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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01846

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01846

jeudi 2 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01846
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B C a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2105559 du 17 janvier 2022 la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, Mme C, représentée par Me Gournay, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 17 janvier 2022 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2021 de la préfète de la Gironde ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- le jugement est irrégulier dès lors que la minute n'a pas été signée ;

- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence dès lors que le signataire ne justifie pas d'une délégation de signature régulière et exécutoire ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il existe des risques de mauvais traitements en cas de retour en Arménie en raison des origines abkhazes de son mari, ou en cas de retour en Russie où elle a vécu de 2003 à 2012, en raison des origines azéries de son père, et qu'elle a été contrainte de quitter ce pays sans son mari qui a été retenu à la frontière ;

- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la durée de l'interdiction est excessive en raison de son intégration dans la société française, de la présence de deux de ses fils en France, et de la circonstance selon laquelle elle ne représente pas une menace pour l'ordre public.

Par une décision n° 2022/003291 du 17 mars 2022 modifiée le 22 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme B A en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme B C, ressortissante arménienne née le 25 février 1963, est entrée en France le 16 septembre 2012. Elle a sollicité l'asile le 18 septembre 2012. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatride du 24 octobre 2013, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 24 juillet 2014. Par la suite, elle a sollicité son admission au séjour en qualité " d'étranger malade " le 28 juillet 2014. Par un arrêté du 20 avril 2015 demeuré inexécuté, la préfète de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Mme C a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade " le 4 novembre 2019. Cette demande a été rejetée le 3 juin 2021. Elle a dans le même temps sollicité le réexamen de sa demande d'asile le 20 octobre 2020. Cette demande a été déclarée irrecevable par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatride du 18 décembre 2020. Par un arrêté du 7 octobre 2021, la préfète de la Gironde a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Mme C relève appel du jugement du 17 janvier 2022 par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation du jugement, le rapporteur et le greffier d'audience. ". L'article R. 741-8 du même code précise : " () Lorsque l'affaire est jugée par un magistrat statuant seul, la minute du jugement est signée par ce magistrat et par le greffier d'audience ".

4. La copie de la minute du jugement qui a été communiquée à la cour par le tribunal administratif de Bordeaux comporte les signatures de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux et du greffier d'audience. La circonstance que l'ampliation du jugement notifiée à la requérante ne comporte pas ces signatures est sans incidence sur sa régularité. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait irrégulier, faute d'avoir été signé, ne peut qu'être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Mme C, en reprenant dans des termes identiques les moyens visés ci-dessus sans aucune critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui y a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée du tribunal administratif de Bordeaux.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 2 février 2023.

Karine A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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