mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01852 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée Tissot Industrie a demandé au tribunal administratif de Bordeaux de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 200 514,88 euros en réparation du préjudice causé par l'illégalité de la décision du 24 octobre 2017 par laquelle l'unité départementale de la Gironde de la direction régionale des entreprises de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) de la Nouvelle-Aquitaine a homologué le document unilatéral portant plan de sauvegarde de l'emploi.
Par un jugement n° 2101915 du 17 mai 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 juillet 2022, 24 février et 16 mars 2023, la société par actions simplifiée Tissot Industrie, représentée par la SAS Seban Nouvelle-Aquitaine, agissant par Me Simon, demande à la Cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 17 mai 2022 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 240 724,82 euros en réparation du préjudice causé par l'illégalité de la décision du 24 octobre 2017, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'Etat doit être engagée sur le fondement de la faute simple, et non de la faute lourde ;
- l'erreur de droit retenue par la Cour, tenant à l'absence d'examen et de prise en compte du périmètre et des moyens du groupe Tissot pour apprécier le caractère suffisant des mesures contenues dans le plan de sauvegarde de l'emploi, est constitutive d'une faute ;
- cette faute est, en tout état de cause, grossière et flagrante ;
- elle avait pourtant transmis l'ensemble des informations nécessaires ;
- l'administration a également fait preuve d'une inertie fautive en ne prenant pas de nouvelle décision d'homologation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt du 18 juin 2018, alors qu'elle aurait pu ainsi empêcher l'invalidation des licenciements ;
- les premiers juges ont méconnu l'autorité de chose jugée de l'arrêt du 18 juin 2018, en réduisant l'illégalité commise à un défaut de démonstration ou de rédaction ;
- le préjudice consistant en des dommages et intérêts versés à neuf salariés dont le licenciement a été regardé, suite à l'annulation de l'homologation du document unilatéral, comme sans cause réelle et sérieuse est en lien direct et certain avec la faute commise ; il s'élève à 182 491,82 euros ;
- elle a engagé des frais d'avocat à hauteur de 58 233 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Tissot Industrie ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure civile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Duplan, rapporteur public ;
- et les observations de Me Simon, représentant la société Tissot Industrie.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 24 octobre 2017, le directeur de l'unité départementale de la Gironde de la direction régionale des entreprises de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) de Nouvelle-Aquitaine a homologué le document unilatéral valant plan de sauvegarde de l'emploi de la société Tissot Industrie, prévoyant la suppression des dix-sept postes de son établissement de Petit-Couronne (Seine-Maritime). La Cour a annulé cette décision par un arrêt du 18 juin 2018, qui est devenu définitif à la suite de la décision de non-admission du pourvoi en cassation du Conseil d'Etat statuant au contentieux, le 12 décembre 2018. A la suite de cette annulation, la société Tissot Industrie, qui a été condamnée à verser à neuf des salariés concernés par la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l'emploi des dommages et intérêts, a demandé à l'Etat de l'indemniser des préjudices causés par l'illégalité de la décision d'homologation, par courrier reçu le 18 janvier 2021. Sa demande ayant été implicitement rejetée, elle a saisi le tribunal administratif de Bordeaux, qui a également rejeté sa demande indemnitaire par un jugement en date du 17 mai 2022. La société Tissot Industrie relève appel de ce jugement et demande à la Cour, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 240 724,82 euros.
Sur la régularité du jugement :
2. Aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les () les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ". Il ressort des pièces du dossier que la minute du jugement attaqué figurant au dossier de première instance et communiquée aux parties a été signée conformément aux dispositions précitées. La circonstance que l'ampliation du jugement, qui a été notifiée à l'appelante, ne comporte pas de signatures est sans incidence sur la régularité de ce jugement.
Sur la responsabilité de l'Etat :
3. Aux termes de l'article L. 1233-57-3 du code du travail, dans sa version applicable à la date de la décision d'homologation en cause : " En l'absence d'accord collectif ou en cas d'accord ne portant pas sur l'ensemble des points mentionnés aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, l'autorité administrative homologue le document élaboré par l'employeur mentionné à l'article L. 1233-24-4, après avoir vérifié la conformité de son contenu aux dispositions législatives et aux stipulations conventionnelles relatives aux éléments mentionnés aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, la régularité de la procédure d'information et de consultation du comité d'entreprise et, le cas échéant, du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail et de l'instance de coordination mentionnée à l'article L. 4616-1, le respect, le cas échéant, des obligations prévues aux articles L. 1233-57-9 à L. 1233-57-16, L. 1233-57-19 et L. 1233-57-20 et le respect par le plan de sauvegarde de l'emploi des articles L. 1233-61 à L. 1233-63 en fonction des critères suivants : / 1° Les moyens dont disposent l'entreprise, l'unité économique et sociale et le groupe ; / 2° Les mesures d'accompagnement prévues au regard de l'importance du projet de licenciement ; / 3° Les efforts de formation et d'adaptation tels que mentionnés aux articles L. 1233-4 et L. 6321-1. () ". Aux termes de l'article L. 1233-57-4 du même code, dans sa version applicable à la date de la même décision : " L'autorité administrative notifie à l'employeur la décision de validation dans un délai de quinze jours à compter de la réception de l'accord collectif mentionné à l'article L. 1233-24-1 et la décision d'homologation dans un délai de vingt et un jours à compter de la réception du document complet élaboré par l'employeur mentionné à l'article L. 1233-24-4. / Elle la notifie, dans les mêmes délais, au comité d'entreprise et, si elle porte sur un accord collectif, aux organisations syndicales représentatives signataires. La décision prise par l'autorité administrative est motivée. / Le silence gardé par l'autorité administrative pendant les délais prévus au premier alinéa vaut décision d'acceptation de validation ou d'homologation ".
4. D'une part, dans les conditions où il est organisé, l'exercice par l'autorité administrative du pouvoir d'homologation du document élaboré par l'employeur qu'elle tient de l'article L. 123357-3 du code du travail en matière de plan de sauvegarde de l'emploi, qui s'inscrit dans le cadre d'un contrôle complexe soumis à des délais brefs aux termes desquels le silence gardé par l'administration fait naître une décision implicite d'acceptation de l'homologation, ne peut engager la responsabilité de l'Etat que si l'exercice de ce contrôle révèle l'existence d'une faute lourde commise par l'administration.
5. D'autre part, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'homologation d'un document élaboré en application de l'article L. 1233-24-4 du code du travail, il appartient à l'administration, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de vérifier la conformité de ce document et du plan de sauvegarde de l'emploi dont il fixe le contenu aux dispositions législatives et aux stipulations conventionnelles applicables, en s'assurant notamment du respect par le plan de sauvegarde de l'emploi des dispositions des articles L. 1233-61 à L. 1233-63 du même code. A ce titre elle doit, au regard de l'importance du projet de licenciement, apprécier si les mesures contenues dans le plan sont précises et concrètes et si, à raison, pour chacune, de sa contribution aux objectifs de maintien dans l'emploi et de reclassement des salariés, elles sont, prises dans leur ensemble, propres à satisfaire à ces objectifs compte tenu, d'une part, des efforts de formation et d'adaptation déjà réalisés par l'employeur et, d'autre part, des moyens dont disposent l'entreprise et, le cas échéant, l'unité économique et sociale et le groupe, lequel est défini comme l'ensemble des entreprises placées, ainsi qu'il est dit au I de l'article L. 2331-1 du code du travail, sous le contrôle d'une même entreprise dominante dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce, ainsi que de ceux dont dispose cette entreprise dominante, quel que soit le lieu d'implantation du siège de ces entreprises.
6. Dans son arrêt, devenu définitif, du 18 juin 2018 la Cour, par des motifs qui constituent le soutien nécessaire du dispositif d'annulation, après avoir relevé que la société Tissot Industrie appartenait au groupe Tissot composé de la Holding SAS Tissot investissements, de la société par actions simplifiée (SAS) Tissot Industrie Congo, de la société à responsabilité limitée (SARL) Darmalon, qui constitue une filiale à 100 % de la société Tissot Industrie, de l'entreprise Ltd Tissot Industrie Nigeria, filiale à 49 % de la société Tissot Industries, ainsi que de l'entreprise Ltd Tissot Industrie UK, filiale à 100 % de la société Tissot Industries, a estimé que la motivation de la décision d'homologation ne comportait aucune précision portant sur le périmètre du groupe Tissot ainsi que les moyens dont il disposait, tant d'un point de vue matériel que financier, et, notamment, le budget global et individuel mobilisable au niveau de ses filiales dans le cadre de l'élaboration du plan de sauvegarde de l'emploi s'adressant aux 17 salariés concernés par la fermeture de l'agence de Petit-Couronne. Elle a considéré qu'il n'était pas établi que l'administration du travail avait bien examiné et pris en compte le périmètre et les moyens du groupe Tissot pour apprécier le caractère suffisant des mesures contenues dans le plan et en a déduit qu'elle avait commis une erreur de droit. L'autorité administrative a ainsi omis de s'interroger sur l'un des éléments essentiels de son examen lui permettant d'apprécier si les mesures contenues dans le plan sont propres à satisfaire aux objectifs de maintien dans l'emploi et de reclassement des salariés. La demande de la société Tissot Industrie, qui comportait notamment un organigramme du groupe Tissot, devait nécessairement conduire l'administration du travail à étudier le périmètre et les moyens de celui-ci, après avoir réclamé, le cas échéant, des éléments d'information complémentaires. Si la ministre chargée de l'emploi se prévaut, pour minimiser la gravité de la faute commise, de ce que, compte tenu de l'absence d'activité des sociétés Darmalon, Ltd Tissot Industrie Nigeria et Ltd Tissot Industrie UK, de l'absence de ressources propres dégagées par la société Tissot Investissements, holding du groupe, et des moyens limités de la société Tissot Industrie Congo au regard de ceux de la société Tissot Industrie, l'administration aurait porté la même appréciation sur le plan de sauvegarde de l'emploi quel que soit le périmètre retenu, une telle argumentation, de nature à rompre le cas échéant le lien de causalité entre la faute commise et les préjudices dont se prévalaient les salariés, est sans incidence sur le caractère fautif de l'illégalité commise par l'administration en n'examinant pas le périmètre et les moyens du groupe. Dans ces conditions, quand bien même le directeur de l'unité départementale de la Gironde de la DIRECCTE de Nouvelle-Aquitaine, tenant compte des moyens de la société Tissot Industrie a demandé, notamment par son courrier d'observations du 24 août 2017, et obtenu de cette entreprise une amélioration du financement des mesures d'accompagnement des salariés licenciés, la carence de l'administration à examiner et prendre en compte le périmètre et les moyens du groupe revêt, dans les circonstances de l'espèce, le caractère d'une faute lourde de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
Sur l'évaluation des préjudices :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par six jugements du 30 septembre 2020, le conseil des prud'hommes de Rouen a déduit des motifs de l'annulation de l'autorisation administrative par l'arrêt du 18 juin 2018 l'absence de cause réelle et sérieuse des licenciements, ouvrant droit pour les salariés concernés à l'indemnité prévue à l'article L. 1235-3 du code du travail. La cour d'appel de Rouen, par des arrêts du 3 mars 2023, a estimé que l'annulation de la décision d'homologation du document unilatéral devait conduire à l'indemnisation de trois autres salariés sur le fondement cette fois de l'article L. 1235-16 du code du travail. Il existe ainsi un lien direct entre les indemnités versées par la société Tissot Industrie en exécution de ces décisions de justice et la faute lourde commise par l'administration. Par suite, l'Etat doit être condamné à verser à l'appelante à ce titre la somme de 171 691,82 euros.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les anciens salariés de la société Tissot Industrie ont présenté devant les juges judiciaires des demandes indemnitaires autres que celles résultant de l'annulation de la décision de l'administration du travail. Dès lors, le lien direct entre les frais d'avocat exposés par la société Tissot Industrie dans ces instances et la carence de l'administration n'est pas établi. En revanche, l'appelante n'a été condamnée et n'a perdu ces procès qu'au titre des conséquences de l'annulation de l'autorisation administrative. Dès lors, l'Etat doit être condamné à rembourser la somme totale de 10 800 euros que, dans ces instances, la société Tissot industrie a été condamnée à verser aux salariés en application de l'article 700 du code de procédure civile.
9. En troisième lieu, les frais de justice exposés devant le juge administratif en conséquence directe d'une faute de l'administration sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de la faute imputable à celle-ci, dans les conditions suivantes. Lorsque l'intéressé avait qualité de partie à l'instance, la part de son préjudice correspondant à des frais non compris dans les dépens est réputée intégralement réparée par la décision que prend le juge dans l'instance en cause sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Toutefois, lorsqu'une partie, autre que l'administration ayant pris une décision illégale, avait la qualité de défenderesse à l'instance à l'issue de laquelle le juge annule pour excès de pouvoir cette décision, ou relève appel du jugement ayant annulé cette décision, les frais de justice utilement exposés par elle, ainsi que, le cas échéant, les frais mis à sa charge par le juge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de la faute imputable à l'administration.
10. En l'espèce, le tribunal administratif de Bordeaux, par jugement du 12 mars 2018, a rejeté la demande d'annulation de la décision d'homologation du 24 octobre 2017. Si la société Tissot industrie établit avoir exposé, dans cette instance, la somme totale de 9 200 euros de frais d'avocat, ce jugement est réputé avoir réparé le préjudice subi par la société Tissot Industrie, même si dans son jugement, le tribunal ne lui a accordé aucune somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, la société Tissot a droit au remboursement de la somme de 13 500 euros qu'elle établit avoir exposée, d'une part dans l'instance devant la Cour, ayant conduit à l'annulation de la décision d'homologation, puis dans le cadre du pourvoi en cassation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la société Tissot Industrie la somme totale de 195 991,82 euros.
Sur les intérêts :
12. La société Tissot Industrie a droit aux intérêts au taux légal à compter du 18 janvier 2021, date de réception de sa demande indemnitaire préalable.
13. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 14 juillet 2022 date d'enregistrement de la requête devant la Cour. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande à cette date à laquelle était due une année d'intérêts, et à chaque date d'anniversaire.
Sur les frais de l'instance :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Tissot Industrie et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la société Tissot Industrie une somme de 195 991,82 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 janvier 2021. Les intérêts seront capitalisés au 14 juillet 2022 et à chaque échéance ultérieure.
Article 2 : L'Etat versera à la société Tissot Industrie une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Tissot Industrie et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Luc Derepas, président,
Mme Ghislaine Markarian, présidente de chambre,
M. Julien Dufour, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 avril 2024.
Le rapporteur,
Julien A
Le président,
Luc Derepas La greffière,
Catherine JussyLa République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026