mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02297 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B a demandé au tribunal administratif de la Guyane de condamner la collectivité territoriale de Guyane à lui verser une indemnité de 57 988 euros au titre des rémunérations dont il a été privé pendant trois ans, une indemnité de 52 189 euros au titre de sa perte de chance d'obtenir le renouvellement de son contrat de travail ainsi qu'un contrat à durée indéterminée, une indemnité de 22 476 euros au titre du harcèlement moral dont il estime avoir été la victime, une indemnité de 1 960,70 euros correspondant à treize jours de congé non pris, une indemnité de 2 500 euros réparant les vexations subies lors de la rupture de son contrat, une somme de 3 746,04 euros au titre de l'indemnité de licenciement, une indemnité de 7 492,08 euros au titre de ses deux mois de préavis, enfin une indemnité de 4 000 euros réparant ses troubles dans ses conditions d'existence causés par la remise tardive de ses documents de fin de contrat.
Par un jugement n° 2000632 du 21 avril 2022, le tribunal a rejeté ses demandes.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 18 août 2022, M. B A, représenté par l'AARPI Tangara agissant par Me Pialou, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de la Guyane n° 2000632 du 21 avril 2022 ;
2°) de condamner la collectivité territoriale de Guyane à lui verser la somme de 57 988 euros au titre des rémunérations qu'il aurait dû percevoir sur une période de trois ans, la somme de 52 189 euros au titre de sa perte de chance d'obtenir le renouvellement de son contrat de travail e t d'obtenir un contrat de travail à durée indéterminée, la somme de 22 476 euros en réparation du préjudice causé par le harcèlement moral dont il a été la victime, la somme de 1 960,70 euros au titre de ses treize jours de congés annuels, une somme de 2 500 euros réparant les vexations subies lors de la rupture de son contrat, une somme de 3 746,04 euros au titre de l'indemnité de licenciement, une somme de 7 492,08 euros au titre de ses deux mois de préavis, enfin une indemnité de 4 000 euros réparant ses pertes de ses revenus ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité territoriale de Guyane une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :
- le tribunal ne pouvait rejeter sa demande de report d'audience qui était justifiée, en premier lieu, par le fait que certaines des pièces jointes à sa requête introductive d'instance étaient incomplètes, et, en second lieu, par l'absence de transmission des pièces n° 2 et 3 jointes au mémoire en défense de l'administration ; il appartenait au tribunal de communiquer son mémoire en réplique du 28 mars 2022, avec les pièces complètes jointes à celui-ci, qui faisaient état d'éléments nouveaux ; ainsi, le tribunal ne pouvait refuser cette communication au motif que la clôture de l'instruction avait été prononcée, qui plus est en retenant les horaires de la métropole ; le principe du contradictoire a été méconnu ;
- le tribunal a statué infra petita en omettant de se prononcer sur ses conclusions tendant à la communication des pièces adverses n° 2 et 3 ou sinon au rejet de ces pièces.
Au fond :
- la collectivité territoriale de Guyane a commis plusieurs fautes qui engagent sa responsabilité à son égard ;
- en premier lieu, elle a commis une faute en refusant de régulariser son contrat de travail pour tenir compte du fait qu'il occupait un emploi permanent au sein de la collectivité qu'aucun agent titulaire n'a pu occuper ; la collectivité territoriale de Guyane aurait dû, en conséquence, lui proposer la signature d'un contrat sur le fondement des dispositions de l'article 3-3-2° de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ; ce contrat aurait dû avoir une durée maximale de trois ans, lui ouvrant droit par la suite à un contrat de travail à durée indéterminée, alors qu'il a signé deux contrats d'un an seulement ;
- en deuxième lieu, la collectivité territoriale de Guyane a commis une faute en raison des agissements de harcèlement moral dont il a été la victime au travail ; de tels agissements sont prohibés par l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ; sa hiérarchie est responsable de la dégradation de ses conditions de travail dont témoignent sa mise à l'écart et le traitement différencié de ses collègues auquel il a été soumis ;
- il existe un lien de causalité entre les fautes ainsi commises par la collectivité territoriale de Guyane et ses préjudices ;
- il appartient à la Cour de faire droit à l'ensemble des conclusions indemnitaires qu'il a présentées en première instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, la collectivité territoriale de Guyane, représentée par Centaure Avocats agissant par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que tous les moyens de la requête doivent être écartés comme infondés.
Par ordonnance du 23 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 octobre 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Faïck,
- les conclusions de M. Anthony Duplan, rapporteur public,
- et les observations de Me Monney, représentant la collectivité territoriale de Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été recruté par la collectivité territoriale de Guyane, selon un contrat de travail à durée déterminée d'un an à compter du 1er décembre 2017, en qualité de chargé d'instruction générique au pôle des affaires européennes. Ce contrat a été renouvelé pour une année supplémentaire à compter du 1er décembre 2018. Par courrier du 27 novembre 2019, M A, estimant qu'il occupait un emploi permanent, a demandé au président de la collectivité territoriale de Guyane de régulariser sa situation contractuelle en lui proposant un contrat de travail d'une durée maximale de trois ans sur le fondement de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. M. A a ensuite demandé à son employeur, le 29 janvier 2020, l'indemnisation des préjudices qu'il estimait subir du fait du non-renouvellement de son dernier contrat. Après le rejet de ses demandes, par décision du 19 mars 2020, M. A a saisi le tribunal administratif de la Guyane d'une demande tendant à la condamnation de la collectivité territoriale de Guyane à lui verser diverses indemnités au titre des rémunérations dont il a été privé pendant trois ans, de sa perte de chance d'obtenir le renouvellement de son contrat puis un contrat à durée indéterminée, du harcèlement moral dont il estime avoir été la victime de la part de son employeur, des jours de congé dont il n'a pu bénéficier, des conditions vexatoires dans lesquelles son contrat aurait pris fin, de l'indemnité de licenciement qu'il estime lui être due, des deux mois de préavis que la réglementation impose à l'employeur de respecter avant de mettre un terme au contrat, du préjudice occasionné par la remise tardive de ses documents de fin de contrat, ainsi qu'au titre de son préjudice moral. M. A relève appel du jugement rendu le 21 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de la Guyane a rejeté ses demandes.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. En premier lieu, devant les juridictions administratives et dans l'intérêt d'une bonne justice, le juge a toujours la faculté de rouvrir l'instruction, qu'il dirige, lorsqu'il est saisi d'une production postérieure à la clôture de celle-ci. Il lui appartient, dans tous les cas, de prendre connaissance de cette production avant de rendre sa décision et de la viser. S'il décide d'en tenir compte, il rouvre l'instruction et soumet au débat contradictoire les éléments contenus dans cette production qu'il doit, en outre, analyser. Dans le cas particulier où cette production contient l'exposé d'une circonstance de fait ou d'un élément de droit dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et qui est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le juge doit alors en tenir compte, à peine d'irrégularité de sa décision.
3. Il ressort des pièces du dossier de première instance que la clôture de l'instruction devant les premiers juges est intervenue, en l'absence d'ordonnance prise en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative, trois jours francs avant la date de l'audience conformément à l'article R. 613-2 du même code, soit le 27 mars 2022 à minuit dès lors que l'audience publique devant le tribunal s'est tenue le 31 mars suivant. M. A a présenté un mémoire en réplique enregistré au greffe du tribunal le 28 mars 2022 à 4h59, heure de métropole, soit 0h59 heure locale. Par suite, ce mémoire a été présenté après la clôture de l'instruction et il en va de même, a fortiori, des pièces complémentaires produites par M. A le 29 mars 2022 à 16h59, heure de métropole, soit 12h59 heure locale.
4. Dans ses écritures en réplique du 28 mars 2022, M. A a demandé la communication des pièces n° 2 et 3, mentionnées dans le mémoire en défense de la collectivité territoriale de Guyane, en soutenant ne pas les avoir reçues. Toutefois, M. A était en mesure de faire état de cette circonstance avant la clôture de l'instruction dès lors que ce mémoire en défense et les pièces qui lui étaient jointes ont été présentés le 9 avril 2021, et communiqué au nouvel avocat de M. A le 5 octobre 2021, soit plus de cinq mois avant la clôture. Par suite, en s'abstenant de rouvrir l'instruction et de communiquer le mémoire du 28 mars 2022, le tribunal n'a pas méconnu les règles régissant la clôture de l'instruction.
5. De même, si M. A a, le 28 mars 2022, indiqué au greffe du tribunal que certaines des pièces produites avec sa requête introductive d'instance étaient incomplètes, il ne ressort pas des pièces du dossier que son conseil n'était pas en mesure de faire état de cette circonstance avant la clôture de l'instruction. Par suite, en s'abstenant de rouvrir l'instruction et de communiquer les pièces produites par M. A le 29 mars 2022, le tribunal n'a pas davantage méconnu les règles régissant la clôture de l'instruction.
6. En deuxième lieu, le bordereau accompagnant le mémoire en défense de la collectivité territoriale de Guyane annonçait la production d'une seule pièce alors que les écritures contenues dans ce même mémoire mentionnaient deux autres pièces, numérotées 2 et 3, censées établir que M. A avait perçu une somme pour le solde de ses congés. Toutefois, ces deux pièces n'ont pas été produites avec le mémoire en défense, ni postérieurement à celui-ci, si bien que la mention de leur existence procède d'une simple erreur matérielle. Au surplus, il ressort des motifs du jugement attaqué que le tribunal ne s'est nullement référé aux pièces en cause pour rendre sa décision. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que les premiers juges auraient méconnu le principe du contradictoire en se prononçant sur des éléments n'ayant pas fait l'objet d'une communication entre les parties.
7. En troisième lieu, il résulte du point 6 que le moyen tiré de ce que le tribunal aurait statué infra petita, en omettant de se prononcer sur les conclusions de M. A tendant à ce que lui soient communiquées les deux pièces précitées, ou à ce qu'elles soient écartées des débats, ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que le jugement attaqué n'est pas entaché des irrégularités qu'invoque M. A.
Sur le fond :
9. En premier lieu, aux termes de l'article 3 loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " I. - Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs () ". Aux termes de l'article 3-3 de la même loi : " () des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi (). Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. ".
10. Les contrats que M. A a signés avec la collectivité territoriale de Guyane, en 2017 et 2018, ont été conclus sur le fondement des dispositions précitées du 1° du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, qui permettent le recrutement temporaire d'un agent contractuel sur un emploi non permanent pour faire face à un besoin lié à un accroissement temporaire d'activité.
11. L'existence, ou l'absence, du caractère permanent d'un emploi doit s'apprécier au regard de la nature du besoin auquel répond cet emploi et ne saurait résulter de la seule durée pendant laquelle il est occupé.
12. Le 11 octobre 2017, soit quelques semaines avant le recrutement de M. A, la responsable de la direction pilotage du pôle affaires européennes de la collectivité territoriale de Guyane a informé, par courriel, ses agents de la publication d'un appel à candidature en vue du recrutement de trois chargés d'instruction générique en contrat court, compte tenu des modalités de financement de ces postes. Cet élément est de nature à établir que le recrutement de M. A répondait à la nécessité de satisfaire à un besoin temporaire de la collectivité. Les circonstances que l'emploi occupé par M. A ait fait l'objet de deux fiches de postes établies à deux ans d'intervalle, et que ce dernier ait exercé ses fonctions pendant deux années consécutives, ne permettent pas d'estimer, à elles seules, en l'absence d'autres éléments de nature à établir que la collectivité ne faisait pas face à un accroissement temporaire d'activité, que l'emploi occupé aurait revêtu, en réalité, un caractère permanent.
13. Par ailleurs, à supposer même que M. A aurait occupé un emploi permanent, les dispositions précitées de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 n'instituent pas, au profit des agents recrutés en vue de pourvoir un emploi permanent, un droit à obtenir un contrat de trois ans dès lors qu'il s'agit d'une durée maximale, selon les termes mêmes de l'article 3-3 de la loi.
14. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la collectivité territoriale de Guyane aurait commis une faute en le recrutant sur le fondement du 1° du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, et en s'abstenant de lui proposer un contrat de trois ans fondé sur l'article 3-3. Dès lors, les conclusions de M. A, qui n'avait pas droit au renouvellement de son dernier contrat, tendant à être indemnisé des rémunérations dont il a été privé pendant trois ans, du préjudice causé par sa perte de chance d'obtenir un renouvellement de son contrat puis de conclure un contrat à durée indéterminée, et des autres préjudices allégués en lien avec les conditions dans lesquelles son contrat a pris fin, ne peuvent qu'être rejetées.
15. En second lieu, il résulte de l'article 6 quinquies, alors en vigueur, de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, qu'aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de caractériser l'existence de tels agissements, excédant les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
16. M. A reproche à la collectivité territoriale de Guyane des agissements de harcèlement moral à son encontre en ayant organisé la dégradation de ses conditions de travail et en l'ayant soumis un à traitement différencié de celui de ses collègues. Si un agent du service a, dans un courriel du 26 avril 2018, évoqué un management inadapté au sein du pôle des affaires européennes, à l'origine d'une souffrance collective au travail, cet élément ne permet pas d'estimer que M. A aurait été personnellement victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral. Une telle conclusion ne saurait être tirée du seul courriel du 13 juin 2019 par lequel la responsable du pôle a rappelé à M. A, qui avait refusé de participer à un entretien destiné à faire le point sur son activité, son obligation d'obéissance. Il en va de même du courriel du 10 juillet 2019 dans lequel la directrice du pôle a demandé à M. A, de retour à ses fonctions après un congé de maladie de trois semaines, de respecter ses horaires de travail. Et il ne résulte ni des courriels précités des 13 juin et 10 juillet 2019 ni des éléments de l'instruction que l'administration aurait, en ces occasions, agi en excédant les limites inhérentes à l'exercice du pouvoir hiérarchique. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la direction du service aurait cessé tout contact avec M. A et déchargé celui-ci de ses attributions. Enfin, les circonstances qu'à son retour de congé de maladie, fin août 2019, les demandes de médiation de M. A aient été rejetées et qu'il ait été affecté à un poste d'accueil du public, ne sont pas suffisantes pour faire présumer que M. A aurait été victime, de la part de son employeur, d'agissements de harcèlement moral.
17. Dans ces circonstances, la collectivité territoriale de Guyane n'a pas commis d'agissements fautifs de nature à engager sa responsabilité à l'égard de M. A.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande.
Sur les frais d'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions présentées par M. A tendant à ce que la collectivité territoriale de Guyane, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, lui verse une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de ces mêmes dispositions en mettant à la charge de M. A la somme demandée par la collectivité territoriale de Guyane au titre de ces mêmes frais.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la collectivité territoriale de Guyane au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et à la collectivité territoriale de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Luc Derepas, président,
Mme Ghislaine Markarian, présidente de chambre,
M. Frédéric Faïck, président-assesseur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
Le rapporteur,
Frédéric Faïck
Le président,
Luc Derepas
La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026