délai ces risques étaient alors susceptibles de se réaliser ; donner son avis sur le délai dans lequel, en l'absence de l'intervention du 1er octobre 2015, l'acuité visuelle de l'œil gauche aurait baissé au niveau atteint à la date de consolidation de l'état de santé de M. B en lien avec la complication survenue ;
4°) donner son avis sur le risque de survenue de la complication, évalué à 2 % par le docteur C, dans le cas particulier de la pathologie de M. B ;
5°) donner son avis sur la date de consolidation fixée par le docteur C au
26 septembre 2016, jour de l'expertise, alors qu'à cette date, l'acuité visuelle de l'œil gauche est indiquée à 1 sur 10 pour l'évaluation du déficit fonctionnel permanent, avec une apparente amélioration par rapport à celle de 1 sur 20 notée par le docteur D lors de la consultation du 25 juillet 2016 ; le cas échéant, fixer une autre date de consolidation ;
6°) évaluer la part des préjudices (déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées, déficit fonctionnel permanent, préjudice esthétique et préjudice d'agrément) en lien avec l'intervention du 1er octobre 2015 ;
7°) indiquer à quelle date M. B a interrompu son activité professionnelle, et donner son avis sur la possibilité qu'il aurait eue de la reprendre en l'absence de l'intervention du 1er octobre 2015 ;
Article 3 : Pour l'accomplissement de sa mission, l'expert pourra se faire remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du code de justice administrative, tous documents utiles, et notamment tous ceux relatifs aux examens et soins pratiqués sur l'intéressé.
Article 4 : L'expert sera désigné par le président de la cour. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. S'il lui apparaît nécessaire de faire appel au concours d'un sapiteur, il sollicitera l'autorisation du président de la cour, comme le prévoit l'article R. 621-2 du code de justice administrative.
Article 5 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code
de justice administrative, l'expert déposera son rapport sous forme dématérialisée dans le délai fixé par le président de la cour dans la décision le désignant. Il en notifiera une copie à chacune des parties intéressées. Avec l'accord de ces dernières, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent arrêt sera notifié à M. E B et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Catherine Girault, présidente,
Mme Anne Meyer, présidente-assesseure,
Mme Kolia Gallier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
Anne A
La présidente,
Catherine GiraultLe greffier,
Fabrice Benoit
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026