jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02165 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A E a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler les arrêtés du 6 mars 2022 par lesquels la préfète de la Vienne, d'une part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans, et d'autre part, l'a assigné à résidence pendant une durée de cent quatre-vingts jours.
Par un jugement no 2200608 du 7 juillet 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 11 août 2022, M. E, représenté par la SCP Breillat - Dieumegard - Masson, demande à la cour :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 7 juillet 2022 ;
3°) d'annuler les arrêtés du 6 mars 2022 de la préfète de la Vienne ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai, jusqu'à ce que l'administration ait statué sur sa situation administrative, et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous la même astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, à lui verser cette même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté en litige est incompétent dès lors que la délégation de signature est extrêmement large ;
- la motivation du refus de titre de séjour et de la mesure d'éloignement est particulièrement insuffisante car lacunaire et apparaît de surcroît erronée sur certains points, s'agissant notamment de la durée de la vie commune avec sa compagne, ce qui démontre que l'administration n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation, en l'absence notamment de toute appréciation de sa situation personnelle ou de la mention du dépôt de sa demande d'asile ;
- l'arrêté en litige est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière dans la mesure où il n'a pas été à même de présenter des observations écrites sur la perspective de son éloignement ;
- le premier juge a commis une erreur d'appréciation en retenant que son comportement constituait une menace à l'ordre public dès lors qu'il a effectué la peine à laquelle il a été condamné en 2021 et que les faits de violence volontaire et d'infraction à la législation sur les stupéfiants n'ont pas l'objet d'une condamnation définitive ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis plus de quatre ans où il vit en couple ;
- la mesure d'éloignement a méconnu l'article 3 de la convention précitée dès lors qu'il ne peut retourner au Nigéria où se trouve celui qui a commandité son enlèvement comme il le décrit dans son récit de vie, sans crainte pour sa sécurité ;
- le motif de la menace pour l'ordre public qui fonde le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est erroné, compte tenu de ce qui précède ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans est insuffisamment motivée dès lors que la préfète de la Vienne n'a pas examiné l'ensemble des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le titre de séjour pluriannuel dont bénéficie sa compagne, laquelle n'a ainsi pas vocation à quitter le territoire, constitue une circonstance humanitaire au sens de l'article L.612-6 du code précité faisant obstacle à l'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
- l'illégalité de la mesure d'éloignement entraîne nécessairement celle de la décision fixant le pays de renvoi ;
- la décision fixant le pays de renvoi contrevient à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où, s'il devait retourner au Nigéria, il y serait nécessairement exposé à nouveau à celui qui a commandité son enlèvement ;
- l'arrêté portant assignation à résidence est privé de base légale eu égard aux illégalités entachant la mesure d'éloignement ;
- cette décision est insuffisamment motivée en l'absence notamment d'une démonstration de ce que son éloignement du territoire français présenterait une perspective raisonnable et compte-tenu des consignes sanitaires strictes mises en place et des restrictions aériennes actuelles entre la France et le Nigéria.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n° 2022/012028 du 13 octobre 2022, a admis M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme D B en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. M. E, ressortissant nigérian né en 1998, est entré en France en 2018 pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 13 novembre 2020. Par deux arrêtés du 6 mars 2022, la préfète de la Vienne, d'une part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, et d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de cent quatre-vingt jours. M. E relève appel du jugement du 7 juillet 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. M. E ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 13 octobre 2022, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire, ont perdu leur objet.
Sur les autres conclusions :
4. En premier lieu, ainsi que l'a relevé le tribunal, par un arrêté du 27 août 2021, publié au recueil des actes administratifs du département, la préfète de la Vienne a donné délégation à M. C, sous-préfet de Montmorillon, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figure pas la décision contestée. Contrairement à ce que fait valoir M. E en appel, cette délégation n'est ni imprécise ni générale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté par les motifs qui viennent d'être exposés et par adoption des motifs pertinemment retenus par les premier juges.
5. En second lieu, M. E se borne à reprendre, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement ni pièce nouvelle, les autres moyens invoqués en première instance ci-dessus visés. Ainsi, l'intéressé n'apporte aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui y ont suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. E tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E.
Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 16 mars 2023.
Karine B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026