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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01712

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01712

lundi 13 mai 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01712
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantCABINET PARME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par une première requête n° 2005802, Mme E A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le maire de Pessac a fixé la consolidation de son état de santé au 28 février 2017 et d'enjoindre à la commune de Pessac de réexaminer sa situation administrative.

Par une seconde requête n° 2005803 Mme E A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le maire de Pessac a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute déclarée le 28 février 2020 de la maladie professionnelle constatée le 28 juin 2012 et d'enjoindre à la commune de Pessac de réexaminer sa situation.

Par un jugement n° 2005802-2005803 du 5 mai 2022, le tribunal administratif de Bordeaux, après avoir joint les deux requêtes, a rejeté ses demandes.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juin 2022 et le 18 mai 2023, Mme E A, représentée Me Ledoux, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 5 mai 2022 précité ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le maire de Pessac a fixé la consolidation de son état de santé au 28 février 2017 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le maire de Pessac a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute déclarée le 28 février 2020 de la maladie professionnelle constatée le 28 juin 2012 ;

4°) d'enjoindre à la commune de Pessac de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Pessac une somme de 2 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté fixant la date de consolidation de son état de santé :

- la procédure suivie par la commission de réforme est irrégulière dès lors que sa pathologie nécessitait la présence en son sein d'un médecin neurologue et éventuellement d'un rhumatologue ; elle a alerté la commission de réforme sur l'irrégularité de la procédure la veille de la tenue de la commission ;

- il est insuffisamment motivé dès lors qu'il se borne à se référer à l'avis de la commission de réforme ; ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation quant à sa date de consolidation ; le docteur D a fixé la date de consolidation de son état de santé au 28 février 2017 en se fondant exclusivement sur un rapport d'expertise du docteur F dont la mission n'était pourtant pas de fixer cette date de consolidation mais d'évaluer les préjudices subis du fait d'une section du nerf médian à la suite d'une intervention chirurgicale du 9 avril 2013 ; contrairement à l'avis de la commission départementale de réforme, les séances de kinésithérapie n'ont pas été arrêtées au 28 février 2017 ;

- il est illégal dès lors qu'il ne se prononce pas sur l'existence de soins post-consolidation alors qu'elle bénéficie encore de soins en raison de douleurs persistantes dans sa main gauche ;

En ce qui concerne l'arrêté du 9 octobre 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute :

- la procédure suivie par la commission départementale de réforme est irrégulière dès lors que sa pathologie nécessitait la présence en son sein d'un médecin rhumatologue ; elle a alerté la commission de réforme sur l'irrégularité de la procédure la veille de la tenue de la commission ;

- la décision est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle se borne à se référer à l'avis de la commission de réforme ;

- elle est entachée d'erreurs de droit et d'appréciation dès lors que pour refuser de reconnaître l'imputabilité de la rechute au service, le maire de la commune de Pessac s'est fondé sur l'avis du docteur D qui énonce qu'il ne peut s'agir d'une rechute motif pris qu'elle était déjà en arrêt maladie au 28 février 2020 ; il existait des éléments nouveaux dès lors qu'elle a été placée en congé de maladie ordinaire pour état dépressif à compter du 2 septembre 2019 et que durant cet arrêt des douleurs importantes et paresthésies de la main gauche se sont réveillées ; les nouveaux troubles présentent un caractère spontané et constituent une aggravation de son état de santé relatif à son membre gauche.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, la commune de Pessac, représentée par la SELARL Parme, agissant par Me Noël, conclut au rejet de la requête à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caroline Gaillard,

- les conclusions de M. Anthony Duplan, rapporteur public,

- et les observations de Me Burdeau, substituant Me Ledoux, pour Mme A et de Me Soulès, substituant Me Noël, pour la commune de Pessac.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E A, adjointe technique de 1er classe, née le 15 janvier 1969, exerçait ses fonctions d'agent technique des écoles au sein de la commune de Pessac. Par un arrêté du 31 octobre 2014, le maire de Pessac a reconnu l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle déclarée le 28 juin 2012, en raison de son syndrome du canal carpien gauche. Le 28 février 2020, Mme A a déclaré une rechute de sa maladie professionnelle du 28 juin 2012, avec arrêts de travail et soins prolongés jusqu'au 31 mai 2020. A l'issue de l'expertise médicale du 18 mai 2020, le docteur D a fixé la date de consolidation de son état de santé au 28 février 2017. La commission départementale de réforme, dans son avis du 16 septembre 2020, a fixé la date de consolidation de son état de santé à cette même date avec un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de 15 %. Par un arrêté du 9 octobre 2020, le maire de Pessac a fixé la date de consolidation de sa maladie au 28 février 2017 Et, par un second arrêté du 9 octobre 2020, le maire de Pessac a refusé de reconnaître la rechute du 28 février 2020 dont Mme A fait état, comme imputable à sa maladie professionnelle, en raison de l'absence de lien direct et certain. Mme A relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes d'annulation de ses deux arrêtés du maire de Pessac ainsi que ses conclusions injonctives.

Sur la légalité de l'arrêté fixant la date de consolidation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. Dix jours au moins avant la réunion de la commission, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande, ou par l'intermédiaire d'un médecin ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. La commission entend le fonctionnaire, qui peut se faire assister d'un médecin de son choix. Il peut aussi se faire assister par un conseiller ". En vertu des dispositions de l'article 3 du même arrêté, la commission de réforme comprend " 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes () ".

3. Il résulte des dispositions précitées que, dans le cas où il est manifeste, eu égard aux éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée est nécessaire pour éclairer l'examen du cas du fonctionnaire, l'absence d'un tel spécialiste est susceptible de priver l'intéressé d'une garantie et d'entacher ainsi la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.

4. La requérante soutient que, lors de la séance du 16 septembre 2020, la commission de réforme des agents de la fonction publique territoriale, qui a rendu un avis défavorable à l'imputabilité au service de la rechute du 28 février 2020 de sa maladie professionnelle constatée le 28 juin 2012, ne comprenait aucun médecin spécialiste en rhumatologie et ou neurologie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, pour apprécier l'état de santé de Mme A, la commission disposait du rapport d'expertise du docteur D, médecin généraliste agréé, en date du 18 mai 2020, qui après avoir examiné Mme A, a rappelé l'historique de sa maladie et s'est notamment fondé sur l'expertise très détaillée du docteur F, expert près la cour d'appel de Bordeaux et des observations écrites de la requérante du 15 septembre 2020. Compte tenu des éléments médicaux dont disposait la commission de réforme, la présence d'un médecin spécialiste, lors de la séance à l'issue de laquelle a été rendu un avis défavorable à l'unanimité des votants, n'était pas manifestement nécessaire pour éclairer l'examen de la situation médicale de Mme A. Enfin, la circonstance que le rapport d'expertise a été rédigé par le docteur D, qui est un médecin généraliste agréé par la commission, et non par un spécialiste de la pathologie du canal carpien ne saurait l'avoir privé d'une garantie. Par suite, la procédure suivie devant la commission de réforme n'a pas, compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, effectivement privé Mme A de la garantie que constitue pour l'agent le fait que la commission de réforme soit éclairée par un médecin spécialiste de sa pathologie, et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'arrêté du 4 août 2004 doit être écarté.

5. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision fixant la date de consolidation en litige, laquelle ne constitue pas une décision refusant à l'intéressée un avantage, serait insuffisamment motivée est inopérant et ne peut dès lors qu'être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. () ".

7. La date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier un taux d'incapacité permanente partielle qui a résulté d'une pathologie ou d'un accident.

8. Par un arrêté du 9 octobre 2019, le maire de la commune de Pessac, éclairé par l'avis de la commission de réforme, a fixé la date de consolidation de la maladie professionnelle de Mme A constatée le 28 juin 2012 et liée à un syndrome du canal carpien gauche, au 28 février 2017. Il ressort des pièces du dossier que pour prendre sa décision, le maire de Pessac s'est fondé tant sur l'expertise du docteur D du 18 mai 2020, que sur le rapport d'expertise du docteur F du 6 octobre 2018 et sur l'avis de la commission de réforme, qui s'accordent pour fixer la date de consolidation à cette date. A cet égard, ni le courrier du docteur B, médecin généraliste, du 13 juillet 2016 qui indique qu'après plus de deux ans d'évolution, une anesthésie et des douleurs neuropathiques sont constatées et peuvent justifier une rééducation ergothérapique de la main gauche, ni celui du 5 avril 2018 du même médecin qui évoque une anesthésie des trois premiers doigts et du bord latéral du quatrième doigt et indique la reprise d'une rééducation ergothérapique sensitive, déjà communiqués au docteur F dans le cadre de son expertise, ne permettent d'établir une aggravation de son état de santé directement liée à son accident depuis le 28 février 2017 et partant, de contredire la date de consolidation de son état fixée au 28 février 2017. Enfin, si la requérante produit deux ordonnances du docteur B des 8 mars 2017 et 16 avril 2018, lui prescrivant, pour chacune d'elle, vingt séances de rééducation en hospitalisation de jour, il ressort de l'expertise postérieure du docteur F précitée, que la kinésithérapie a été arrêtée en raison de l'absence d'amélioration. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

9. En dernier lieu, la requérante fait valoir que son état de santé nécessite encore des soins en raison de douleurs persistantes dans sa main gauche et qu'elle suit des séances de kinésithérapie. Toutefois, alors que la consolidation de l'état de santé ne peut être assimilée à la guérison totale du patient et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par la pathologie, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 9 octobre 2020 fixant sa date de consolidation au 28 février 2017 serait entaché d'une erreur de droit.

Sur la légalité de l'arrêté portant refus d'imputabilité au service de sa rechute :

10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 4, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme, à raison de l'absence de spécialiste en rhumatologie et ou en neurologie, doit être écarté.

11. En deuxième lieu, la décision contestée vise les textes dont il est fait application, la demande de reconnaissance de rechute de la maladie professionnelle présentée par Mme A le 28 février 2020, le rapport d'expertise du docteur D du 18 mai 2020, lequel indique que les arrêts de travail ne sont pas justifiés au titre de la maladie professionnelle du 28 juin 2012 et l'avis de la commission de réforme du 16 septembre 2020 qui conclut à l'absence de lien direct et certain avec la maladie professionnelle initiale en l'absence d'éléments médicaux nouveaux depuis la consolidation de la maladie initiale. Par suite, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales.".

13. D'une part, lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé, postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice des dispositions précitées est subordonné non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions.

14. D'autre part, les effets d'un accident de service peuvent être aggravés par l'existence d'un état pathologique antérieur. En revanche, la rechute d'un accident de service se caractérise par la récidive ou l'aggravation subite et naturelle de l'affection initiale après sa consolidation sans intervention d'une cause extérieure.

15. Mme A fait valoir que depuis le 28 février 2020, des douleurs importantes de la main gauche se sont réveillées, remontant jusqu'à l'épaule gauche, alors qu'elle se trouvait en arrêt de travail pour état dépressif depuis le 2 septembre 2019. Elle a alors demandé la reconnaissance de la rechute de sa maladie professionnelle constatée le 28 juin 2012. Au soutien de sa demande, elle produit le certificat médical du docteur C, médecin généraliste, du 28 février 2020, mentionnant " canal carpien gauche avec greffe nerveuse : recrudescence des douleurs ". Toutefois, il ressort du rapport d'expertise du docteur D du 18 mai 2020 chargé d'émettre un avis sur sa demande que sa maladie n'a pas progressé depuis le 2 septembre 2019, date de son début d'arrêt de travail, et qu'il n'y a " guère de progrès à attendre de son état de santé ". En outre, lors de la séance du 16 septembre 2020, la commission de réforme a rejeté l'imputabilité de la rechute du 28 février 2020 à la maladie professionnelle constatée le 28 juin 2012, en l'absence de lien direct avec la maladie professionnelle initiale. Enfin, ni les certificats médicaux du docteur B et C des 28 février 2020 et 21 septembre 2020, faisant état d'une rechute de sa maladie et de douleurs persistantes à sa main gauche, ni la fiche de visite médicale du 8 octobre 2020 aux termes de laquelle la requérante a été reconnue apte à reprendre son poste à compter du 19 octobre 2020 " avec nécessité médicale de siège ergonomique et repose pied " ne permettent de remettre en cause l'appréciation portée par le docteur D. La requérante ne justifie pas d'éléments médicaux nouveaux attestant de la récidive ou de l'aggravation subite et naturelle de son affection initiale après consolidation sans intervention d'une cause extérieure. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation entachant l'arrêté en litige doivent être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes d'annulation des arrêtés du maire de Pessac en litige. Par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pessac, qui n'est pas la qualité de partie perdante, la somme que demande Mme A au titre des frais liés à l'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme à verser à la commune de Pessac au même titre.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pessac sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme E A et à la commune de Pessac.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Ghislaine Markarian, présidente,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

Mme Caroline Gaillard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 mai 2024.

La rapporteure,

Caroline Gaillard

La présidente,

Ghislaine Markarian

La greffière,

Catherine Jussy

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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