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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01662

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01662

mercredi 16 novembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01662
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédures contentieuses antérieures :

M. B C et Mme A E épouse C ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 28 janvier 2022 par lesquelles la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par des jugements nos 2105819, 22BX00984 et 2105818, 22BX0976 du 19 mai 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.

Procédures devant la cour administrative d'appel :

I- Par une requête enregistrée le 17 juin 2022 sous le n° 22BX01662, Mme C, représentée par Me Landete, demande à la cour :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;

2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 19 mai 2022 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 de la préfète de la Gironde pris à son encontre ;

4°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de réexaminer sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la préfète de la Gironde a entaché son refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation médicale au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son état de santé est extrêmement précaire, qu'elle souffre de graves troubles psychiatriques, lesquelles ne peuvent être soignés au Nigéria où cette spécialité souffre d'un cruel manque de moyens et où les malades sont stigmatisés et victimes de mauvais traitement ;

- son état de santé, lequel l'empêche tout retour dans son pays d'origine, et sa situation familiale, notamment la présence de ses deux enfants nés à Bordeaux et engagés dans une mesure d'assistance éducative, constituent des motifs exceptionnels d'admission au séjour au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la préfète a entaché son refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de cet article et de l'article L. 423-23 du même code ;

- contrairement à ce qu'affirme la préfète, l'intérêt supérieur de ses enfants ne saurait résider en la cessation des mesures d'assistance éducative, alors même que sa fille présente elle aussi des troubles psychologiques, de rester avec leurs parents qui ne sont pas en capacité de s'en occuper au quotidien, et de quitter le territoire français pour rejoindre un pays dans lequel il existe un désert médical quant aux soins psychiatriques en plus d'être l'un des pays les plus pauvres du monde.

Par une décision n° 2022/010063 du 18 juillet 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II- Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022 sous le n° 22BX01663, M. C, représentée par Me Landete, conclut, pour ce qui le concerne, aux mêmes fins que la requête 22BX01662 en reprenant les mêmes moyens dans des termes similaires.

Par une décision n° 2022/010062 du 18 juillet 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel , les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. C et son épouse Mme E, ressortissants nigérians nés respectivement en 1981 et 1980, sont entrés en France fin 2015 pour y solliciter l'asile. Leurs demandes d'asile ont été rejetées en dernier lieu par la cour nationale du droit d'asile le 4 septembre 2017. Ils ont alors fait l'objet d'un refus d'admission au séjour assorti d'une mesure d'éloignement par un arrêté du 25 octobre 2019 devenu définitif à la suite du rejet de leur recours devant la juridiction administrative. Ils ont tous deux sollicité en 2021 une demande de titre de séjour sur le fondement de leur état de santé, de leur situation familiale établie selon eux en France et au titre de l'admission exceptionnelle prévue à L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Des décisions implicites de refus de titre de séjour sont nées le 10 septembre 2021 du silence gardé par la préfète de la Gironde sur ces demandes. Cependant, cette même autorité, par deux arrêtés du 28 janvier 2022 s'étant substitués à ces refus implicites, a refusé explicitement de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. et Mme C relèvent appel des jugements du 19 mai 2022 par lesquels le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

Sur la jonction :

3. Les requêtes nos 22BX01662 et 22BX01663 concernent les membres de la même famille et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

4. Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux ayant admis M. et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 18 juillet 2022, leurs conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire, ont perdu leur objet.

Sur les autres conclusions :

5. Les requérants n'apportent en cause d'appel aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à leurs écritures de première instance reprises dans des termes similaires et sans critique utile des jugements s'agissant de l'ensemble des moyens susvisés auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, par suite, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions de M. et Mme C aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes de M. et Mme C tendant à leur admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des requêtes de M. C et Mme E est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à Mme A E épouse C. Une copie en sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 16 novembre 2022.

Luc DEREPAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 22BX01662, 22BX01663

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