jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02519 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B et Mme D C épouse B ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 27 août 2021 de la préfète de la Gironde refusant de leur délivrer un titre de séjour.
Par un jugement n° 2105097, 2105098 du 6 avril 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2022, M. et Mme B, représentés par Me Hugon, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 6 avril 2022 du tribunal administratif de Bordeaux ;
2°) d'annuler les arrêtés du 27 août 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de délivrer à chacun d'entre eux une carte de séjour temporaire avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation et de leur délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour les autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur profit de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les refus de titre de séjour méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour des étrangers en situation irrégulière dont ils peuvent se prévaloir en application de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- ils portent une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'ils sont présents depuis 2014 en France où ils sont parfaitement intégrés et où leurs filles dont l'une est née sur le territoire sont scolarisées ;
- la préfète de la Gironde a entaché ses arrêtés d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que leur situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant leur admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les refus de titre de séjour sont contraires à l'intérêt supérieur de leurs enfants et méconnaissent ainsi les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par une décision n° 2022/007425 du 2 juin 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a rejeté la demande d'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Par une décision n° 22BX01779 du 16 août 2022, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté le recours de M. B tendant à l'annulation de la décision précitée du bureau d'aide juridictionnelle.
Par une décision n° 2022/007427 du 2 juin 2022 le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a rejeté la demande d'admission de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Par une décision n° 22BX01780 du 16 août 2022, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté le recours de Mme B tendant à l'annulation de la décision précitée du bureau d'aide juridictionnelle.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mme B, ressortissants kosovares, sont entrés irrégulièrement en France le 10 décembre 2014, accompagnés de leur fille aînée mineure, et s'y sont maintenus, après le rejet de leurs demandes d'asile, en dépit des décisions des 6 juillet 2017 et 22 août 2018 leur faisant obligation de quitter le territoire français. Ils ont demandé, respectivement les 3 et 4 février 2021, leur admission au séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils relèvent appel du jugement du 6 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation des arrêtés du 27 août 2021 de la préfète de la Gironde refusant de leur délivrer les titres de séjour sollicités.
3. En premier lieu, les requérants reprennent en appel les moyens tirés de ce que les décisions de refus de titre de séjour en litige méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils font à cet égard valoir qu'ils sont parfaitement intégrés en France où ils résident depuis 2014 avec leurs trois enfants dont deux sont nés sur le territoire national en 2018 et 2021 et deux sont scolarisés. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'ils n'ont été admis au séjour que le temps de l'examen de leurs demandes d'asile, définitivement rejetées par la Cour nationale du droit d'asile le 6 avril 2017, et qu'ils se sont maintenus en situation irrégulière après avoir fait l'objet, les 6 juillet 2017 et 22 août 2018, d'obligations de quitter le territoire français. La circonstance que leurs deux filles soient scolarisées en CE1 et en petite section ne suffit pas à justifier d'une intégration particulière dans la société française. Les circonstances invoquées en appel que M. B bénéficierait d'une promesse d'embauche en qualité de maçon et que Mme B participe activement aux activités de l'association AFL Bastide, où sa présence " dynamique, sociable et impliquée participe de l'épanouissement de l'association ", ne sont pas davantage de nature à démontrer une intégration particulière du couple en France. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces des dossiers que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans leur pays d'origine où M. et Mme B, entrés en France à l'âge de 24 et 22 ans, ont résidé l'essentiel de leur vie ni que leurs enfants ne pourraient y poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, les décisions litigieuses portant refus de titre de séjour n'ont pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elles ont été prises. En prenant ces décisions à l'encontre de M. et de Mme B, la préfète de la Gironde n'a donc méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
5. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité professionnelle ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
6. D'une part, si les requérants se prévalent en appel comme en première instance de leur intégration en France et des liens qu'ils y ont tissés, les éléments qu'ils font valoir, exposés au point 3, ne sauraient être regardés, à eux seuls, comme des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant leur admission exceptionnelle au séjour. D'autre part, la circonstance invoquée pour la première fois en appel que M. B présente des qualifications dans le métier de maçon et justifierait d'une promesse d'embauche, qu'il ne produit d'ailleurs pas, ne suffit à caractériser ni des circonstances humanitaires, ni des motifs exceptionnels de nature à traduire une erreur manifeste d'appréciation du préfet au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même que le métier de maçon serait en " tension ".
7. En troisième lieu, M. et Mme B soutiennent pour la première fois en appel que les décisions de refus de titre de séjour prises à leur encontre méconnaissent la circulaire du 28 novembre 2012 relative à la régularisation des parents d'enfants scolarisés. Toutefois, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En quatrième et dernier lieu, M. et Mme B soutiennent pour la première fois en appel que les décisions de refus de titre de séjour méconnaissent l'intérêt supérieur de leurs enfants en ce qu'elles rendent leur " existence instable et angoissante " en les " privant de la possibilité de subvenir à leurs besoins ". Cependant, en l'absence de toute circonstance s'opposant à ce que les enfants des requérants repartent avec leurs parents et soient scolarisées hors de France, les décisions de refus de titre de séjour ne portent pas atteinte à l'intérêt supérieur de ces enfants au sens de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits des enfants. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Mme D C épouse B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 13 avril 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026