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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02450

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02450

lundi 13 mai 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02450
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantMAIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler la décision du 4 novembre 2019 par laquelle l'inspecteur du travail du département des Landes a autorisé la société Lamarque Sogy Bois à procéder à son licenciement pour motif disciplinaire.

Par un jugement n° 2000018 du 5 juillet 2022, le tribunal a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2022, Mme B A, représentée par la SELARL Fabienne Barnèche, agissant par Me Barnèche, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Pau n° 2000018 du 5 juillet 2022 ;

2°) d'annuler la décision en litige du 4 novembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision autorisant son licenciement a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des dispositions de l'article L. 2421-3 du code du travail qui prévoient la consultation préalable du comité social et économique ; ainsi, la convocation adressée aux membres de cette instance ne comportait qu'une note résumant brièvement les griefs qui lui sont adressés sans être accompagnée des pièces justifiant la demande de licenciement ; les membres du comité économique et social n'ont pas donné leur avis en toute connaissance de cause ; les observations orales de l'employeur au cours de la réunion du comité ne pallient pas cette absence d'information préalable ;

- l'inspecteur du travail n'a pas, au cours de l'enquête contradictoire, pris en compte les attestations de deux salariés en sa faveur ;

- la décision de l'inspecteur du travail autorisant son licenciement n'est pas motivée car elle n'indique pas les raisons pour lesquelles les faits reprochés seraient sans lien avec son mandat de représentante du personnel ; par ailleurs, l'inspecteur du travail ne prend pas position sur son niveau de compétence eu égard aux problématiques financières auxquelles la société était confrontée ; l'inspecteur du travail n'a pas non plus tenu compte du fait qu'elle a été placée en arrêt de travail pour une maladie reconnue comme professionnelle ;

- la décision en litige a omis de viser les pièces qu'elle a remises au cours de son audition par l'inspecteur du travail ; ainsi, il n'est pas établi que ce dernier aurait pris en compte ces pièces ; il n'est pas non plus établi que l'inspecteur du travail aurait été destinataire de la pièce n° 29 produite par la société à l'appui de sa demande de licenciement ; elle n'a pas non plus été destinataire de cette pièce ;

- le grief fondé sur la modification unilatérale d'un avantage en nature accordé à un salarié sans l'autorisation préalable de la société n'est pas avéré ; cette modification est intervenue à la demande expresse du directeur des achats de la société ;

- le grief fondé sur le défaut d'enregistrement dans la comptabilité de la société de deux factures n'est pas avéré ; cette absence d'enregistrement s'explique par le fait que les factures en cause n'ont pas été validées par le responsable approvisionnement de la société ;

- le grief fondé sur l'absence de transmission à l'assureur de la société des éléments de mise à jour de l'activité de l'entreprise n'est pas établi dès lors que l'inspecteur du travail s'est borné à reprendre les affirmations de l'employeur sans que celles-ci aient été étayées par des éléments probants ;

- les propos vexatoires, discriminants et à connotation raciste qui lui sont prêtés ne sont nullement établis ; ils ont été retenus par l'inspecteur du travail sur la base d'attestations de salariés qui n'ont pas été établies conformément aux dispositions de l'article 202 du code de procédure civile ; de plus, ces attestations sont imprécises dans leur contenu et leur véracité n'a pas été vérifiée par l'inspecteur du travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, la société Lamarque Sogy Bois, représentée par Me Maire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que tous les moyens de la requête doivent être écartés comme infondés.

Par ordonnance du 24 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 octobre 2023 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de procédure civile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frédéric Faïck,

- les conclusions de M. Anthony Duplan, rapporteur public.

- et les observations de Me Maire représentant la société Lamarque Sogy Bois.

Considérant ce qui suit :

1. La société Lamarque Sogy Bois, dont le siège social est à Ygos-Saint-Saturnin (Landes), exerce une activité de sciage et de rabotage du bois. Depuis 1999, elle emploie Mme A qui y exerce, à la suite d'un avenant à son contrat de travail signé le 1er janvier 2019, les fonctions de directrice administrative et financière. Le 10 septembre 2019, la société Lamarque Sogy Bois a adressé à l'inspecteur du travail une demande d'autorisation de licencier pour faute Mme A, par ailleurs membre titulaire du comité social et économique de l'entreprise. Par une décision du 4 novembre 2019, l'inspecteur du travail de l'unité départementale des Landes de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi a accordé l'autorisation de licenciement demandée. Mme A a saisi le tribunal administratif de Pau d'une demande tendant à l'annulation de la décision du 4 novembre 2019. Elle relève appel du jugement rendu le 5 juillet 2022 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2421-3 du code du travail : " Le licenciement envisagé par l'employeur d'un membre élu à la délégation du personnel au comité social et économique titulaire ou suppléant ou d'un représentant syndical au comité social et économique () est soumis au comité social et économique, qui donne un avis sur le projet de licenciement () ". Aux termes de l'article L. 2312-15 du même code : " Le comité social et économique émet des avis () dans l'exercice de ses attributions consultatives. / Il dispose à cette fin () d'informations précises et écrites transmises ou mises à disposition par l'employeur () ".

3. Conformément aux dispositions précitées, il appartient à l'employeur de mettre le comité social et économique à même d'émettre son avis, en toute connaissance de cause, sur la procédure dont fait l'objet le salarié protégé. A cette fin, il doit lui transmettre, notamment à l'occasion de la communication qui est faite aux membres du comité de l'ordre du jour de la réunion en cause, des informations précises et écrites sur les motifs du licenciement envisagé. Il appartient à l'administration saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'apprécier si l'avis du comité social et économique a été régulièrement émis, et notamment si le comité a disposé des informations lui permettant de se prononcer en toute connaissance de cause. A défaut, elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée. Toutefois, l'absence de transmission par l'employeur lors de la convocation du comité social et économique des informations requises, pour la consultation prévue à l'article L. 2421-3 du code du travail, par l'article L. 2312-15 du même code, n'entache pas d'irrégularité cette consultation si le comité a tout de même disposé de ces informations dans des conditions lui permettant d'émettre son avis en toute connaissance de cause.

4. Il ressort des pièces du dossier que la société Lamarque Sogy Bois a, par courrier du 3 septembre 2019, convoqué les membres du comité social et économique de l'entreprise à une réunion prévue le 9 septembre suivant pour examiner notamment le projet de licenciement de Mme A pour faute grave. A cette convocation était jointe une note d'information décrivant les manquements reprochés à Mme A mentionnant " de multiples actes de négligence et de carence dans la gestion administrative et financière de la société, mettant en danger son fonctionnement et sa pérennité, des attitudes méprisantes, humiliantes et racistes vis-à-vis des personnels placés sous son autorité, le non-respect des consignes données et le refus récurrent du pouvoir de direction de l'employeur ". Eu égard aux termes ainsi employés, qui ne décrivent aucun fait précis, la société Lamarque Sogy Bois n'a pas satisfait à son obligation d'adresser aux membres du comité social et économique l'information précise prévue par les dispositions précitées du code du travail.

5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le dirigeant de la société Lamarque Sogy Bois a, devant les membres du comité social et économique réunis le 9 septembre 2019, détaillé oralement les griefs reprochés à Mme A, laquelle a ensuite pris la parole pour présenter son point de vue, ainsi que l'établit le procès-verbal des débats tenus lors de la réunion. Dans ces circonstances, et alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que les pièces rassemblées par l'employeur à l'appui de sa demande d'autorisation de licenciement soient communiquées au comité social et économique à peine d'irrégularité de la décision de l'inspecteur du travail se prononçant favorablement sur cette demande, les membres du comité ont pu disposer d'informations suffisantes pour émettre leur avis en connaissance de cause. Le moyen tiré de ce que la décision du 4 novembre 2019 en litige aurait été prise en méconnaissance du droit à l'information des membres du comité social et économique de la société doit par suite être écarté.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'inspecteur du travail a procédé à une enquête contradictoire au cours de laquelle il a notamment entendu Mme A qui lui a remis deux attestations de salariés en sa faveur. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'inspecteur du travail de viser l'ensemble des pièces transmises au cours de l'enquête à peine d'irrégularité de sa décision. Par ailleurs, la circonstance que l'inspecteur du travail n'ait pas mentionné dans les visas de sa décision les attestations produites par Mme A ne permet pas d'estimer qu'il n'en aurait pas tenu compte dans son appréciation du bien-fondé de la demande de licenciement. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'inspecteur du travail a eu connaissance du règlement intérieur de la société, qui constituait la pièce n° 29 adressée par l'employeur à l'appui de sa demande d'autorisation de licenciement, qu'il a communiquée à Mme A par courriel du 25 septembre 2019.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 2421-12 du code du travail : " La décision de l'inspecteur du travail est motivée. () ".

8. Après avoir détaillé l'ensemble des griefs reprochés à Mme A par son employeur, l'inspecteur du travail a, dans la décision en litige du 4 novembre 2019, distingué ceux de ces griefs qui n'étaient pas établis de ceux qui l'étaient. S'agissant de ces derniers, l'inspecteur du travail a exposé avec une précision suffisante leur nature et les raisons pour lesquelles il les a regardés comme fautifs et suffisamment graves pour justifier l'autorisation de licenciement. Comme l'a relevé à juste titre le tribunal, l'inspecteur du travail n'était pas tenu, pour satisfaire à l'obligation de motivation, de répondre à l'ensemble des arguments avancés par Mme A au cours de l'enquête contradictoire. Enfin, en mentionnant dans sa décision que la demande d'autorisation de licenciement de Mme A est sans lien avec son mandat de membre titulaire du comité social et économique de l'entreprise, l'inspecteur du travail a suffisamment motivé sur ce point sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

9. En troisième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis d'un mandat de représentant du personnel, qui bénéficient dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent d'une protection exceptionnelle, est subordonné à une autorisation de l'inspecteur du travail dont dépend l'établissement. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'autorité compétente de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables à son contrat de travail et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

10. Il est tout d'abord reproché à Mme A d'avoir modifié de sa propre initiative le bulletin de salaire d'un employé en faisant porter à 278 euros par mois le montant de son avantage en nature au titre de son véhicule de fonction alors que celui-ci avait été évalué à 130 euros dans son contrat de travail. Pour regarder ce grief comme établi, l'inspecteur du travail s'est fondé sur une attestation rédigée le 21 août 2019 par l'ancienne présidente de la société Lamarque Sogy Bois indiquant n'avoir jamais autorisé une telle augmentation. Toutefois, dans son attestation du 26 septembre 2019, le directeur des achats de la société Lamarque Sogy Bois a rappelé qu'en 2018, l'entreprise avait fait l'objet d'un contrôle de la mutualité sociale agricole ayant conduit à un redressement en raison de déclarations d'avantages en nature non conformes, puis avoir demandé à Mme A de régulariser en conséquence le dossier du salarié bénéficiant d'un véhicule professionnel. Ainsi, la modification à laquelle a procédé Mme A a été faite à la demande expresse du directeur des achats de la société afin de mettre l'entreprise en conformité avec ses obligations sociales. Dans ces circonstances particulières, Mme A, chargée de la bonne gestion de la société en sa qualité de directrice administrative et financière, ne peut être regardée comme ayant commis une faute aux seuls motifs que le directeur des achats ne disposait pas d'une délégation de la direction pour lui adresser une telle demande et que le contrat de travail de l'agent concerné n'ait pas été modifié en conséquence. Dans ces circonstances particulières, le grief tiré de la modification unilatérale de l'avantage en nature dont bénéficiait un salarié n'est pas fondé, contrairement à ce qu'ont estimé l'inspecteur du travail et le tribunal administratif de Pau.

11. Il est ensuite reproché à Mme A d'avoir omis de comptabiliser deux factures de fournisseurs trouvées dans son bureau et dans celui du responsable approvisionnement de la société plusieurs semaines après leur établissement. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une procédure de validation des factures nécessitant l'aval préalable du responsable approvisionnement, et qui expliquerait les retards reprochés à Mme A, aurait été mise en place au sein de l'entreprise. Ce pouvoir de validation préalable n'est nullement mentionné dans l'attestation du 26 septembre 2019 de l'agent responsable du service approvisionnement décrivant le processus de réception, d'enregistrement et de paiement des factures au sein de la société Lamarque Sogy Bois. Enfin, si Mme A soutient que l'une de ces factures ne pouvait être payée en raison d'un litige, elle n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation. Dans ces conditions, alors que la comptabilisation et le paiement des factures à échéance relèvent de la bonne gestion administrative et financière de la société, et de la responsabilité de Mme A, le grief tiré du défaut d'enregistrement comptable de deux factures est établi.

12. Il est encore reproché à Mme A de ne pas avoir transmis à l'assureur de la société, malgré plusieurs rappels, les éléments de mise à jour du volume de l'activité de l'entreprise au titre de l'année 2018, ce qui a entraîné une augmentation de la cotisation d'assurance de la société Lamarque Sogy Bois. Si Mme A soutient qu'un seul rappel a été adressé en août 2019, alors qu'elle était en congé, il ressort des pièces du dossier que l'augmentation de la cotisation d'assurance a été décidée par l'assureur dans un courrier du 17 août 2019 intervenu après plusieurs rappels restés infructueux. Dans ces conditions, le grief tiré de l'absence de transmission à l'assureur des éléments de mise à jour de l'activité de la société, qui a eu pour celle-ci des conséquences financières défavorables, est établi.

13. Enfin, il est reproché à Mme A d'avoir adopté une attitude et tenu des propos discriminatoires, vexatoires et désobligeants envers trois salariés de l'entreprise placés sous son autorité. Selon les attestations rédigées par deux de ces salariées, exerçant les fonctions d'aide-comptable, Mme A a émis des remarques particulièrement désobligeantes à l'encontre d'un autre salarié, employé comme assistant au service des ressources humaines, en raison de sa couleur de peau. Il ressort également des attestations précitées, qui relatent des éléments précis et concordants, et dont il peut être tenu compte quand bien même elles ne répondent pas au formalisme requis par l'article 202 du code de procédure civile, que Mme A adressait également à l'encontre des trois salariés concernés des propos mettant en cause de manière dévalorisante leurs compétences professionnelles. Si Mme A conteste ces reproches en faisant valoir qu'ils reposent exclusivement sur les attestations des trois salariés concernés, il ressort des pièces du dossier que ces derniers ont été entendus séparément par l'inspecteur du travail qui a confronté leurs témoignages, lesquels se sont avérés précis et concordants. Dans ces conditions, le reproche adressé à Mme A est suffisamment établi par les éléments du dossier.

14. Il résulte de ce qui précède que si l'inspecteur du travail a retenu à tort que Mme A avait commis une faute en modifiant unilatéralement le bulletin de salaire d'un agent, les autres griefs décrits aux points 11 à 13 ci-dessus sont établis et de nature à justifier le licenciement de l'intéressée. Eu égard à leur nature et aux importantes responsabilités dont était investie Mme A en sa qualité de directrice administrative et financière de la société, il résulte de l'instruction que l'inspecteur du travail aurait pris la même décision d'autorisation de licenciement en se fondant sur ces seuls griefs.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Pau a rejeté ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 novembre 2019 autorisant son licenciement pour motif disciplinaire.

Sur les frais d'instance :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions présentées par Mme A tendant à ce que la société Lamarque Sogy Bois, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, lui verse une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de faire application de ces mêmes dispositions en mettant à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Lamarque Sogy Bois et non compris dans les dépens.

DECIDE

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Mme A versera à la société Lamarque Sogy Bois une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la société Lamarque Sogy Bois.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Ghislaine Markarian, présidente,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

M. Julien Dufour, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.

Le rapporteur,

Frédéric Faïck

La présidente,

Ghislaine Markarian

La greffière,

Catherine Jussy

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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