Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. M... F... et Mme D... L... ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler les arrêtés du 14 décembre 2021 par lesquels la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n°s 2106829, 2200291 du 7 février 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour administrative d’appel :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2022, M. F... et Mme L..., représentés par Me Duten, demandent à la cour :
1°) d’annuler le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux du 7 février 2022 ;
2°) d’annuler les arrêtés du 14 décembre 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d’enjoindre à la préfète de la Gironde de leur délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale », ou à défaut, de se prononcer à nouveau sur leur droit au séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de leur délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Ils soutiennent que :
Sur les arrêtés pris dans leur ensemble :
- les arrêtés en litige sont entachés d’incompétence dès lors qu’il appartient à la préfète de la Gironde d’établir l’absence ou l’empêchement des personnes précédant le signataire de ces actes dans la chaine des délégations de signature.
Sur les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- ces décisions méconnaissent les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors qu’ils résident sur le territoire français depuis le mois de juillet 2019, qu’ils sont inscrits à des cours de langue française, qu’ils sont bénévoles dans une association, que leurs trois enfants sont scolarisés et parlent le français ;
- les demandes de réexamen de la demande d’asile de leurs enfants B... et A... enregistrées par les services de la préfecture le 18 janvier 2022 et les demandes de réexamen de leurs propres demandes d’asile enregistrées par les mêmes services le 4 février suivant font obstacle à leur éloignement du territoire français ;
- ces décisions méconnaissent les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant dès lors qu’une demande de réexamen des demandes d’asile, notamment des enfants, est en cours ;
- elles méconnaissent les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que toutes les conditions sont remplies pour leur admission exceptionnelle au séjour ;
- elles sont entachées d’une erreur manifeste d'appréciation.
M. F... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/003691 du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 17 mars 2022.
Mme L... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/003686 du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 17 mars 2022.
Le président de la cour administrative d’appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme G... E... en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. (...) ».
2. M. M... F... et Mme D... L..., ressortissants de nationalité égyptienne, déclarent être entrés en France le 28 juin 2019. Ils étaient accompagnés de leurs trois enfants mineurs. Le 2 juillet 2019, ils ont sollicité le bénéfice de l’asile. Leurs demandes ont été rejetées par deux décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatride du 28 janvier 2021, confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d’asile du 29 novembre 2021. Par deux arrêtés du 14 décembre 2021, la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Ils relèvent appel du jugement du 7 février 2022 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l’annulation de ces arrêtés.
3. En premier lieu, M. F... et Mme L... soutiennent que les arrêtés en litige ont été pris par une autorité incompétente dès lors qu’il appartient à la préfète de la Gironde d’établir l’absence ou l’empêchement des personnes précédant le signataire de ces actes dans la chaine des délégations de signature. Il ressort des pièces du dossier que la préfète de la Gironde a donné délégation de signature, par un arrêté du 26 août 2021 régulièrement publié au recueil n° 161 des actes administratifs de la préfecture du 31 août 2021, à Mme H... K..., directrice adjointe des migrations et de l’intégration, à l’effet notamment de signer les obligations de quitter le territoire français, les décisions refusant un délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de destination et les interdictions de retour sur le territoire français en cas d’absence ou d’empêchement de M. Noël du Payrat, secrétaire général, de M. J..., sous-préfet d’Arcachon, de Mme C..., directrice de cabinet, et de M. I..., directeur des migrations et de l’intégration. Contrairement à ce que soutiennent les requérants en appel, il appartient à la partie contestant la compétence du signataire d’un acte d’établir que les premiers délégataires n’étaient ni absents ni empêchés lors de la signature de cet acte. Or, les requérants n’établissent pas que les personnes figurant avant Mme K... dans la chaîne de délégation n’auraient pas été absentes ou empêchées à la date de la signature des arrêtés contestés. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire des actes en litige doit être écarté.
4. En second lieu, M. F... et Mme L..., en reprenant les autres moyens soulevés en première instance sans aucune critique du jugement, ni pièce nouvelle, n’apportent en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l’appréciation du premier juge qui a pertinemment répondu aux moyens ci-dessus visés. Par suite, il y a lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux.
5. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d’appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l’article R.222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d’injonction ainsi que celles tendant à l’application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. F... et de Mme L... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. M... F... et à Mme D... L....
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 9 février 2023.
G... E...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.